Le i-forum participatif

 

«T'as vu elle se teint les cheveux en blond Nadia maintenant...»

C’est la crise, comme disaient Montand et Ockrent en 1985.

La crise européenne, et c’est vrai que l’on n’y voit pas clair, que tout est possible, depuis le plantage genre début des années 1980 (avec l’issue qu’on sait) jusqu’à plein de trucs de mes rêves dont j’ai déjà parlé. C’est, de plus en plus clairement, la crise des élites, des institutions (médias, corps intermédiaires), du régime.

Je trouve la non-démission de Chirac folle, même si sûrement dans la situation actuelle elle profiterait moins à la gauche qu’à Sarkozy. On en est au replatrage d’un mur effondré, du genre «on vous a réservé des surprises, finalement Dominique Perben reste au gouvernement.»

Le plus curieux est que malgré l’accumulation de colère populaire et de surdité, d’usure du pouvoir, il n’y a pas la révolution. C’est même à se demander si l’abolition du SMIC et du CDI que se propose Villepin foutrait plus les choses en l’air que, disons, la réforme des retraites de 2002. Les gens sont fâchés et las à la fois; il est vrai qu’on ne fait pas Mai 68 avec des sexagénaires.

Aussi, quelle formidable invention que la série de l’été sur TF1.

La nuée sans l’orage

juin 2nd, 2005

En ce moment, je suis heureux et des choses sombres m’encombrent l’esprit:

i- à l’anniversaire de ma grand’mère, il était beaucoup question de vieux. La mort planait, ou rôdait. On a parlé avec mon autre grand’mère de la situation de mon grand’père. La mort n’est jamais bienvenue, on ne décline que si l’on a grimpé haut, et il n’y a pas de manière de faire «une belle fin».

ii- quand je regarde pas la fenêtre, mon vertige me dit comme toujours: tu as peur, mais aussi: non, en ce moment, tu n’as pas de raison de sauter. Que se passera-t-il quand j’en aurai?

iii- au chapitre «qu’est-ce qu’il a de plus que moi?», après la soirée référendum (VGE Party), Machin et Truc m’ont demandé le numéro l’un de l’autre. Je me demande si des gens demandent mon numéro de téléphone à mes amis des fois. François B2 et mon formulaire annuel d’évaluation du Département (avec un K) disent que je n’ai pas assez Konfiance en moi. J’aimerais bien avoir la confiance en moi d’un de ces pédés d’1m60 hystériques qui me prennent de haut, quand je les mate dans le métro.

iv- (ajouté ce soir) ça fait deux fois, et avec deux tenues entièrement distinctes, qu’on me prend pour un magasinier de Monop. Je comprends pas.

Parias

juin 1st, 2005

Eh voilà, comme promis par les menaces des ouistes, le monde nous déteste encore plus à cause du «non». Résultat, plus un seul Français pour être recruté par les organismes européens et internationaux. Exemple: je peux me toucher pour devenir directeur général de l’OMLIM (Organisation mondiale des logos inutiles et moches).

The Fortnight I Turned 28

mai 30th, 2005

Au rayon l’éternité c’est long, surtout vers la fin, tout le monde sait bien que quand on vieillit, le temps passe plus vite. Du coup, on a plus une date-anniversaire mais une quinzaine-anniversaire.

«Ca, si on lui enlève les rues et les marques, il lui reste rien... 'L'autre jour, j'ai croisé Vincent Lindon chez Geneviève Lethu, lalala', c'est facile»Retour des fifties masquant le microretour du poill'éternelle jeunesse des gens qui portent des casquettes.
Le jour précis de mon anniversaire est celui où François B2 ne fait pas de blague acide et où tout le monde *veut* jouer au Jeu.A Londres, jamais rien ne change: toujours, «This train terminates at Edg-waaaaare»«pourquoi il y avait un garçon déguisé en fille exactement?»
Un hôtel avec terrasse ultra-glamour à Londres (tiens, j'ai pas de nouvelles de Gilles depuis mille ans)Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de Soho, alors qu'il cherchait une boîte de nuit de qualité qu'il ne trouva jamais.C'était pas con, cette histoire de giftcode. Maintenant que j'y pense, je pourrais demander à tout le monde de m'offrir un badge d'une des composantes du RGR
Non non, elle se pacse avec une fille, c'est pour ça qu'elle se marie pas...«A qui vient ton bras d'immoler mon amant»Lex imperat, au bon goût de Bulgare ultralibéral
«Ca, c'est toujours plus facile à accepter quand c'est dans une autre famille que la sienne»Il y a à Meudon, au printemps, une douceur de vivre, un parfum d'arbres en feuilles, un calme chaud et réconfortant qui ne peut s'expliquer, et qui est l'enfance.SophCo dans le rôle du dragon

Après, le samedi, je vais à un dîner de pédés de l’UMP plus Arlequin. Habilement localisé dans le XVIème. En voyant mon badge mélenchoniste «cette fois c’est non», on est interdit: «c’est une blague?!» Après, je réalise que l’un d’entre eux est le très sexy / malsain garçon avec nez en trompette, objet de ma passion fluctuante il y a cinq ou six ans; j’avais attendu en bas de chez lui, dans une rue longeant le Luxembourg, mais il avait attrapé (dans un bordel) une hépatite. Le présent se venge de mon passé quand il dit: «Je sais ce que j’ai voté en 2002. Très à droite… J’ai voté Le Pen. je viens de Marseille, alors hein…» Le plus fort, c’est bien sûr que personne ne réagit. Je fuis la pédécratie ultralibérale dans la nuit étouffante d’Auteuil.

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