J'ai vu monter personne.

April 15th, 2009

Au Monténégro, la coalition indépendantiste de Djukanovic reste au pouvoir. Elle bat les divers partis d’opposition généralement unitaires (avec la Serbie). Si l’adhésion à l’UE fait généralement consensus, on retrouve en outre dans chaque camp la plupart des tendances idéologiques. La majorité peut en outre s’appuyer sur les partis des minorités bosnienne, croate (les carreaux bleu-blanc-rouge), et certains élus albanais.

A noter,
- la floraison de partis démocrates, démocratiques, socialistes, socialistes démocrates, sociaux-démocrates, etc.
- les liens encore étroits avec la vie politique serbe (voir le camembert ici, où figurent aussi les Radicaux à l’extrême-droite).
- le tropisme de la minorité albanaise (figurée en bas à gauche du diagramme) pour les logos ronds et ringards, sur le modèle italien.

Antipasti misti

March 16th, 2009

First things first, il faut revenir un peu sur les récentes élections en Sardaigne. La droite berlusconienne et ses amis ont évincé la majorité sortante de gauche, conduite par un magnat des internets, d’ailleurs soupçonné (lui aussi, d’ailleurs) de malversations.  Exeunt les ambitions nationales de M. Soru, exit aussi Walter (Veltroni), le leader national du PD, avec cette défaite humiliante. Berlusconi se fait lui-même élire en Sardaigne, où il possède un palais.

A noter qu’au plan local contrairement à sa posture nationale, en Sardaigne comme presque partout ailleurs en Italie, l’Union du Centre gouverne avec le Peuple de la liberté et l’extrême-droite du Nord et du Sud. Cf. la petite carte réalisée au passage, juste pour le plaisir, et qui permet aussi d’apprendre que Refondation communiste connaît ces temps-ci une scission «gauche unitaire» sur sa droite, sous le nom de MPS, Mouvement pour la Gauche. Le MPS travaille avec la minorité du PdCI (Unir la gauche) et la gauche de l’ancien PDS qui a refusé la fusion dans le PD (SD, Gauche démocratique). C’est le président de la région des Pouilles qui conduit le MPS.

Les nationalistes sardes sont assez divisés, entre les conservateurs d’ancienneté antédiluvienne du Parti sarde d’action, les écolo-gauchistes de Rouges Maures, les opportuno-centristes de l’UDS (alliés ce coup-ci à des experts en louvoiement droitier, le Nouveau PSI), et la dissolution des modérés du Projet Sardaigne dans le PD.

«Sardegna torna a sorridere»

Il brigante rosso

En Autriche, les héritiers de Haider raflent (la mise) en Carinthie. Ils continueront de faire flipper leurs Slovènes en Grosse Koalition avec les «rouges» et les «noirs». A Salzbourg, bascule d’équilibre au sein du Proporz local.

«BZÖ baut weiter an Kärntens Zukunft!»

En Espagne enfin, quelques vagues dans les autonomies du Nord. La Galice repasse à droite.

Les nationalistes, toutes tendances confondues, perdent pour la première fois la majorité absolue au parlement basque ; l’abstention, l’EAJ/PNV (droite chrétienne indépendantiste) et Aralar (gauche indépendantiste et pacifiste) récupèrent les voix jadis portées sur le Parti communiste des terres basques (EHAK), interdit tout comme Batasuna pour liens avec l’ETA. Tout ce petit monde, d’Aralar au PP, en passant par les soc-dem/nationalistes de Solidarité Basque (EA) mais à l’exception notable de l’EAJ/PNV, leader sur son marché, a dépoussiéré son logo. Particulièrement flagrante, la simplification / facebookisation (bleu, halo et relief, rondeur, linéales, minuscules) de l’emblème du PP, qui — comme l’ensemble de la classe politique mondiale ces temps-ci — doit rêver humide au web 2.0 et à la mobilisation affinitaire en ligne.

«Chegou o momento.»

