Le i-forum participatif

 

Descente de Gaillac

septembre 14th, 2003

Vernissage d’une expo de peinture contemporaine à la galerie d’ACC: des grandes peintures de classiques du nu ou du paysage détournés — tout est en confiserie. Un montage de cuivre et de fonte abstractisant un couple. Très chouette, écoeurant, ça met mal à l’aise.

Dîner avec B2, drôle, arrosé — je suis encore sur un petit nuage de ma chouette soirée de la veille avec Crame, Comité et Lizmary, et de mon après-midi nonpareille avec le garçon. Après, cinoche: Good Bye Lenin!, pan un grand coup d’Ostalgie et de souvenirs décenaires, et d’images atroces vieilles d’un an de l’hôpital à Toulouse. Et aussi toutes ces conversations que j’ai soupesées, avec Comité, avec le garçon, avec d’autres, sur l’impasse du socialisme et l’avenir de barbarie (pour paraphraser le même Lénine).

Sinon, la chouette photo que voilà du dîner avec Comité, Cul-Rond et Nippon, fascinés par la vie de JPR:

Egalement, un addendum à la liste des gens à envoyer au Goulag en cas de maîtrise du monde, et sinon à taper: gens lents ne se poussant pas dans les foules, jongleurs pensant que le jonglage est un acte contestataire, Yann Tiersen.

Pluperfect

septembre 13th, 2003

Ce matin, en théorie j’aurais du faire des lessives au lavomatique mais j’ai glandé chez gayvox (tant que c’est gratos) et chez dialache. Croisé B2 (avec qui je dîne), Stéphane mon ex (« les sacs à main »), tout ça. Et papoté avec un garçon avec qui on a organisé un plan pour après la piscine.

En fait, je me suis dit dans la piscine que j’aime les mecs plus vieux un peu par lâcheté (c’est-à-dire: que c’est à eux de prendre toutes les décisions, ça me met en position d’objet et donc quelque part: 1- ça me laisse moralement parlant les mains propres; 2- ça satisfait mon vieux fantasme adolescent d’être objet de désir et pas sujet de désir). Je crois que la lâcheté est un des traits dominants de ma personnalité dans les rapports amoureux (par exemple: me débrouiller pour être largué, être incapable de verbaliser des critiques, etc.).

Après, je retrouve le garçon (Marco):

, et on a déj ensemble. J’avais très peur qu’il ait proposé de déjeuner pour que ça soit ça, et rien d’autre, mais en fait ça a été tout ça et plus. Sur la photo il a un peu la même tête que Pierre (et donc ça collait pile-poil en termes de date pour un plan élégiaque), mais en vrai non. Bon, là je vais en dire du bien, pas seulement parce que je lui ai filé l’adresse d’ici, mais fondamentalement parce que ça a été cool et aussi, respectueux. Déjà il est pas mal dans mon créneau physique (poilu/brun/trentenaire/bien foutu), et en plus il est de gauche, il lit le New Yorker. Gentil. Gentil pendant l’amour, et après. Et avec un accent du midi (normalement Crame a commencé à bander à partir d’à-peu-près y’a 20 mots). Of course maqué (jusqu’aux yeux). Ca m’a un peu donné un objectif de mec idéal (à sortir avec ou à défaut à devenir), un mec dont on peut se dire: si j’avais été de son âge, etc.

La question étant bien sûr: quel est le défaut caché (dans l’absolu, parce que de mon point de vue c’est cette histoire de maqué jusqu’aux yeux)?

Executive Tarte

septembre 13th, 2003

A mon boulot, il ne se passe définitivement pas grand’chose. J’ai le sentiment que je pourrais passer de réunions incompréhensibles de sous-comités de l’Organisation à des panels internes au Département improductifs sur la croissance, en faisant des fois des notes sur le commerce extérieur du Bangladesh et en passant un fax par ci, par là à la sous-direction des … sur le cas épineux de l’Erythrée. Et ce serait tout, pendant trois ans.

J’ai croisé Crame par hasard (double-sens) à la piscine. Le mot-clef du moment c’est: tordus dans leur tête. Tous ces mecs des Halles qui se touchent sous la douche, qui mettent la main au paquet (le vôtre) en bout de bassin, mais après: que dalle, ni coup vite tiré dans les chiottes, ni plan matage dans les cabines, ni échanges de numéro de portab, rien.

