Le i-forum participatif

 

Plouf

mars 8th, 2007

Bayrou monte et démange.
– Sarkozy dégaine Veil dans son comité de soutien, ce qui fait coup triple (icône féministe, « autorité morale » (?) du centrisme européen, rescapée de la Shoah) — mieux y’avait Zidane et l’abbé Pierre mais ils étaient pris. Et puis Veil déteste Bayrou depuis qu’il a dirigé sa campagne européenne de 1989 et qu’elle adore le «craquant» (sic) Douste-Blazy. Il faudrait s’interroger sur cette absence de lucidité. En même temps elle aimait Balladur aussi.
– Royal dégaine Le Gall (pas le café, l’autre), qui avait seul au PS vu venir la relégation de Jospin par le Pen en troisième position. Et donc, le vote utile dans un message modérément subliminal.

Chez Sarkozy, les équipes ont arrêté de se disputer les sous-secrétariats d’Etat du gouvernement Fillon et commencent à flipper ferme. Le chef ressasse, le chef effraie, surtout les sondages de le chef piquent sérieusement du nez. Il est urgent de trouver un truc sur Bayrou (maîtresse ça c’est facile. Barraque à la Gaymard? détournements de fonds? vices effrayant ma grand’mère?).

La barbouzerie de la semaine est incontestablement l’envoi par Miguet, autoproclamé (auprès des enquêteurs de Freedonia, le tchatte sur un toi brûlant) «Ségolène Royal de la droite anti-fiscale», de faux formulaires de parrainage aux maires. Avec à la clé, 24 heures de garde à vue et une mise en examen. Barbouzerie qui a bien du mal à éclipser les tracas de Sarkozy (et Royal aussi) sur leur ISF et leur patrimoine immobilier.

C’était aussi la semaine où, selon la blague de Willem, on comptait des sous-marins nucléaires pour s’endormir: on parle défense (juste un peu, une bonne fois pour toutes hein). La semaine où Sarkozy, qui tire décidément des traites sur l’avenir comme un mondain de chez Balzac, fait sienne les fumisteries géopolitiques de Glucksmann et promet, comme Khrouchtchev, des missiles et des saucisses (en l’occurence, des porte-avions et des profs). Où Royal dit «non» aux mini-nukes (bombinettes atomiques d’emploi tactique), à rebrousse-poil des innovations théoriques du Vieux l’an dernier.

Pendant ce temps-là, les sondages mesurent  l'intention d'un vote pour Voynet.

La région de la semaine est une des plus pauvres, alcoolisées, sinistr(é)es de France, et elle vote donc, assez massivement, pour l’extrème-gauche notamment communiste, CPNT, et le Front national. L’Oise, grande banlieue parisienne avec les barres et les dalles mais pas le RER, est un écosystème de vote FN et de putréfaction gaulliste (des votes achetés dans les années 50-60 par Dassault père à coups d’abonnement d’office à «Jours de France» et de billets à la portière de la limousine, à Jean-François Mancel, le Carignon du crû: insubmersible mais pas incorruptible). Plus au nord, on trouve le «cas» Gremetz, archétype du stalinien macho, viandard, réac pour tout dire, dont les outrances — comportement de petit patron indigne avec une permanente, conduite en état d’ivresse au milieu d’un meeting politique adverse, etc. — ont fini par faire exploser en trois (lui, le PC-canal historique, et un élu qui siège avec les Verts et le PRG) l’imposante délégation communiste au Conseil régional. Il est vrai qu’il avait raté la présidence de région auparavant.

L'Aisne: deux têtes à claques pour un seul département.

Architrave

mars 2nd, 2007

Marcher dans Barcelone, retrouver de la vie et de l'urbanité.Découvrir un fan de Paloma San Basilio: perfect housewife + gay.Etre stupéfait par l'engagement total de Tapies, la sublimité de Zurbaran, la somptuosité simple du parc Güell.
Croiser la recette parfaite de fèves au lard.Rencontrer les petits bruns corollaires.Parallèlement, BoxingGringo vit un 'moment érotique intense' parmi les éphèbes amérindiens.
Pendant ce temps-là, je m'interroge, rapport à Jan (un rouquin, d'Amsterdam): Suis-je prohibitif?Prohibitif par mes exigences, les aspects élitistes de ma formation et de mon langage?Ou prohibitif par des défauts en moi que je n'aurais pas repérés: moche, con, rasoir?
Alors, mes travers les irritent comme moi jadis certaines des lubies deJulien et la plupart des actes d'Hugo. Sur le moment incompréhensibles , effrayants, jusqu'à la révulsion, rangés dans la folie; désormais bien innoffensifs avec le temps écoulé et le repérage de failles idem en moi.Anodins, excusables, véniels.Une autre angoisse, récurrente, est d'avoir raté des embranchements, des opportunités affectives ultimes. On ne trouve le grand amour que la première fois, et je ne l'aurais pas saisi au passage.

Ola guapo.