«Zuk egiten duzu Euskadi /Euskadi lo haces tú»

Rotatzia

February 17th, 2009

Puis les douze tribus d’Israël rentrèrent en elles mêmes et se livrèrent au seul loisir devant l’Éternel, la knessetologie.

- à l’inverse de beaucoup de partis centristes et libéraux du passé (Gil cette fois-ci, le Shinoui la précédente, et d’autres), Kadima s’ancre dans le paysage politique israélien et fait mieux encore, en demeurant la force majeure. Livni emporte au finish les élections et réussit ainsi, à titre personnel, son OPA sur la Maison Sharon (fondateur), Olmert (successeur) & Companie, politique centriste en gros.

- c’est la victoire des droites. L’ensemble de l’électorat est entraîné par un effet de vases communicants. L’extrême droite est désormais dominée par le vrai gagnant, la formation russophone Notre Maison Israël et son leader, troisième force du pays avec un leader maximo — Avigdor Lieberman — et un vigoureux discours laïque (bouffe-cochon) et anti-arabe. Netanyahou rate de peu la victoire, mais capte un quart de l’électorat, dans un contexte de tension sécuritaire ravivée. La gauche sioniste (travaillistes et pacifistes de Meretz) est laminée, son électorat «votant utile» c’est-à-dire Kadima, qui limite donc pour l’essentiel la casse. (pour ce qui les concernent, les listes «arabes», dans leur variété, progressent.)

- la complexité de l’équation politique est grande, même dans les standards élevés de la Knesset. Livni clame sa victoire, et de ce fait refuse (à ce stade) toute formule d’union nationale (Kadima + Likoud + HaAvoda + qui veut) qu’elle ne conduirait pas elle-même. Elle pose l’alternative: moi comme chef, ou bien la droite mais sans Kadima. En face, Nétanyahou continue de pointer la victoire de son camp (la droite), ne pouvant revendiquer celle de son parti (le Likoud); à ce titre, il revendique la primature pour lui-même comme durant toute la campagne. Reste qu’une coalition des droites laïques (Likoud, Beitenou) et religieuses (Shas, MafDaL/Foyer juif, Judaïsme unifié de la Torah, Union nationale), si elle est majoritaire sur le papier, est rendue improbable a priori, et serait précaire en pratique, du fait des détestations entre les religieux et Lieberman. Ce dernier a été qualifié de «démon» par le Shas (pourtant une formation «modérée»), qui voit en lui le fourrier des calamités séculières (mariage civil, charcuterie, etc.). La presse française a d’ailleurs complétement raté cet aspect-clé de la question, ne traitant que le discours outrancier de Lieberman sur les Arabes israéliens.

- Au bout du bout du compte, Israël pourrait, comme devant, hériter d’un gouvernement bancal et temporaire, typiquement une majorité large à base Kadima + Likoud,  mais explosive (détestation Livni / Netanyahou, autres sous-détestations assorties) et soudée par un deal faustien improbable. On reparle de la «rotation», la formule trouvée entre les travaillistes Mapai de Peres et les conservateurs Likoud de Shamir en 1984/1988: Premier ministre deux ans chacun à tour de rôle. Un peu comme le condominium PPE/PSE à Strasbourg.

- On parle de relever le seuil de représentation à la Knesset (2% des voix actuellement).  Dites juste : «non».

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Edit: Idan STAPS me signale qu’en fait, l’Union nationale inclut des religieux effrayants (y compris un kahaniste, Michael Ben-Ari, du parti Eretz Yisrael Shelanu). Le leader de l’Union,Ya’akov Katz (du sous-parti Moledet), est également un religieux. Uri Ariel (Tkuma) est un colon dont la foi apparaît presque modérée en comparaison, Aryeh Eldad (HaTikva) un autre colon extrémiste anti-palestinien, son mini-parti est qualifié de «laïque».

