Le i-forum participatif

 

Avant de partir en weekend, je me suis fâché sur MSN avec un type qui me drague sur internet, parce qu’il a fait une remarque qui m’a pas plu, du genre (lire avec un accent brit): «moi je vais pas à la gay pride parce que le combat des trans, des lesbiennes, des bears et des muscle-maries n’est pas le mien». Je me suis aussi fâché sur MSN avec un garçon que j’avais dragué sur internet, parce qu’il a ressuscité une remarque qui m’a pas plu, du genre (lire avec la voix de Nana Mouskouri): «ah mais je n’avais pas compris que tu me draguais…»

Un weekend dans l'Anjou, sans la «douceur angevine.»Le pacs de ma cousine (la pompière).Avec juste ce qu'il faut de claquements de portes et de sourires forcés de la part de sa famille homophobe.
mais derrière le vrai plaisir d'une nuit campagnarde sous les étoiles......perce quelque chose d'autre, de douloureux......et qui fait écho à un profond sentiment de désuétude.

Au niveau le plus immédiat, c’est le sapphisme qui m’a mis mal à l’aise. Victime de la norme intériorisée que je dénonce par ailleurs, cultivée par des centaines de baisers télévisés de couples hétéros dans le parfait mariage de la parfaite série américaine, j’ai détourné un peu le regard en me disant que tout ça n’est quand même pas comme il faut.

Ensuite, tout ce bonheur montré, nommé, revendiqué (et sûrement c’est du bonheur arraché de haute lutte contre la famille, sur le conservatisme des collègues et tout bêtement à la vie), me semble indécent, bête, et, pour le coup, affreusement normal. Je me demande, est-ce pour ça que j’ai milité pour le pacs, pour «le bonheur»? Quelque part, je partage (avec des objectifs diamétralement opposés, chevènementistes en quelque sorte) cette stigmatisation réactionnaire de la génération sans valeur, ou dont la seule valeur — anglo-saxonne — est un hédonisme normé et purement performatif: dire le bonheur c’est être heureux, mais par contre il faut le dire beaucoup.

Au fond, cela me frustre de me dire que je ne serai jamais assez simple (ou bête) pour être heureux. En prépa H.E.C (de Paris), j’avais eu comme sujet de concours blanc, en philo: «l’ignorance est-elle préférable à l’erreur?» (la bonne réponse néokantienne était: non, le savoir suppose la méthode essai / erreur). J’avais défendu l’ignorance comme condition du bonheur, et j’en demeure certain (malgré ma mauvaise note). Je me sens impuissant, mes rêves de 20 ans sont périmés, je sais que je n’aurais jamais le courage et l’inconscience d’imposer à ma famille d’assister à ce genre de fête ; déjà un mariage hétéro serait à la limite de ce que mes et leurs réserve et sens de la propriety peuvent encaisser.

C’est à ce sujet étrange que la quiétude de gens du Nord et de bourgeois lyonnais de la famille de mon père ait si bien convergé avec le quant-à-soi provincial et protestant de la famille de ma mère, pour m’accabler de timidité, d’inhibition, d’obligations de classe et de sang. Il y a eu de l’insouciance dans mon coming out et, sûrement, une part d’abstraction dans mon militantisme — mais combien je me sens incapable même de ça désormais.

Tout cela, je l’ai noyé consciencieusement, pour exprimer un autre atavisme irrésistiblement zolien, celui de l’alcool.

Est-ce un hasard si, la même semaine
– Emmanuel «Zblorg» disparaît de la circulation au moment où je fais des propositions précises pour le voir, après m’avoir chauffé à coup de RGR,
– un mec me déclare furtivement sa flamme sur MSN avant de retourner dans le néant dont il n’aurait jamais dû sortir,
– Ludovic «Speedo» (nom de famille de collabo) redonne de ses nouvelles, c’est-à-dire envoi un texto incompréhensible et égotiste,
– un quatrième prétend être tombé «par hasard» sur mon site qu’il trouve génial et moi aussi.

J’aimerais bien que les inconnus me foutent la paix, et que les autres ouvrent les yeux.

Jeudi: «Xavier Prieur parle très fort mais à personne en particulier»vendredi, le retour du cheveu ondulé (18th Century Mix)vendredi aussi, Arlequin never shows up (Villepin ou la folie des grandeurs Re-edit)
Jeudi aussi: «j'ai hâte d'être à Chicago»vendredi toujours: «Il paraît qu'il vend la maison» (moment hitchcockien)lundi, un internaute inconnu me déclare son amour («voilà, c'est fait, j'aurais regretté») puis se déconnecte.
dimanche, encore un condensé d'enfance: l'arrosage de la pelouse, les rues vides sous le soleil, je pense: à l'école primaire, chaque étage était attribué à une classe, en fait.Mercredi, réunion de Verts des 8e-9e. Dans un resto bio, fatalement.Au début, je croyais que c'était le groupe de vieux barbus à pullovers qui grattent mais eux étaient de la CRIRAD.
mardi, mercredi, jeudi, intrigues de palais (de la Muette).Dans le groupe, il y a des militants jeunes à barbe et teeshirts moches, des militants historiques un peu alcoolo dont un environnementaliste qui veut un candidat de «La Décroissance» en 2007. Et puis des élus socialistoïdes.On parle du référendum et du ramassage d'ordures.

27% du lectorat de Freedonia s’emmerde au boulot et/ou souffre de narcissisme pictural.

«C'est votre décision souveraine. J'en prends acte.»«Un peu d'humilité!»La Bunkérisation
«C'est nuuuUuul comme soirée!»«Les passivities c'est ringard. Vivent les pietas.» (Passivity #15)«Mon amie est pleine de cocaïne, de collagène,...»
Heures dernières (du canapé)Star«Il a dit que c'était un parasite tout ça parce qu'il consomme de la cocaïne.»
Drame de la trentaineLa bite de Xavier Prieur (g.) et un ami.«C'était formidable, tous se retrouver à New York, tourner dans une rue de Greenwich Village et voir Christian arriver...»

Allo ?

juin 7th, 2005

Où êtes-vous ? Pas de photo de ces anniversaires, pas de commentaire… Que fait la rédaction-lectorat de freedonia ?

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