
Le i-forum participatif
C’est la crise, comme disaient Montand et Ockrent en 1985.
La crise européenne, et c’est vrai que l’on n’y voit pas clair, que tout est possible, depuis le plantage genre début des années 1980 (avec l’issue qu’on sait) jusqu’à plein de trucs de mes rêves dont j’ai déjà parlé. C’est, de plus en plus clairement, la crise des élites, des institutions (médias, corps intermédiaires), du régime.
Je trouve la non-démission de Chirac folle, même si sûrement dans la situation actuelle elle profiterait moins à la gauche qu’à Sarkozy. On en est au replatrage d’un mur effondré, du genre «on vous a réservé des surprises, finalement Dominique Perben reste au gouvernement.»
Le plus curieux est que malgré l’accumulation de colère populaire et de surdité, d’usure du pouvoir, il n’y a pas la révolution. C’est même à se demander si l’abolition du SMIC et du CDI que se propose Villepin foutrait plus les choses en l’air que, disons, la réforme des retraites de 2002. Les gens sont fâchés et las à la fois; il est vrai qu’on ne fait pas Mai 68 avec des sexagénaires.
Aussi, quelle formidable invention que la série de l’été sur TF1.
En ce moment, je suis heureux et des choses sombres m’encombrent l’esprit:
i- à l’anniversaire de ma grand’mère, il était beaucoup question de vieux. La mort planait, ou rôdait. On a parlé avec mon autre grand’mère de la situation de mon grand’père. La mort n’est jamais bienvenue, on ne décline que si l’on a grimpé haut, et il n’y a pas de manière de faire «une belle fin».
ii- quand je regarde pas la fenêtre, mon vertige me dit comme toujours: tu as peur, mais aussi: non, en ce moment, tu n’as pas de raison de sauter. Que se passera-t-il quand j’en aurai?
iii- au chapitre «qu’est-ce qu’il a de plus que moi?», après la soirée référendum (VGE Party), Machin et Truc m’ont demandé le numéro l’un de l’autre. Je me demande si des gens demandent mon numéro de téléphone à mes amis des fois. François B2 et mon formulaire annuel d’évaluation du Département (avec un K) disent que je n’ai pas assez Konfiance en moi. J’aimerais bien avoir la confiance en moi d’un de ces pédés d’1m60 hystériques qui me prennent de haut, quand je les mate dans le métro.
iv- (ajouté ce soir) ça fait deux fois, et avec deux tenues entièrement distinctes, qu’on me prend pour un magasinier de Monop. Je comprends pas.
Eh voilà, comme promis par les menaces des ouistes, le monde nous déteste encore plus à cause du «non». Résultat, plus un seul Français pour être recruté par les organismes européens et internationaux. Exemple: je peux me toucher pour devenir directeur général de l’OMLIM (Organisation mondiale des logos inutiles et moches).
Au rayon l’éternité c’est long, surtout vers la fin, tout le monde sait bien que quand on vieillit, le temps passe plus vite. Du coup, on a plus une date-anniversaire mais une quinzaine-anniversaire.















Après, le samedi, je vais à un dîner de pédés de l’UMP plus Arlequin. Habilement localisé dans le XVIème. En voyant mon badge mélenchoniste «cette fois c’est non», on est interdit: «c’est une blague?!» Après, je réalise que l’un d’entre eux est le très sexy / malsain garçon avec nez en trompette, objet de ma passion fluctuante il y a cinq ou six ans; j’avais attendu en bas de chez lui, dans une rue longeant le Luxembourg, mais il avait attrapé (dans un bordel) une hépatite. Le présent se venge de mon passé quand il dit: «Je sais ce que j’ai voté en 2002. Très à droite… J’ai voté Le Pen. je viens de Marseille, alors hein…» Le plus fort, c’est bien sûr que personne ne réagit. Je fuis la pédécratie ultralibérale dans la nuit étouffante d’Auteuil.