Le cinquième jour, le Seigneur le Dieu d’Israël créa la Knesset et tous les députés qui volent sur la terre et rampent pour un portefeuille et nagent dans les eaux troubles de la trahison. Et il vit que cela était bon. Alors le Seigneur le Dieu d’Israël dit: «que la Knesset se dissolve et soit réélue très souvent. Qu’elle se divise intestinement, au centre et aux extrêmes, et qu’elle suscite autant de partis improbables qu’il y a d’étoiles dans le ciel et de shekels dans les pots-de-vin.»

(en violet, les partis religieux. En vue de ces élections, le MafDaL a formé la nouvelle alliance du Foyer juif avec ses anciens alliés de l’Union nationale: Ahi, Tkuma et Moledet, lesquels ont re-scissionné aussi sec et re-rejoint, selon les cas, l’Union nationale ou le Likoud. Louée soit la volonté du Seigneur!)

Les miscellanées de M. Ngroung

February 4th, 2009

En Lituanie, c’était hier, en octobre, la majorité a basculé aux législatives, entraînant un changement de coalition. Les élections ont marqué un effondrement des Travaillistes (Darbo Partija), premier parti de la chambre sortante, en échos notamment aux scandales financiers ayant touché son leader Victor Ouspaskitch. Les conservateurs de l’Union patriotique – Chrétiens-démocrates lituaniens (TS-LKD) retrouvent le pouvoir, en alliance avec un petit groupe tout neuf, le Parti de la résurrection nationale (TPP), dont RFI nous apprend qu’il rassemble des stars et que son programme ressemble au Décalogue. En tout cas, son logo quelque part entre secte et revival nineties moche, devrait inciter ses électeurs à la circonspection. le TS-LKD s’allie aussi à des dissidents libéraux du Mouvement libéral de la république de Lituanie (LRLS), pour former une coalition rique-raque. Ces derniers ont opté pour l’orange, couleur de l’ubiquité politique des années 2000, et une frise de gens, car ils sont selon toute vraisemblance un parti à l’écoute des gens. Merci de toutes ces pistes graphiques subtiles.

La coalition échappe ainsi au baiser de la mort des nationalistes (TT, Ordre et Justice, tiens, ça ne vous rappelle rien) de l’ex-président Paksas, en dépit du relatif bon score de ces derniers.

Pas plus tard qu’en décembre dernier, la Roumanie a renouvelé sa chambre de députés. Les nationalistes / anti-Rom / antisémites de Grande Roumanie disparaissent dans les sables du Danube. Une heureuse manip’ dans le mode de scrutin (d’une représentation entièrement proportionnelle à un scrutin mixte, attribuant les sièges par circonscription puis, faute de majorité, à la proportionnelle)  permet au Parti démocrate-libéral d’être devant en siège, quoique derrière en votes.  Il a formé, dans la douleur, une coalition avec ses grand rivaux de centre-gauche du Parti social-démocrate, renvoyant les Libéraux du premier sortant, Calin Popescu (aux résultats électoraux médiocres) dans l’opposition.

Côté logos, rien, ces gens votent trop souvent pour avoir le temps de changer de logo.

En Hesse, après des mois de tentatives infructueuses de la social-démocrate du cru, Andrea Ypsilanti, pour former une coalition «rouge/rouge/verte» («gauche plurielle», quoi), les électeurs sont retournés aux isoloirs. Isoloirs  dont le secret reste pour moi total puisqu’ils ont décidé non seulement de redonner une majorité au président du conseil CDU sortant, Roland Koch , grand démagogue anti-immigration devant l’Éternel et Angela ; mais encore, de consacrer en majesté le retour des libéraux FDP, cela dans le contexte mondial de l’effondrement du thatchérisme. Comprends pas. Il semblerait que le FDP ait joué habilement sur la corde de sa compétence éprouvée et de la crédibilité, alors que le SPD apparaissait divisé et hésitant. A quelques mois des législatives, des coalitions CDU-CSU/FDP gouvernent maintenant les cinq premiers États allemands.

