Le i-forum participatif

 

Bosch

août 29th, 2006

Il faut encore mentionner quatre éléments qui donnent a la ville son ambiance et son état d’esprit. Le vol et les cris ironiques des mouettes rappellent la proximité de la mer, des clapiers à estivants et des plaisirs vulgaires de la plage de Szohod-les-bains. Dans ces rues du Nord circulent, non sans danger pour les piétons, les vélos et les trams: la vie s’est définitivement ordonnée dans un ballet sain, industrieux, efficace. Le traffic s’arrête frequemment, toutefois, pour les berlines des ambassadeurs et leurs escortes, qui conferent a la ville le cachet d’une capitale de principauté germanique surannée, figée dans un temps meilleur pour les diplomates. Réciproquement, moins de clochards que de statues royales équestres dorment dans les rues de la ville haute.

Au moment ou commence notre histoire, le district de l’Archipel ou doit loger notre heros accueille les légations sud-américaines: dans ce grand 7ème arrondissement qu’est Szohod, il fait donc figure de quartier des classes moyennes. Au nord et à l’ouest, les vastes pelouses de chancelleries plus chics. A l’est des administrations locales. Au sud, au-dela du centre-ville, la barrière explicite, intangible et en pratique infranchissable des voies ferrées et de la gare, au-dela desquelles vivent, dit-on, des gens pauvres et donc dangereux.

Cette gare s’appelle HS; c’est la que notre principal personnage débarqua pour la premiere fois à Szohod. Chaque matin, Radio Capitale passait le vieux tube « The Final Countdown ». Nul n’aurait pu ignorer ces deux signes d’un imminent desastre.
//
One should also mention four aspects that vest the city with its atmosphere and spirits. The flight and ironical cries of seagulls remind the closeness of the sea, of summer vacationers’ hutches and vulgar pleasures on the strand of Szohod-on-the-sea. In these northern streets — at some risk for walkers — there’s a traffic of cycles and streetcars: the life has definitely taken the fold of a sound, industrious and efficient ballet. The flow stops frequently, however, for the ambassadors’ sedans and escorts, who lend the city a cachet of an antiquated Germanic principalty, stilted in an happier time for diplomats. There are conversely less hobos than royal equestrian statues asleep in the streets of the upper city.

When our story begins, the Archipel district where our hero will live is home to South-American legations: in the larger Belgravia that Szohod is, it therefore figures as a middle-class neighbourhood. North and south, vast lawns of chicer chanceries. East, local administrations’ buildings. South, beyond city center, the explicit, intangible and practically unbridgeable of the railways and station, beyond which live (it is said) poor and henceforth dangerous people.

This station had name HS; that’s where our principal character debarked for the first time in Szohod. Each morning the oldie « The Final Countdown » played on Radio Capital. Nobody could have ignored these two signs of impending disaster.

Le roi du chiasme

août 23rd, 2006

J’aime bien Laurent F@bius. Je suis d’ailleurs probablement le seul. Jamais mordu aux reproches injustes (et meme abjects si on regarde de pret qui a, alors fait, ou pas fait, quoi) qui le poursuivent, au moins dans l’implicite de la mémoire collective, sur le sang contaminé. Pas concerné par la haine antisémite que l’extreme droite déverse sur lui depuis toujours. Pas choqué — je serais mal placé — par le coté bourge, snob. Pas vraiment en attente d’authentiques convictions de gauche, il faut etre niais ou intellectuellement malhonnete pour encore attendre quoi que ce soit du PS sur ce plan. J’ai fait mon deuil de l’idée de voter, au second tour de la présidentielle au moins, pour quelqu’un en qui je crois et dont je partage les idées. J’ai du avoir une épiphanie a la Condorcet: on peut toujours préférer Machin a Bidule, ou l’inverse.

Surtout, de meme que je prends chaque fois plaisir aux réparties saignantes de Str@uss-Kahn les soirs d’élection, et finalement il s’agit du facteur personnel (qui rend M*ntebourg éminemment irritant alors qu’au plan des propositions il est surement plus mon kif), j’aime bien le style oratoire et les vannes de F@bius (la je suis certainement le seul). Genre: «Je préfère dire : ‘voici mon projet’ plutôt que ‘mon projet, c’est Voici’». Ou: «on ne cache pas une éléphant derriere une fraise des bois». Ou: «le centre n’existe pas, et s’il existe, il est a droite».

