Le i-forum participatif

 

«La nuit meurt en silence.»

décembre 28th, 2009

On parle peu du génocide silencieux des Karen, mais le scandale, c’est qu’on occulte délibérément le génocide silencieux des Karen Cheryl. On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas.

Sinon, à la demande de ComitéCentral, voici le camembert des élections professionnelles à Orange  / France Telecom, en janvier dernier. A noter, le très design logo de la fédération Force Ouvrière (FO COM), réalisé par la même agence que l’identité visuelle de l’Alliance centriste (logo dit du «swootch mou»), ainsi que le blog de Jean Arthuis (leur reco: «pour vous, on verrait bien des couleurs ternes et une police banale»).

«Compañeros que me escuchan»

décembre 24th, 2009

Des petits camemberts spécial cace-dédi pour Gerboise, qui s’est inquiété de leur disparition sur Freedonia, la raclette de l’alternance, et pour célébrer l’admission de Janaïna à l’E.N.A. Je suis désolé que les nouvelles des Andes ne soient pas aussi bonnes que ça: Piñera, le candidat de la RN (parti de feu le général-dictateur Pinochet) fait figure de favori pour le deuxième tour de la présidentielle, en janvier. A noter le tout petit nombre de candidats, découlant d’un système de primaires dans chacun des cartels électoraux.


A1: Rentré, j’eus subitement beaucoup plus d’occasions, et de meilleures, de dire «La France» au lieu de «je». Encore étais-je écouté et cru pour ces mots. On m’avait dit de m’occuper de la Cour, de la Conférence et du Tribunal, de guetter du coin de l’oeil Radovan et Jean-Pierre. Quoique entré par la petite porte, il semblait soudain que je pris part à de grandes choses. J’étais submergé à la fois de responsabilités, de travail et d’angoisse.
A2: Plusieurs impressions fortes de ma profession se précisèrent: qu’elle n’est passionnante et intense que par exception; que certains compétiteurs comme l’A… s’y font, désormais, une place incontournable par leur professionnalisme carré; que la maison-mère laisse ses filiales dans le désarroi, dans l’ignorance et parfois de côté. J’appris beaucoup aussi sur la respiration d’une négociation, sur le besoin d’aller et venir entre le plénier et l’intime, entre le poker-face et le bazar.
A3: Puis ce furent les dernières visites à R-dam, à A-dam, et le détour par tout ce que je n’avais pas pris le temps de voir en 3 ans. A A-dam, BoxingGirl était toute chamboulée. Devant des sushis, elle m’avait expliqué comment elle reprenait le dessus.
B1: Avec Rob, on s’était dit des choses importantes, fait des serments qui pavent l’avenir. Tout cela avait été émotionnel, par surprise un peu.
B2: A l’automne aussi, les trente ans de LzMry furent aussi l’occasion d’une (fausse) dernière venue à Bruxelles. Il faisait étrangement doux, ShiningRubis avançait dans son entreprise, et Crame fomentait le projet de devenir une femme à barbe banale.
B3: Pendant trois ans, j’avais pêché contre la Hague en pensées, en paroles, par action et par omission. J’avais fui la ville, j’en avais médit, j’avais maudit le sort de m’y avoir exilé. Pourtant, j’avais pris goût à son rythme provincial, à mon confort domestique, j’avais noué des amitiés ici; et tout cela me manquerait. Ainsi, même dans le poste le moins distant et le moins remarquable, le départ, qui pourtant était le retour, était difficile comme un adieu.

«So we beat on,…»

novembre 26th, 2009

Freedonia, l’intermittente du spectacle, a traîné à reprendre ses émissions. Ma mémoire a longtemps tourné autour d’une blague vraiment très drôle, ou était-ce outrée, de François B2 ; sans la retrouver. Et puis l’eau à coulé sous les ponts, et j’ai eu la tête sous l’eau, et autre métaphores valides tant que j’ai été en Ruritanie.