A1: Marcher dans Barcelone, retrouver de la vie et de l’urbanité.
A2: Découvrir un fan de Paloma San Basilio: perfect housewife + gay.
A3: Etre stupéfait par l’engagement total de Tapies, la sublimité de Zurbaran, la somptuosité simple du parc Güell.
B1: Croiser la recette parfaite de fèves au lard.
B2: Rencontrer les petits bruns corollaires.
B3: Parallèlement, BoxingGringo vit un ‘moment érotique intense’ parmi les éphèbes amérindiens.
C1: Pendant ce temps-là, je m’interroge, rapport à Jan (un rouquin, d’Amsterdam): Suis-je prohibitif?
C2: Prohibitif par mes exigences, les aspects élitistes de ma formation et de mon langage?
C3: Ou prohibitif par des défauts en moi que je n’aurais pas repérés: moche, con, rasoir?
D1: Alors, mes travers les irritent comme moi jadis certaines des lubies deJulien et la plupart des actes d’Hugo. Sur le moment incompréhensibles , effrayants, jusqu’à la révulsion, rangés dans la folie; désormais bien innoffensifs avec le temps écoulé et le repérage de failles idem en moi.
D2: Anodins, excusables, véniels.
D3: Une autre angoisse, récurrente, est d’avoir raté des embranchements, des opportunités affectives ultimes. On ne trouve le grand amour que la première fois, et je ne l’aurais pas saisi au passage.

Le Parrain

mars 1st, 2007

Bayrou poursuit sa cavalcade sondagière et médiatique de troisième homme en puissance, continue de prendre son temps et d’installer son charisme présidentiel, mais commence (sur TF1, j’ai trouvé) à re-bégayer tellement il y croit dur comme fer. Il parle moins des médias non-démocratiques qui ne l’invitent pas, en revanche, non?

Cela étant dit, les soutiens qu’ils enregistrent, de la pétition anonyme de fonctionnaires au microcosme radio-télédiffusé (Philippe Meyer, Alain Duhamel), des profs «déçus par la gauche» à la couverture qu’en donne Le Monde, me semble un vote des élites — avec l’erreur de prisme possible que cela induit pour l’analyse. Bayrou passe-t-il auprès des patrons de PME, des jeunes de banlieue (gifle?), des employées de mairie, des chômeurs, des agriculteurs dont il se réclame (sur le thème: le seul candidat à élever des chevaux)? Bayrou a-t-il convaincu ma grand’mère de voter pour lui?

Parallèlement, Le Pen et plusieurs des «petits» candidats continuent d’agiter leur sébille à parrainages et de se plaindre des difficultés à recevoir les 500 signatures, alors que la récolte officielle vient de débuter. Le plus mal placé à ce stade, si l’on en croit une enquête du Figaro, serait Bové — qui pourrait se tirer dans les jambes avec Voynet.

Deux semaines d’absence et Freedonia, je fais confiance à la justice de mon pays, propose deux barbouzeries de la quinzaine:
– après le vol au domicile des Hollande / Royal, effraction chez Sophie Bouchet-Pétersen, conseillère spéciale (puisqu’elle le dit) de la seconde. L’ex(?)-trotskyste zarbi qui lui trouve ses idées (soviets citoyens, embastillement de sauvageons) et lui écrit ses discours. Cette campagne c’est le pastis, à la Pasqua.
– Nicolas Sarkozy se démèle pour se justifier sur son patrimoine, toujours pas rendu public malgré promesse lointaine (une autre). Il aurait (selon le Canard) bénéficié de tarifs privilégiés pour un achat à Neuilly quand il en était maire. D’après Libé d’aujourd’hui, il est également difficile d’établir pourquoi son ISF n’est apparu qu’en 2006 et à un niveau élevé — sinon qu’il aurait artificiellement minoré ses revenus les années précédentes.

Pas de gaffe de la semaine (ou elle m’a échappée?), Royal savoure le relâchement chez l’adversaire, coincé entre rumeurs et programme bordélique.

Sur les sondages, il me semble qu’on lit le tassement mais pas l’effondrement de Royal, la progression de Royal, et la difficulté à mesurer le vote le Pen — chaque sondage, ou chaque institut, a son avis et sa méthode de redressement.

«Les pieds dans la glaise.»

Cette semaine, Freedonia, l’étalement périurbain, aborde la lointaine banlieue, patrie politique de Michel Rocard et des tracteurs qui renversent ComitéCentral. Bien peu de communisme dans une zone urbanisée et industrialisée de façon récente, Bob Hue ayant perdu sa circonscription de Cormeilles (à la frontière de la «ceinture rouge»). Une zone aussi où les votes pulsent avec les alternances, ce qui s’explique peut-être par le caractère modal, typique de leur peuplement, et apparaît logique dès lors que le découpage de 1987 a été délayé par leur formidable croissance démographique (la circonscription la plus peuplée de France, la 2ème Val d’Oise: Cergy-nord / L’Isle-Adam / Saint-Ouen, compte près de deux fois le nombre moyen et six fois le nombre minimal de citoyens par division électorale).