Heureusement que Xavier Priere-de-faire-la-révolution étudie la kabbale avec Madonna plutot que de lire Freedonia, parce que la il pousserait les hauts cris. «Tu aimes bien Laurent F@bius?!», c’est a peu pres du niveau de «tu manges de la mayonnaise?!»

Brueghel

août 19th, 2006

Pourtant, avec un rayon de soleil, la ville a la beauté froide, ordonnée, manga, des cités du nord, sans pourtant l´uniformité industrielle Bo-Boisée un peu anxiogene des corons et d´Agamemnon Road. Les maisons, le pavage, les batiments publics sont construits en brique, mais avec la variété et l´originalité Art nouveau qu´on voit aussi a Bruxelles. Les palais ont des airs de beffrois flamands ou de béguinages. Les dimensions sont un peu curieuses, mignardes et monumentales a la fois: les rues sont surdimensionnees en largeur, comme a Berlin (deux voies, deux voies pour les vélos, et souvent des arbres), mais les batiments ne depassent pas 4 étages, ce qui rend Szohod — si l’on en excepte le quartier contemporain des ministeres, a mi-chemin entre un campus dans la Silicon Valley et La Défense — basse et un peu provinciale a l’oeil.
//
However, with a ray of light, the city has the cold, ordered, manga beauty of Northern town, without the somewhat anguishing BoHo´ed industrial uniformity of mining villages and Agamemnon Road, though. Houses, paving, public buildings are made of brick, but with the diversity and Art Nouveau originality also to be seen in Brussels. Palaces have airs of Flemish belfries or beguines houses. The proportions are a bit strange, dainty and monumental at once: streets are oversized in breadth, just like in Berlin (two ways, plus two ways for bikes, and often trees), but the buildings do not rise above 4 stories, which makes Szohod seem — if the contemporary neighbourhood of ministries is to be excepted, somezhere between a Valley campus and Canary Wharf — low and a tad provincial.

Il n’y a pas que les Guaranis pour être exotiques et casse-couilles. Il n’y a pas que le Guaranistan pour faire des reportages in vivo sur le choc des cultures et la solitude de l’observateur participatif.

– Pour ouvrir un numéro de téléphone ruritanien et l’internet, il faut fournir un numéro de téléphone ruritanien et un numéro de compte en banque ruritanien. Espérons qu’il ne faut pas un numéro de téléphone pour ouvrir un compte en banque sinon je suis vraiment devenu un demandeur d’asile à Roissy / un prisonnier de la Maison qui rend fou.

– Mon cadre de lit ne passait pas par la fenêtre, j’en ai donc racheté deux demi-, de taille standard. C’est-à-dire, je ne l’ai réalisé que juste après, 10 cm plus grands (2 m contre 1m90) qu’en France.

– Les horaires sont destinés à me rendre fou je le sais. Par exemple, le grand magasin pour les cadres était ouvert le dimanche et j’aurais donc dû revenir annuler l’achat le dimanche. En revanche, les banques ouvrent à 9h et ferment à 16h et il me faut donc jouer contre la montre pour ouvrir un compte. Le café internet ferme à 17h30. La vie de quartier ferme à 18h.

– Pourquoi avoir aussi peu de distri-fric quand on est aussi riches?

– Je n’ai pu communiquer avec personne (sauf alimentation hors foyer et cours de ruritanien) depuis vendredi. Je compte sur SophCo pour prévenir ma famille que je suis vivant ; on me croit donc mort, le plan VigiRuri a été déclenché, etc. Impossible de capter RFI. Impossible d’appeler ComitéCentral pour le blâmer de tous ces incroyables soucis. Impossible également de trouver un Ruritanien à traiter de vive voix de “prickish red-tape-loving useless bum” (note pour plus tard : demander à ma prof de ruritanien une traduction), ils sont trop grands et placides pour que ça soit safe comme geste.

