Le i-forum participatif

 

Yeah !

mai 13th, 2006

M*** se pose des questions. BoxingBoy a renoncé. François B2, AdiAbou, MisterPatate, Pif et moi avons cassé (chacun du nôtre). Gilles papillonne. C’est le printemps, c’est la merde dans ta vie sentimentale. Réussis ta dépression avec Freedonia et Kübler-Ross, en respectant les 7 étapes:

1.- choc: ta vie ressemble à un film avec Karin Viard. Attention de ne pas te retrouver, comme elle, coincé en permanence dans un rôle stupéfiant, ridicule et douloureux.

2.- dénégation: tes appels nocturnes pour convaincre ComitéCentral que tu n’es pas vraiment célibataire et que tout peut toujours s’arranger sont pathétiques et voués à l’échec.

3.- colère: déverser du purin sur sa mère ne peut pas être la solution. (normalement.)

4.- négociation: tu aurais dû effacer son numéro de téléphone quand tu étais en colère (le perdre quand tu étais sous le choc).

5.- dépression: attention, c’est généralement à ce stade que tu recroises Speedo. Se jeter sous un train / à sa gorge / à ses pieds n’est pas une solution.

6.- expérimentation: attention, c’est à peu près à ce moment-là que tu risques de prendre un abonnement d’un an à Dialache ou à Univers Gym.

7.- acceptation: Bravo, tu viens de comprendre que la vie est, effectivement, une tartine de merde.
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M*** is questioning. BoxingBoy has renounced. François B2, AdiAbou, MisterPatate, Pif et I have broken (each from our own). Gilles flits about. It’s springtime, it’s shit in your sentimental life. Succeed in your depression with Freedonia and Kübler-Ross, respecting the 7 stages:

1.- shock: your life looks like a movie with Karin Viard. Watch out! don’t get stuck like her in a staggering, ridiculous and painful part.

2.- denial: your night calls to convince ComitéCentral that you’re not really celibate and that everything can always be sorted out are pathetic and doomed to failure.

3.- anger: pourring slurry on his/her mother can’t be the solution. (normally.)

4.- bargaining: you should have deleted his/her phone number when you were angry (lost it when you were shocked).

5.- depression: careful!, it’s generally at this stage that you bump into Speedo again. Throwing yourself under a train / at him / at his feet is no solution.

6.- testing: careful!, it’s about this point that you could take a one-year subscription to gay.com or Chariot.

7.- acceptance: well done, you just got that life is, indeed, a toast full of shit.

Courrier des lecteurs

mai 12th, 2006

Bon, je veux bien être un lecteur gentil et patient mais on est déjà le 12 mai…

Il est où le demi-brie sur les élections législatives en Hongrie avec couche de crème à l’intérieur qui te montre la composition avant/après?????

Comment je sais moi comment la position du Régulateur de l’Energie hongrois va évoluer sur la question des PPA si j’ai pas mon demi-brie?

Alors!

Rivoli

mai 11th, 2006

A la piscine des Halles j’ai croisé Speedo. Ou peut-être était-ce une ombre ressemblante et, logiquement, avec un maillot de bain rouge. D’ailleurs, pour des raisons obscures mais sans conteste décodables par la psychanalyse (le propre de la charlatanerie est de tout pouvoir expliquer), je suis repassé plein de fois, récemment, près de la rue Jean-Jacques Rousseau. En allant de jour lire jardin du Caroussel. En retournant nuitamment y draguer, dans les giboulées et le glauque.

C’est difficile de parler du voyage avec David. Là-bas, et à l’époque, le temps était plombé, lourd, bas, hostile, comme dans un tableau de Ruysdael — et aujourd’hui le ciel est vide, clair, diffus, translucide, incontestable et printanier comme chez Turner. Je ne peux plus savoir ce que ressentais, je me souviens de ce qui s’est dit.
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In les Halles’ pool, I bumped into Speedo. Or it was a look-alike shadow who, quite logically, was wearing red swimming trunks. Otherwise, and for obscure reasons, easily decypherable to psycho-analysis (the peculiarity of charlatanry is, it can explain anything), I’ve walked by rue Jean-Jacques Rousseau quite a many times recently. Going by day to read in the Carroussel’s gardens. Coming back by night to cruise, through showers and dreariness.

It’s hard to talk about the trip with David. There, and then, the weather was leaden, heavy, low, hostile, just like a Ruysdael painting — and today the sky is empty, clear, defuse, translucent, indisputable and spring-like, as in Turner. I can’t know what I felt, I remember what was said.

«L'un d'eux m'a dit: Mon prof de ruritanien a quelques anecdotes et il y tient beaucoup. / My Ruritanian teacher has a few anecdotes and he's keen on them.

Comme je n’ai plus d’ordi chez moi pour le moment, je dors, je lis, je range. C’est très chic et un peu almodovarien: allongé sur le canapé noir, avec seulement la lampe super-DDR noire pour m’éclairer, à feuilleter le «New Yorker». Enfin, mamy almodovarienne genre Marisa Paredes, vu qu’à 11 heures je suis au lit.