Dans ces nouvelles villes et ces nouveaux dortoirs, on assiste à une montée
– de leaders conservateurs de la nouvelle génération, Bédier, Copé ou Dupont-Aignan, maniant plus qu’à leur tour le discours sécuritaire (cf. aussi les néo-fafs du 93, Raoult & compagnie). La région était pourtant plutôt marquée par la droite catholique plus ou moins sociale, grand’bourgeoise, Versailles quoi, style Etienne Pinte (à Versailles) et Boutin (à Rambouillet), ou issue de l’agri-power FNSEA (Jacob). Avec le bizarre de l’étape, l’indéboulonnable Didier Julia à Fontainebleau.
– …et c’en est la cause, à une inflation de vote FN. On se rappellera la campagne néo-mussolinienne de Le Pen en 1997, coursant un «rouquin, pédé» et frappant une socialiste dans les rues de Mantes-la-Jolie au bénéfice de son ex-fille, Marie-Caroline.
– des leaders de la nouvelle gauche, ex-trotskyste (encore!), installée avec SOS Racisme, blairiste et collectionneuse de montres, en résumé la gauche qui passe sa vie au resto avec des communicants genre François B2 (je ne parle pas de moi).

«Ozoir-la-Ferrière: CNIP forever!»

Dood aan de jeugd

février 15th, 2007

Une soirée de mèches et de franges à A'dam dans une cave.Avec Katerijn Smid-de Witt, la rédactrice en chef de «Wendy Tijdschrift».Et un fort potentiel pour me faire une fois de plus déchirer le coeur.

A1: Une soirée de mèches et de franges à A’dam dans une cave.
A2: Avec Katerijn Smid-de Witt, la rédactrice en chef de «Wendy Tijdschrift».
A3: Et un fort potentiel pour me faire une fois de plus déchirer le coeur.

Le vingt-troisième homme

février 15th, 2007

Après un discours lyrique et marqué à gauche, Royal espère remonter la pente. Plusieurs de ses propositions me semblent bien à la fois sur le fond et pour relancer la campagne: le service public du cautionnement bancaire, l’école obligatoire dès 3 ans, le renforcement des équipes pédagogiques (avec le rétablissement de contrats type emplois-jeunes), des classes à 17 élèves dans les ZEP. Cela étant, les propositions réactionnaires ou ambiguës (écoles militarisées pour les «jeunes en difficulté», suppression de la carte scolaire) sont maintenues. Je suis aussi d’accord avec Artus quand il dit que le bon niveau de négociation salariale, c’est la branche et non pas la grande conférence nationale — marotte de DSK pour ceux qui ont suivi la primaire. Le PS espérait, dimanche soir, avoir repris l’initiative, et observer un répit dans la glissade des sondages.

Las, la bourde de la semaine, c’est la démission d’Eric Besson, dont on a parlé ici, de ses fonctions de secrétaire national PS à l’économie. D’après Libé, il claque la porte après s’être sérieusement accroché avec Hollande après avoir — contre l’avis du BN — répliqué aux critiques de l’équipe Sarkozy sur le thème «le programme de Royal n’est pas financé».

Barbouzerie de la semaine, la visite de Sarkozy à La Réunion. Si, cette fois-ci, le déplacement est apparemment payé par la campagne et pas par le ministère, en revanche, la comm’ est à la charge des contribuables: Sarkozy vient officiellement signer un contrat de plan Etat-régions généreux, qui pourrait lui valoir le ralliement du réversible Paul Vergès, le Spontex des antipodes.

«Si je suis à 20% à la fin du mois, c'est gagné» (Bayrou)

Cette semaine, Freedonia, le grand bleu, plonge dans un morceau de France à droite et souvent à l’extrème droite, car l’Alsace, comme Brigitte Bardot, a une choucroute et vote facho. Le FN fait ses meilleurs scores à Mulhouse plutôt que Strasbourg, ainsi qu’en dehors des agglomérations. Le MNR s’est, un temps, appuyé sur Alsace d’Abord, le mouvement fascisto-régionaliste. Plus largement, la région est caractérisée par la permanence d’un vote conservateur puissant, notamment chrétien au nord (du MRP à l’UDF) et gaulliste au sud. Ce vote est très nettement relié à la pratique religieuse, catholique comme protestante, dans une région demeurée concordataire.

La gauche prend ici une teinte rose pale, genre SFIO anti-communistes, PSD, MDR/ADFP (Alliance des Français pour le progrès de feu Pierre Beregovoy) et avec aujourd’hui, le leader maximo du blairisme à la française et maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel. Le PS s’appuie sur les deux principales villes — encore que Trautmann ait tout perdu à Strasbourg, la mairie, la députation, la communauté urbaine. Le PCF n’a plus d’implantation sérieuse dans la région, marquée comme partout par la reconversion industrielle. Réciproquement, dans la région d’Antoine Waechter, voisine de l’Allemagne, éprouvée jadis par des catastrophes industrielles, les Verts se sont enracinés tôt et profond.

La vie est un kugklof de merde.

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