– Je m’enfonce lentement dans la folie avec des accès de dépression, compensés pour l’instant par la boulimie et la clinophilie. Tant que je ne mange pas de la mayonnaise *à même* mon lit, j’estime que ça va.

– La dernière relation sexuelle dans un sauna ruritanien a eu lieu en 1988. Elle impliquait un Brésilien et Gilles. Sinon, il s’y passe des trucs calvinistes bizarres (non-matage, non-drague, non-baise, déplacements en couple marié), mélangés avec des répliques de Falcon déraillées (“Omygod, I can’t do it, it’s too hot”). D’après le caissier, le meilleur moment c’est les dimanches d’hiver ; pourtant dimanche dernier, rien n’est arrivé à *personne*.

Sinon, Xavier Prière-de-parler-de-moi me parle par e-mail. C’est le (seul) fan de Radio Freedonia et des plans cam (comme dans les années 90).
//
Guaranis are not the only ones to be exotic and boring. Guaranistan is not the only place to report live about culture clash and the loneliness of participative observers.

– To open a Ruritanian phone number and have the internet, you need providing a Ruritanian phone number and Ruritanian bank account references. Let’s hope they don’t want a phone number for me to get a bank account or else I’ve really become an asylum seeker / an inmate of the House That Drives You Mad.

– My bed frame didn’t go through the window so I bought two half ones, in a standards size. Ie, but that I reckoned just short afterwards, 10 cm taller (2 m vs. 1.90 m) than in France.

– The opening hours are just to make me mad now I know that for sure. EG the department store for the bed frames was Sunday open, and I should therefore have cancelled my purchase on Sunday. On the other hand, banks are open from 9 am to 4 pm and I shall therefore play against time to open a bank account. The Internet café closes at 5:30 pm. The neighbourhood life closes at 6 pm.

– Why so few ATMs for so filthy rich people?

– I wasn’t able to communicate with anyone (except for not homemade meals purposes and Ruritanian lessons) since Friday. I rely on SophCo to tell my family I’m alive – I’m therefore held to be dead, the Emergency Ruritania Plan has been launched, etc. Impossible to find RFI on shortwaves. Impossible to call ComitéCentral to blame him with all these incredible worries. Also impossible to find a Ruritanian to call him out loud a “prickish red-tape-loving useless bum” (To Do Later : ask my Ruritanian professor a translation), they’re too tall and quiet for that to be a safe move.

– The last intercourse in a Ruritanian sauna happened in 1988. it involved a Brazilian guy and Gilles. Otherwise, weird Calvinist stuff happens in here (non-glare, non-cruise, non-fuck, marrieds couples’ tours), mixed with derailed Falcon quotes (“Omygod, I can’t do it, it’s too hot”). According to the cashier, the best time in year is winter Sundays ; I went there last Sunday and nada happened, though.

– I drift slowly into madness with fits of depression, balanced as for now by eating and sleeping compulsions. As long as I don’t eat mayo *from* the bed, I take it to be OK.

Otherwise, Xavier Please-Speak-Of-Me talks through e-mails. He is the (only) fan of Freedonia Radio and webcam trips (just like in the 90s).

Troom ou trauma

août 12th, 2006

C’est beau ici — appelons cette ville Szohod –, c’est l’été et donc il pleut, les gens prennent leur temps. Par exemple, trois semaines pour avoir le téléphone et Internet chez moi (des lors que j’aurai un compte en banque local, le Marché unique en matiere bancaire étant décidément une fiction concoctée par cette pute borgne de Pébere*u), 6 semaines pour un cadre de lit. En effet, les fenetres a guillotine et les escaliers raides comme la mort de mon sublime triplex sont prevues pour tout, sauf emmenager.
//
It’s nice in here (let’s call this city Szohod), it’s summertime and so it rains, people take their time. For instance, 3 weeks to have phone and internet at home (as soon as I have a local bank account, the Inner Market in bank field being, indeed, a lie out of Michel Pebere*u’s wicked mouth), 6 weeks for a bed frame. The sash windows and steep-as-death staircases of my sublime triplex are up for eveything, except moving in.

Proudly powered by WordPress. Theme developed with WordPress Theme Generator.
Copyright © Freedonia. All rights reserved.