On a dîné Crame et moi chez moi et on a fini complétement gavés. On a traîne nos corps pleins de macaroni jusqu’à la Traverse (soirée Androgyny; je pense que ça se prononce androjaïni et pas androgini, comme une bouteille de Gini). Anniversaire d’une copine commune et on tombe par hasard sur Comité et LizMary, l’égérie de ses nouvelles créations (Mon ami est plein de cocaïne, de collagène, qu’on a écouté en boucle lundi soir).

Crame a un nouveau boulot temporaire comme PR des alcooliers. Comité a un nouveau boulot temporaire comme assistant parlementaire d’une crapule socialiste. J’ai l’impression que le moral de tout le monde était meilleur. Conversations rigolotes de ce genre:

A noir movie

septembre 12th, 2003

Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai fait ça, je voulais pas vraiment, mon esprit a fait un surplace, dans ces cas-là Comité dit «t’es malade mental» (ce qui est quand même un cran moins grave que: «ça m’dégoûte»=«c’est de la charlatanerie»). Il fallait que je trouve un endroit pour l’anniversaire de Thérèse (résumé: sorte de troisième grand’mère), j’étais à boire avec l’Allemand hier soir, zéro idée, et j’ai donc redonné le même rendez-vous qu’il y a deux ans. C’est-à-dire LE seul resto que Pierre ait choisi pour y dîner ensemble (pour nos? 4 mois de couple???), à la date anniversaire de mon violent placage par lui.

Y’a deux ans, j’avais un sentiment atroce de remords, de solitude, d’amour sans réciproque, déçu. Là je ressens juste le désoeuvrement affectif, et rien de rien pour Pierre. Il y avait un climat très parisien ce soir, une bruine et de la douceur, ça évoquait un film policier, un truc un peu romantique (surtout dans le quartier où on était).

Je pense — et mon ventre se serre — à ce type du PS avec qui j’ai pris un verre dimanche, je lui ai laissé un e-mail d’abord et depuis un texto pour lui dire que je lui avais laissé un e-mail, aucune réponse. J’aimerais presque croire qu’il est mort, qu’il a eu un grave accident, comme quand Deborah Kerr peut pas retrouver Cary Grant au sommet de l’Empire State parce qu’elle s’est fait renverser par une voiture dans An Affair To Remember. Mais il est sans doute juste: 1/ lâche, et 2/ pas intéressé par moi.

A la piscine des Halles, un mec m’a maté très vaguement en se chaussant, et après à la sortie. Cet idiot, plutôt que de me suivre, s’est éloigné en se retournant un peu pour me regarder tous les deux pas. Du haut de l’escalator, je lui ai fait un signe de main, auquel il a répondu. Je sais que son attitude était conne et parisienne (distante mais narcissique, flatter son ego sans jamais faire le premier pas, ne pas vraiment vouloir autre chose que la certitude d’avoir plu), mais je me demande si le mien se classe seulement dans la catégorie euphémistique de pseudo-autoscience des comportements: « faire des expériences pour voir la réaction des gens ».

Amours vénales

septembre 10th, 2003

Gayvox devient payant, qui ne le sait pas dans le lectorat de Freedonia, le tchatte des amours de terrain? Je suis assez dégoûté, ça veut dire
i/ que je vais être privé d’un substitut d’affects-baise (le All-in-a-glass du cul?),
ii/ que je vais donc devoir découvrir fissa un endroit du monde réel où il est possible de parler aux gens (ce que je ne suis pas parvenu à accomplir en 5 ans),
iii/ qu’avec un peu de chances, Gayvox va me narguer comme Meetic en me disant: « vous avez un message de MecLatinoCanon28a, mais votre compte de: 0 points pass ne vous permet pas de le lire »,
iv/ que je ne vais plus pouvoir saturer de recommandations les boîtes e-mail de Comité (Mathieu, étudiant en beaux-arts, Melun) et Crame (Felipe, cultivateur de poils, Bogota).

Sinon, le mec du PS (partagé goûter dimanche) ne répond pas à mon e-mail et ne m’a pas rappelé, c’est un très mauvais signe. J’ai pris un verre et un fallafel avec un Allemand gentil et séduisant, mais est-ce qu’il n’est pas un peu près de ses sous?

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