Le i-forum participatif

 

L’assiette du prophète Elie

février 7th, 2005

Vendredi: «J'aime bien les mecs avec le cul bas, un gros cul ou des oreilles décollées. Mais pas les trois à la fois»La preuve d'un bonheur irréfragable tu m'entends, irréfragable!«Est-ce qu'il n'aurait pas dû marquer le coup, plutôt que de revenir presque comme si de rien n'était?»
Samedi, des militants communistes rechignent à admettre que leur problème électoral est avant tout lié à la confusion sur leur charte graphique. Puis le masochisme reprend le dessus et ils acquiescent.«C'est un jeu qu'a créé Samedi soir, je crée un logo de lutte contre les brocantes sans savoir que je vais faire une grosse bétise contre ma dignité en me pointant, uninvited, chez PrinceParano qui reçoit à dîner.
«C'est vrai que l'épistémologie n'a pas bonne presse.»«Par exemple, Patrick n'a aucune dignit黫Tu vas pas recommencer à être parano alors que je le suis de moins en moins?!»
«Mais tu m'en veux vraiment?»«Tu as donc si peu confiance en toi?»«Echouer même est enviable, pour avoir tenté»

«Choukran sidi raïs»

février 7th, 2005

Attention, parmi ces photos des plaisirs frelatés de Dubaï s’est glissé un cliché du blog de Fabien V. Sauras-tu le reconnaître?

«Là,...»«...tout n'est qu'ordre...»«...et beauté,»
«Luxe,...«...calme...«...et volupté»
En vrai, Dubaï est à Baudelaire ce que Wallpaper* est aux «Fleurs du mal»Un pays sans âme, sans art, sans politique, sans pauvreté apparente, sans nature, sans aspérité,... où il ne pousse que des hôtels de luxe et des immeubles de bureaux vides qu'on appelle
Le Cosmo, un bar avec des hétérofolles en Armani et des pédales qui fument le narguilé,...»... où je me sentais comme une correspondante suédoise quand les blagues en arabe du Xavier Prieur tunisien fusaient comme des pétards.Il m'a tardé de rentrer, aussi parce que les plans cul prévus avec les stewarts d'Emirates se sont transformés en soldes sans passage à l'acte (commercial non plus) dans des galeries surdimensionnées, après visite de l'appart peint en rayures Paul Smith.

La ville se divise en trois communautés: les locaux, qui vivent bien et travaillent peu, car l’Etat prélève peu d’impôts et est généreux; les expatriés d’Europe, de Méditerranée, du Golfe, attirés par les HQ d’entreprises, Emirates, le business — ou touristes à l’année dans cette Floride arabe qu’est Dubaï; le lumpenproletariat du « sous-continent », qui travaille dans les soutes du tourisme et des affaires. Les deux premières mettent en valeur l’apparence, l’argent, passent la soirée à conduire sur les bretelles autoroutières qui sont l’espace public principal de l’Emirat, l’oreille scotchée à leur kit mains-libres. Je n’ai pas eu, hélas, de contact avec la vie de la troisième, la seule qui, peut-être, cultive des idées ou une insatisfaction visant autre chose que la mesquinerie du Shopping Festival cette année. La juxtaposition en paraît incroyablement précaire, à la décrire comme ça: pourtant je n’ai vu nul signe de craquement comme il en apparaît ailleurs dans la région.

La ville n’a plus beaucoup de pétrole, et pas des idées d’investissements très neuves pour son argent et celui des Saoudiens: un hôtel, une résidence de luxe, une banque offshore, un hôtel, etc. de sorte que le centre-ville (c’est le nom que prend chaque nouveau record d’altitude immobilière) se déplace de 500m à l’est tous les ans. Peut-on continuer en 2005 à faire cet incroyable pari de la paresse intellectuelle en économie, et que Nauru à déjà perdu: mettre son avenir dans la pierre? On est ébailli de la persévérance immobilière de Dubaï et du grand vide de ses projets industriels ou de services qualifiés. Mais je ne sais dire combien de temps l’hystérèse de la rente pétrolière (la sienne et surtout celle de ses voisins) peut lui permettre de continuer à mener ce train de vie absurde et versacien.