Landslide!

November 5th, 2008

«A very gracious concession speech.»

D’abord être honnête, et dire que ce qui me domine est la joie. Je me rappelle quand,  le 3 octobre 1990, mes parents nous ont réveillés avec SophCo, pour voir à la télé la réunification allemande,l’hymne national joué à Berlin, les feux d’artifice, les foules si justement et univoquement heureuses. Le parc à Chicago est magnifique, presque le souvenir d’une génération : toute le peuple mêlé là où la loi imposait encore, il y a 45 ans, la ségrégation ; là où la jeunesse pacifiste fut tabassée par les flics il y a 40 ans -, les foyers noirs filmés par la télé, la fête au fin fond du Kenya. Parfois, l’Amérique se surpasse, surpasse les ghettos, la violence, la corruption, le ridicule de son système électoral pourri et dysfonctionnel.

Le discours de McCain a été également admirable, à la hauteur de sa respectable carrière parlementaire, d’esprit libre et digne (jusque cet été). Je ne suis pas, néanmoins, d’accord avec lui quand il dit qu’Obama est le premier Afro-Américain élu à la présidence, Obama est mieux que ça : le premier métis. J’ai repensé, ces quelques dernières semaines, à l’oracle de mon prof d’hist-et-géo de seconde à Stan’, un Martiniquais qui disait, «je suis [en tant que métis] l’homme de l’an 3000», au milieu des rires gras de lycéens opusdéistes. Je ne sais pas où il en est, de la vie, de la retraite, mais j’espère qu’il a vu ça, et je suis heureux que l’histoire lui donne, dans une certaine mesure au moins, raison avec tant d’avance.

La campagne d’Obama a été, sur le plan matériel, pratique, quelque chose de formidable, «j’adore qu’un plan se déroule sans accroc».
- il l’emporte très largement chez les primo-votants (a.K.a les jeunes), les Latinos, les Noirs bien sûr, et emporte une part très significative du vote «petit-blanc», ouvrier, notamment féminin. Sa coalition est une image fidèle et encourageante de l’Amérique qui souffre et de celle qui arrive.
- Grâce à l’engagement personnel et matériel majeur et créatif de ses supporters (ainsi que l’argent des grands donateurs traditionnels des Démocrates), il a emporté le pari de l’inscription sur les listes et du vote effectif («getting out the vote»). Il gagne des votes (par rapport à Gore et Kerry) dans les bastions démocrates, comme dans les bastions républicains. Il fait basculer les banlieues.
- Par conséquent, il l’emporte sur l’ensemble des quatre «chemins» vers la Maison-Blanche que ses stratèges avaient tracé : à l’Ouest (Nouveau-Mexique, Colorado, Nevada), dans le Midwest (Ohio, peut-être même Missouri et Indiana), dans les Appalaches (Ohio, Pennsylvanie, et même Virginie), et en Floride.
- Il a le mandat populaire et électoral le plus large en 44 ans, une ample majorité au Congrès – encore qu’il demeure incertain s’il a la super-majorité sénatoriale, lui permettant de surmonter la «flibuste» des Républicains ; cela dépendra notamment de l’affiliation de Joe (The Plumber?) Lieberman.