Des fois, SophCo me fait le reproche de me sentir supérieur (à elle, aux autres) parce que je ne fume pas, ne prends pas de drogues, et que je ne suis jamais ivre mort. Je ne peux pas nier. Peut-être que l’histoire familiale chargée (de l’entrepreneur en faux-champagne mort en buvant son fond de commerce au typographe alcoolique), et mon effroi pour (mais ma croyance dans) les atavismes zoliens, m’ont fait prendre mes distances. Certainement je perçois l’alcool comme un biais efficace, mais une fragilité et une facilité, pour faire face à la mort, à l’échec, à la solitude. La contrepartie pour moi se paye dans la semi-addiction à une sexualité consommatoire qui ne masque qu’avec difficulté la perception de mes neuf années de pédéitude affichée comme un raté sur le terrain sentimental.
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As I don’t have a computer at home for now, I sleep, I read, I tidy up. It’s mighty chic and somewhat Almodovarian: lying on the black sofa, with just the super-GDR black lamp to be lit, flicking through the « New Yorker ». Well, Almodovarian grandma à la Marisa Paredes, since I’m in bed at 11pm.

Sometimes, SophCo reproaches me to feel superior (to her, to others) because I don’t smoke nor take drugs nor get blind drunk. I can’t deny. Maybe the burden of familial history (the mock-champagne entrepreneur who died drinking his business, the alcoholic typographer) and my fright of (but belief in) Zola-esque atavisms, have made me distance myself. Certainly do I perceive alcohol as an efficient expedient, as well as a fragility and a choice for the easy way, to face death, failure, and loneliness. The counterpart for me is to be paid into semi-addiction to consumption-sex, that conceals but with difficulty the perception of my nine years into open fagness as a sentimental misfire.

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A1: «L’un d’eux m’a dit: « nous n’avons pas une langue mais une maladie de gorge ».» (mon futur chef) / « One of them said to me: ‘We don’t have a tongue, we have a throat disease.' » (my future boss)
A2: Mon prof de ruritanien a quelques anecdotes et il y tient beaucoup. / My Ruritanian teacher has a few anecdotes and he’s keen on them.
A3: « And what do we do next? »

(post rétrospectif partiel, sans le voyage en Ruritanie avec David ni photos pour le moment./Partial retrospective post, without the trip to Ruritania with David nor photos as for now.)

Se promener dans la ville rappelle étrangement l'université Paul-Sabatier, à Toulouse, en été. Ou est-ce parce que Berlin est, de tous les étrangers, le plus associé à mes grand'parents? / Wandering in the city is curiously reminiscent of Paul-Sabatier university, in Toulouse, during summer. Or is it because, of all abroads, Berlin is most associated with my grandparents?Une voirie immense, une ambiance potache d'oisiveté et de soûlerie douce sur la voie publique, des trottoirs défoncés par les racines des grands arbres. / A huge roadgrid, a 'varsity atmosphere made of idleness and soft binge on the streets, sidewalds ploughed up by big trees' roots.Et comme on est resté à l'est, une architecture Le Corbusier horizontale et ironique. / And as we stayed east, an architecture à la Le Corbusier, horizontal and ironical.
„Faßbier“: «Bière pression». Surtout l'été. / „F-hain“, Friedrichshain: synonyme vieilli / dated synonym : „Prenz'l Berg“„Ingwer“: «gingembre». Curieusement l'aliment berlinois du moment. /
„Mein Kiez“ : «Mon coin». Des squats avec des toilettes nickel, des gauchistes qui font le tri sélectif des déchets. / „Das ist der Hammer“: «c'est le pied». A Berlin, tout le monde semble étudiant, artiste, un peu précaire, toujours de sortie. / „Mai-fest“: «la fête du Travail». Avec des pavés qui volent et des saucisses grillées. /

A1: Se promener dans la ville rappelle étrangement l’université Paul-Sabatier, à Toulouse, en été. Ou est-ce parce que Berlin est, de tous les étrangers, le plus associé à mes grand’parents? / Wandering in the city is curiously reminiscent of Paul-Sabatier university, in Toulouse, during summer. Or is it because, of all abroads, Berlin is most associated with my grandparents?
A2: Une voirie immense, une ambiance potache d’oisiveté et de soûlerie douce sur la voie publique, des trottoirs défoncés par les racines des grands arbres. / A huge roadgrid, a ‘varsity atmosphere made of idleness and soft binge on the streets, sidewalds ploughed up by big trees’ roots.
A3: Et comme on est resté à l’est, une architecture Le Corbusier horizontale et ironique. / And as we stayed east, an architecture à la Le Corbusier, horizontal and ironical.
B1: „Faßbier“: «Bière pression». Surtout l’été. / « Draught beer ». In summertime best.
B2: „F-hain“, Friedrichshain: synonyme vieilli / dated synonym : „Prenz’l Berg“
B3: „Ingwer“: «gingembre». Curieusement l’aliment berlinois du moment. / « Ginger ». Curiously Berlin’s food of the day.
C1: „Mein Kiez“ : «Mon coin». Des squats avec des toilettes nickel, des gauchistes qui font le tri sélectif des déchets. / « My spot ». Squats with spotless loos, leftists selectively sorting waste.
C2: „Das ist der Hammer“: «c’est le pied». A Berlin, tout le monde semble étudiant, artiste, un peu précaire, toujours de sortie. / « Awesome ». In Berlin, everybody seems to be a student, an artist, somewhat insecure, but always off.
C3: „Mai-fest“: «la fête du Travail». Avec des pavés qui volent et des saucisses grillées. / « Labor Day ». With cast cobbles and grilled sausages.

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