En direct

février 6th, 2005

Comité central est un gros con!

A Little Bit More

février 4th, 2005

Jetlag, déprime post-vents, pauvreté du service à bord d’Air France en classe éco, perte de celsius: j’écoute des daubes intergalactiques (genre Gina G) pour me remonter le moral, ça marche à tous les coups. J’adore la version avec des violons au début de ça:

«When I look back upon my life
It’s always with a sense of shame
I’ve always been the one to blame
For everything I long to do
No matter when or where or who
Has one thing in common, too

It’s a, it’s a, it’s a, it’s a sin
It’s a sin
Everything I’ve ever done
Everything I ever do
Every place I’ve ever been
Everywhere I’m going to
It’s a sin

At school they taught me how to be
So pure in thought and word and deed
They didn’t quite succeed
For everything I long to do
No matter when or where or who
Has one thing in common, too

It’s a, it’s a, it’s a, it’s a sin
It’s a sin
Everything I’ve ever done
Everything I ever do
Every place I’ve ever been
Everywhere I’m going to
It’s a sin

Father, forgive me, I tried not to do it
Turned over a new leaf, then tore right through it
Whatever you taught me, I didn’t believe it
Father, you fought me, ’cause I didn’t care
And I still don’t understand

So I look back upon my life
Forever with a sense of shame
I’ve always been the one to blame
For everything I long to do
No matter when or where or who
Has one thing in common, too

It’s a, it’s a, it’s a, it’s a sin
It’s a sin
Everything I’ve ever done
Everything I ever do
Every place I’ve ever been
Everywhere I’m going to – it’s a sin
It’s a, it’s a, it’s a, it’s a sin
It’s a, it’s a, it’s a, it’s a sin

(Confiteor Deo omnipotenti vobis fratres, quia peccavi nimis cogitatione,
verbo, opere et omissione, mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa)»

Dubai est un grand Disneyland arabophone, ou le destin urbain de Fabien V., ou encore une version piratee de SimCity ou il n’y aurait pas d’usine, de centrales nucleaires ni de quartiers cheap accessibles par la route. Le monument national prefere, qui figure sur les plaques mineralogiques, est un hotel sept-etoiles en forme de catamaran qui cameleonne ses couleurs pastel sur la nuit sans etoile et autoroutiere de la ville.

Les reunions auxquelles j’assiste viennent d’obtenir l’assurance d’etre aidees par la Banque mondiale comme catastrophe majeur de la chianteur. Mais je sers La France, puisque j’ai pu faire acter que l’inintelligibilite de l’arabe du Maghreb par les traducteurs emiratis arabe/anglais justifiait le recours au francais. Notre plus grand succes diplomatique depuis Versailles.

Hier soir, j’ai pu rencontrer un des garcons en liste d’attente de Gaydar/Dubai pour me voir, qui rentre dans la categorie bien connue: macon marie. Il m’a presente a tous ses amis, c’est-a-dire: le Francois B2 emirati, le ChelseaBoy egyptien, le Xavier Prieur tunisien, le Madame H syrien. Qui d’ailleurs vivent dans un monde homosexuel ideal ou on peut passer sa vie au bout du portable, en s’interrompant pour raconter la seule fois ou on a felicite un mec pour une pipe (il etait anglais) et engueuler la serveuse du bar de petasses armanisees (le Cosmo). J’ai quand meme pu parler avec l’Egyptien de chez L’Oreal, sur des sujets un peu moins superficielles que le meilleur endroit ou trouver Paul Smith et du caviar (City Center ou Durjuman?). Ses questions: les droits des couples gay en France et la loi sur le voile; les miennes: la schizophrenie des pedes ici et la place de la religion dans leur vie.

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