Sébastien Prof disait (il y a quelques semaines dans un dîner avec BoxerGirl et BoxerPhoto), dans ces conditions, il pourrait même passer un programme bien à gauche, notamment sur l’assurance-maladie (couverture universelle et largement publique). Je ne sais pas. C’est probablement l’élan de la majorité parlementaire. Ce n’était pas son programme; ce n’est pas, je crois, le fond de sa pensée — à la fois par conviction et par positionnement politique. Il me semble y avoir deux aspects à ce dernier point :
- la tentation, pour lui, d’être non seulement le Lincoln mais le Reagan de sa génération: on parle d’ores et déjà largement d’«Obama Republicans.»
-je me suis dit récemment, à la lecture d’articles sur Obama, qu’il y a quelque chose en lui de Jospin. Le contrôle total de soi, jusqu’à l’ascèse et à quelque inhumanité; sa traduction dans une bonne éloquence, une forme de simplicité et d’esprit direct qui n’existe qu’en surface ; l’insistance sur la «méthode», cette petite dialectique qui conduit à éviter les solutions «extrêmes» et prône la collégialité, l’écoute. Michelle pourrait aussi, comme Sylviane Agacinski, jouer des tours (j’aime beaucoup la personnalité et les idées de Michelle Obama et pas celles d’Agacinski ; mais elle me semble également inflammable, peut-être de piètre conseil politique).  On verra. Cela ne gâche pas plus le bonheur que de se remémorer 1997 au prisme de 2002.

«...projects an Obama victory in the battleground of Ohio»

Tous les networks donnent Obama gagnant dans l’Ohio, donc c’est plié. Un décompte de CNN montre que même si McCain gagne tout ce qui reste en jeu, sauf ce qui est forcément démocrate (Californie, Oregon, Etat de Washington, et Hawaï), il lui manquerait quelques grands électeurs pour atteindre les 270 votes. Et il est improbable qu’Obama ne gagne ni l’Iowa, ni la Floride, ni la Virginie, ni l’Indiana.

Alors que j’écris, CNN (pourtant super-frileux) donne le Nouveau-Mexique à Obama. Ca va être une belle victoire. Les chiffres du sénat (55 / 34 à ce stade) sont très impressionnants également.

«This is a huge, huge projected victory for Senator Obama.»

CNN annonce les prévisions par Etat au compte-goutte, vient juste et après tout le monde de projeter la victoire (évidente…) d’Obama en Pennsylvanie. Ca se présente très bien en Floride, où Obama mène largement dans les décomptes effectifs. Là, comme en Indiana — qui me semble pas gagné quand même –, il obtient plus de votes (que Gore, Kerry, etc.) dans ses zones-cibles comme dans les comtés ruraux où il perd de toute façon. Rien de clair et net encore en Virginie, et zéro info sur l’Ohio à ce stade.

Sissi face à son destin

October 6th, 2008

En Slovénie, les conservateurs SDS du premier ministre sortant (et soupçonné de corruption finlandaise) Janez Jansa se prennent une veste. L’opposition d’hier, sociaux-démocrates  SD et assortiment de libéraux LDS et Zares, avec l’appoint probable du parti des retraités (DeSUS) et des minorités, devrait former le gouvernement: dans la petite Knesset des Balkans, on retourne sa veste tranquille. A noter que les sociaux-démocrates ont piqué la place du LDS comme principale force d’alternance, notamment suite à l’implosion de ce dernier et à l’apparition de l’ovni Zares, «le parti de la réalité – nouvelle politique». Ce dernier, s’il adhère à l’ELDR (= libéraux-démocrates anglais, allemands, etc.), a aussi le soutien de Slavoj Zizek, le fils caché de Jacques Lacan et du sous-commandant Marcos.

Sur l’onomastique partisane,  Emmanuel de Ngroung faisait remarquer que le Parti démocrate était battu par la Démocratie démocrate, alliée à l’Union démocratique pour la démocratie et aux Retraités démocrates. Dans un pays aussi funky que Derrick jouant à la belote avec le maréchal Tito, les logos sont, surtout, des linéales toutes bêtes, un signe très sûr de l’influence esthétique allemande. La Nouvelle Slovénie NSi a d’ailleurs piqué la typo de la CDU/CSU, qui ne l’utilise plus elle-même (on y reviendra dans cinq lignes).

En Bavière justement, l’Union chrétienne-sociale se prend la pire veste depuis  1954. Elle devra, pour la première fois depuis 1958, faire alliance pour gouverner l’État libre, auquel elle s’identifie avec autant d’obstination et de mauvais goût que la Fête de la bière et les crucifix scolaires. L’usure du pouvoir, plus que la concurrence d’un SPD atone, explique ce mauvais résultat; elle profite aux libéraux mais aussi à une dissidence d’«indépendants» dits «Électeurs libres». Les uns et les autres pourraient jouer les forces d’appui.

