
Le i-forum participatif
Mon collègue tangero Seb H. me demande pourquoi je ne parle pas des dernières péripéties du dawa faubourien. Comme toujours, Freedonia, le média de la joie, répond aux hurlements expectatifs de son lectorat.
Le premier rebondissement est bien sûr le contrefeu raciste allumé par Hélène Carrère d’Encausse à propos du lien polygamies / émeutes, qui ne peut que me conforter dans ma haine 1- du Figaro, par conséquent de son institution-croupion: 2- l’Institut, et 3- d’elle personnellement, qui est dans une sorte d’anti-panthéon personnel de sorcières, avec Brigitte G¤irardin et Carla Br¤uni (il faudra que je parle de ça aussi un jour). C’était prévisible, les gros beaufs (Larcher, Accoyer) font chorus. La droite fait donner la grosse artillerie mensongère du «coût de l’immigration». Ca rappelle un petit peu le jeu périodique sur le «voile islamique» — faire gonfler tous les 5 ans un débat secondaire pour masquer l’incroyable désintérêt de l’Etat pour le coeur des questions suburbaines: chômage, mal-logement, éclatement social, place de la religion.
Tout ça est cohérent avec le deuxième point, plus frappant: Sarkozy monte grave dans les sondages, l’électorat raciste FN/MNR fait corps autour de lui. Il y a pourtant tout juste deux semaines, on pensait, Villepin espérait que la crise lui serait politiquement fatale. Seb H. me dit de me préparer à choisir entre Sarkozy et Le Pen en 2007. Outre que je refuse ce choix (pas deux fois le petit chantage de 2002; Sarkozy n’est pas Chirac, d’ailleurs, question niveau, radical-socialisme, etc.), est-ce que l’on peut croire à la génération spontanée de nouveaux électeurs potentiels du fascisme (même soft)? Le phénomène va-t-il au-delà de vases communiquants entre lepénistes, droite pasquaïenne (Voynet parla jadis de Recyclage Pour Fachos) et centre-droit style Soisson?






A1: Pire que seul, seul dans un poste de police bahreïnien. Ou alors accompagné d’un beauf, au choix.
A2: «Mais, ils mangent comme des singes ici?! — Ce sont les Indiens.»
A3: «Ce qui est bien dans son pays, c’est qu’on peut avoir un 4×4.»
B1: Condoleezza Rice et PatCo (photo de groupe)
B2: Bahreïn est leader mondial sur les sculptures de rond-point en béton armé.
B3: Je me sentais comme dans le film avec Binoche et Jean Reno: en décallage horaire dans une mauvaise fiction, où je serais la caricature de moi-même.

Hier Finkielkraut a donné une interview assez scandaleuse sur le dawa suburbain. Sa complainte majeure semble, en gros, que les jeunes de banlieue sont des sujets moraux kantiens, et qu’ils sont donc des salauds d’avoir tout brûlé et qu’ils devraient recevoir opprobre et punition, que d’ailleurs la France n’est pas détestable dans la manière dont elle les a traités jusque là, qu’ils sont seuls coupables. Finkielkraut prend ensuite à loisir le contrepied des positions habituelles de la gauche sur «la ville» (non à l’éducation comme exercice de sociation, non à la reconnaissance des crimes coloniaux comme «crime contre l’humanité», non à la discrimination positive, non au rap et aux cultures urbaines).
Sinon, un type inconnu m’a parlé sur Friendster pour me dire que j’étais de la gauche humaniste (c’était une insulte de sa part). «Humaniste», je ne pensais pas que c’était un vrai mot, juste un néologisme inventé par Raffarin et synonyme de «giscardien».
Peut-être est-ce naïf à moi de penser que le «refus de l’autorité» par ces «jeunes» n’est pas étranger au statut professionnel au rabais ni à l’humiliation discriminatoire quotidienne subis par leurs parents, à l’absence de respect de la collectivité pour leurs profs (quels salaires, quels moyens? où est l’argent? que sont les emplois jeunes devenus?), aux contacts vexatoires permanents avec leurs flics (la première mesure de Sarkozy en 2002, qui s’en souvient, a été de supprimer la police de proximité, non sans avoir morigéné devant les caméras les flics du Mirail, à Toulouse, parce qu’ils jouaient au foot avec les fameux «jeunes»).
Je rejoins certes Finkielkraut sur un point: que notre société, y compris sa marge, n’a pas d’autre valeur que l’argent. Je crois être toutefois plus cohérent que lui, si je dénonce à la fois cet hédonisme et l’oppression de classe ; la violence urbaine n’est qu’un sous-produit du système, et même une opportune occcasion d’en justifier les aspects policiers. Même un libéral (Tocqueville) aperçoit sans peine le lien d’airain entre la démocratie capitaliste, l’individualisme matérialiste, et le fascisme rampant d’une police d’exception rendue permanente.
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Pendant ce temps-là, au pays des mushy peas, Xavier Please-Shut-Up fait on ne sait quoi avec BoxingBoy et ni l’un ni l’autre ne songent à fournir le regard du gauchisme hystérique et de l’anthropologie chevénementiste sur les évènements.
Parallèlement, ComitéCentral compte les jours qui nous séparent des élections anticipées en Israël. O jours d’avant mars 2006, soyez chacun l’occasion d’une scission, d’une coalition, d’un sigle hébreu incroyablement chantourné!