A1: En août, nous avions visité la patrie de Rob, la Nouvelle-Angleterre rurale, gothique et immuable comme une carte postale. Ou dissimulatrice en pleine lumière, comme «la Lettre volée». Les gares émergent de posters civiques de Norman Rockwell, on fend en SUV les champs de bataille de la Guerre d’indépendance, et les grenouilles perchées dans des arbres gigantesques coassent gigantesquement, invisibles, dans la nuit moite, maudite et effrayante. On est à la fin du monde ou dans «Magnolia». Comme dans une photo de Gregory Crewdson, ou simplement «Desperate Housewives», toutes les turpitudes peuvent se cacher derrière les jardinets de ces maisons trop grandes. On fait des barbecues entre voisins.
A2: A Yale, j’avais recroisé Gerald Murphy, je lisais «Great Gatsby» et Graham Greene.
A3: Des amis de Rob nous avaient accueilli, des gens érudits, doux et drôles, avec des animaux déjantés. On s’était promenés dans la ville universitaire et sur le campus, idyllique et impossible, une thébaïde de jeunes mangeant bio, «ce côté du paradis».
B1: A New York, Rob voulut voir mille et une choses, ses amis, toute son ancienne vie d’outre-Atlantique, et les nouveautés encore.
B2: SophCo, elle, ne se départit pas de sa placidité, allant de Bacon à B&H, de K-Town au Village à Billieburg, mais point trop vite.
B3: (Ici, remarque scandaleuse de François B2 sur les minorités asiatiques, rendue hilarante par l’abus de sake.)
C1: Et c’était toujours un plaisir d’arpenter l’West Side, de dénicher des boutiques à attrapes-poussières, d’engouffrer sushis et eggcream.
C2: J’avais pris des chambres dans des bed-and-breakfasts improvisés. Du haut de l’hôtel de SophCo, on embrassait les toits, le panorama unique dominé l’Empire State Building, le haut rêve new-yorkais. Du bas de mes chambres, on saisissait ce rêve affrontant pied-à-pied la réalité : le manège au plafond du loft du coiffeur branché, en partance pour Reykjavik ou Berlin, qui accueillait aussi un studio de photo coquines; la tanière intello et compacte, un peu vétuste, du jeune apprenti-acteur ashkénaze de l’East Village.
C3: A Philadelphie, on avait pris des cheesesteaks chez Pat’s, pas chez Geno’s, l’ami des flics et l’ennemi des autres dont les étrangers et Mumia. Flics qui, d’ailleurs, avaient mis une contredanse à Rob, car son New Jersey minéralogique est un peu le 78 de l’Amérique. Le centre-ville restait, par endroits, frappé de prescription, usé, poussiéreux, sinistré, avec la vérité pourtant et la grâce de la résilience, du passé qui tarde à disparaître tout à fait. Un peu plus loin, des baraques militaires jadis squattées étaient devenues des maisons de ville pour bobos.
D1: Rien ne sert de visiter une ville pour la découvrir; il faut pour cela la retrouver. Car on fait alors l’économie des passages obligés, du «tour», des lieux communs; on la voit dans son particulier.
D2: Lenny était seul, toujours un dandy, un prince à Forrest Hill. Il se défaisait en hâte de vieilles cravates, de beaux stylos, jetant le superflu comme un lest dangereux.
D3: Je repris ensuite le chemin de La Hague et les vacances furent bien finies.

Futomaki

septembre 8th, 2009

Après la Chambre des conseillers en 2007, le Parti démocrate s’empare de la majorité à la chambre basse dans une élection «historique» qui interrompt plus de cinquante ans de domination du Parti libéral-démocrate. Encore derrière l’étiquette unique de ce dernier se cachent cent clans, cent systèmes de patronage vivant sur la bête, à qui l’éloignement du pouvoir pourrait faire du mal et rendre insurmontables les inimitiés. Les Démocrates pourraient gouverner en coalition avec le mini-parti social-démocrate et les dissidents du PLD rassemblés au Nouveau Parti populaire.

Pourtant, côté logo, y’a rien à dire: le mini-manga du PLD était incroyable et scotchant. A relever aussi, le jeu de typographie de Ton Parti (pourtant pas caractérisé, semble-t-il par la modernité idéologique).

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