L’usure du pouvoir, ou juste l’abandon des recettes qui gagnaient, leaders maxime à la Strauss et Stoiber et logo à la police seventies inoxydable. Résultat, la moche réinterprétation de l’emblème de la CSU, et surtout l’immondissime logo des FW.

En Autriche, ce fut la course à l’échalote du populisme et de la réaction; dans laquelle, l’Union pour l’avenir de l’Autriche (BZOe) de Haider et le Parti libéral d’Autriche (FPOe) de Strache (dits «l’original» et «Heimat statt Schüssel&Brüssel») ont quelques longueurs d’avance, en dépit des concessions eurosceptiques consenties par les sociaux-démocrates au lectorat dit populaire de la Krönenzeitung. Ce sont ces menées qui ont fait éclater la grande coalition, formule dite proporz (le mot dit tout du caractère sémillant et enjoué de la vie politique locale), traditionnelle à Vienne.

Tous les partis démocratiques se tassent. Si la prorogation de la grande coalition SPOe + OeVP reste l’option la plus probable, les hypothèses d’une formule noire/bleue, comme en 1999, voire «slovaque» (socialistes + nationaux-socialistes, en quelque sorte) ne sont pas entièrement exclues.

Relevons que le SPOe, en bonne logique, introduit lui aussi le drapeau national dans son logo.

Fratricide

July 20th, 2008

En novembre à Reims, les socialistes vont faire ce que les socialistes font le mieux: compter (en commençant par l’opération de la division). Freedonia, le rassemblement de toute la gauche, démarre donc une belle série sur l’histoire de haines, de trahisons, de votes ceausesciens dans les sections, qui est celle des congrès du PS.

Cette fois-ci, un petit schéma d’ensemble pour s’y retrouver dans les tendances actuelles du Parti. Il est vaguement organisé de gauche à droite, même si les différences idéologiques sont assez limitées puisque tout ce petit monde a voté les crédits de guerre en 1914 (sauf Poperen qui était déjà mort et aurait déjà été contre). On y constate la dispersion de familles jadis importantes à la gauche du Parti, comme la GS (Dray est aujourd’hui chez Hollande) et le NPS (Peillon est chez Royal, Montebourg a son compte, Hamon en tandem avec Emmanuelli), et celle parallèle des nonistes. On aperçoit deux axes disparates :
- les reconstructeurs, assemblés par leur jugement (tactiquement) critique de la direction actuelle et leur hostilité (tactique et parfois idéologique) à Royal et Delanoë; hormi cette commauté de haines, le mouvement va de la carpe au lapin.
- Au centre droit du parti, les sociaux-libéraux, ségolénistes ou delanoïstes, qui maintiennent plus les ponts qu’ils ne veulent l’admettre, notamment avec le club Nouvelle Voix de Gorce (ex-mitterrandiste, ex-fabiusien).

Les plus grandes familles (strausskahniens, fabiusiens, ségolénistes, delanoïstes) ont par ailleurs toutes participé, stratégiquement, à la contribution écolo, la préemption des thèmes des Verts faisant consensus. Plus bizarre, entre implosion, jeu perso de Moscovici et coups à trois bandes de Cambadélis, l’essaimage des forces vives de DSK un peu partout. (Faute de place, de réel talent graphique et de saisie de leur visée, je n’ai pas fait figurer la contribution solo et étrange de Lebranchu ni la blague absurdiste de Jacques Fleury).

Côté logos, sans surprise, beaucoup de rose et de roses. Royal s’en tient aux linéales branchées; la contribution Hamon/Emmanuelli a un logo curieusement marketing.

Roses are red / Violets are blue / I don't like Ségolène / Do you? (cliquer ici)

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