Le i-forum participatif

 

Dérouillée

avril 1st, 2008

Freedonia, le slow food for thought, publie avec quelque retard les cartes des résultats des élections cantonales et municipales. (j’en ai profité pour rééditer les précédentes qui comportaient quelques coquilles.) Il est difficile à l’UMP de prétendre à une «défaite relative» quand on se penche sur le bilan des changements de majorités municipales, même au regard de la déconvenue de la gauche en 2001 ; les études fines des experts du PS (dont je guigne la place dans ma prière de chaque soir) montrent que jamais, depuis 1977, autant de municipalités et autant de citoyens n’ont été administrés par la gauche — et tout particulièrement le PS.

Un autre enseignement est, de fait, la situation chaque fois un peu plus tangente du PCF, qui ne reconquiert rien hors de ses bastions (on comparera la carte des gains et pertes avec la carte de température du Parti), n’en perd pas tant il est vrai, mais a dû compter, tout particulièrement en Seine-Saint-Denis, sur le non-respect de la «discipline républicaine» (retrait de la liste de gauche arrivée deuxième) par le PS et Voynet. Il lui coûte Aubervilliers, Montreuil et le département. Les socialistes disent usure, alternance à gauche; les communistes dénonce l’élection avec les suffrages de la droite.

La troisième leçon était connue depuis les législatives: le Modem est pulvérisé par le mode de scrutin, en dépit d’une présence forte mais localisée (autour de 15% là où il se présente). L’impasse de son «ni-ni» (en terme d’accès au pouvoir autre que présidentiel, et encore) est assez flagrante. La stratégie est coûteuse dans les conseils généraux, même là où il reste allié à l’UMP (Pyrénées-Atlantiques), et l’hémorragie de cadres continue (Mercier dans le Rhône. Rien de choquant, d’ailleurs, à ce qu’un centriste aille à la soupe, même quand elle tarde à être servie). On demande à voir, sur le long terme, la possibilité de ses alliances locales avec le PS (Lille, Dijon,…) voire le PCF (Aubagne).

Enfin, tout continue de devenir possible: à la Réunion, la présidente UMP du conseil général est reconduite par une majorité d’opposition PS / PCR / Modem, contre son ex-propre groupe UMP, ratatiné aux élections cantonales et municipales.

maires élus

gains et pertes aux municipales

cantonales (nouveaux présidents de conseils généraux, gains)

«A part of it.»

mars 24th, 2008






A1: Avant de partir, il y avait eu un dîner de viande près des Champs, quelque chose de suranné, modianesque.
A2: A New York, beaucoup de choses ont changé en 9 ans, de nouveaux gratte-ciel, l’éclairage du métro, l’ostentation vestimentaire. Pourtant, on reste saisi par les deux odeurs: pourriture neuve et vieille poussière, qui demeurent le corps et l’âme de la ville.
A3: Séb H s’ennuie un peu, ne se sent pas une vocation de «casque bleu». Alors il soulève des haltères et relit des écrivains morts.
B1: Midtown, je revois les belles choses aimées, les musées, je longe sans fin et sans lassitude les buildings. Aucune comparaison (San Francisco? Londres? Chicago peut-être?) ne rend justice à l’élégance propre des hauteurs de Manhattan, les brownstones enjolivés, les HBM néo-Tudor, Park av. surélevé près de Grand Central, les tours immenses et indépendantes. Quelque part entre Gotham City et les visions de Koolhaas.
B2: Le canyon urbain est vertigineux, ou suffoquant. Comme réalité physique et comme théâtre social.
B3: Aussi, Nath H organise-t-elle méthodiquement leur vie expatriée.
C1: Et Downtown, les derniers restes d’inquiétante et vivante urbanité, ex-abattoirs, ateliers chinois, parcs à junkies, l’arrière-plan de «Pink Narcissus» ou «Baretta», ont été méthodiquement balayés. L’underground, le sordide, le transgressif sont aussi introuvables qu’au Quartier latin.
C2: Alors on mange des sushis chics.
C3: Et l’on songe aux décadences d’antan, le bowling privé de Frick, les marins à l’ancre de Chauncey, la ville en faillite d’Ed Koch.
D1: Sans lucidité, je comptais beaucoup sur la nightlife et les garçons de New York. Peut-être parce que 1999 avait eu quelque chose d’inabouti, d’enfantinement romantique, tout dominé par «Tricks» et l’ambiance no-sex du Big Cup.
D2: Mais si beaucoup d’endroits sont sympathiques, et s’il est facile – en Amérique en général – de nouer langue…
D3: … les Américains sont plus puritains qu’ils ne se l’avouent. Au fond, ils veulent des calins.
E1: Alors, j’ai samplé le comfort-food: pastrami et cheesecake.
E2: Dix jours sans temps mort et sans hâte, où l’éloignement, la vacance et le taux de change interdisent d’épiloguer sur rien.
E3: Au retour, on retrouve tout intact, fossilisé: maison, collègues, solitude, impasse professionnelle.
F1: Après, pendant que les TBS géraient les Mort aux Jeunes futures en orfèvres, soupesant interminablement le pour et le contre, la droite se prenait une déculottée et Bachelot foirait son brushing. Amiens: ouais! Toulouse: wouhouh! Puis vers 21 heures, on exulta prématurément de la défaite de Tiberi.
F2: «Mais?! C’est le professeur de géométrie du ‘Collège fou, fou, fou’!»
F3: Vers 23 heures, mon éphémère amoureux communiste de la veille apparut sur le décrochage régional de FR3.

Quezas, quezas, quezas

mars 18th, 2008

En Espagne, «Z» en reprend pour quatre ans. La bipolarisation du parlement national s’accroît, au détriment des autres formations, IU et partis régionalistes. On pourra utilement comparer la carte ci-dessous et les résultats des récentes élections autonomiques ici, qui illustre le recul des nationalistes au nord du pays en particulier. Le PSOE devrait pouvoir gouverner avec le seul soutien des petits partis basque (PNV) et navarrais (NaBai), et faire abstraction de tous les autres.

Seconde nouveauté de ce scrutin, l’apparition assez timide d’un petit parti de centre-gauche. L’Union progrès et démocratie se veut de dimension nationale, anti-nationaliste quoiqu’originaire du Pays basque, inspirée des mouvements citoyens (on se rappellera le leader à poil et à poils de Citoyens pour le changement), et arbore un logo de et par une agence de pub. Nous souhaitons bonne chance à sa démarche marketing.

«Votas con todas tus fuerzas.»

«Somos un grand equipo»

Surveiller et Punir

mars 7th, 2008

Les cantonales devraient fournir l’occasion de solder quelques vieilles traditions locales, le chiraquisme en Corrèze ou le chevènementisme belfortain en particulier. Cela étant, la carte devrait rester comme à l’heure actuelle généralement conforme aux grandes lignes historiques de découpe France de gauche / France de droite, belles et régulières comme une cuesta.

Plusieurs éléphants et lions, style Hollande, Montebourg & Co. briguent de surcroît la présidence d’un conseil général, pour se refaire une virginité électorale et/ou compléter un CV déficient en vue de 2012.

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Une lecture assidue des grands média et l’oisiveté ruritanienne permettent de dresser une carte des objectifs respectifs de la gauche mais aussi de la droite qui, en dépit de son lamento pré-défaite étonnant et un peu suspect, pense pouvoir subrepticement et par la banlieue s’emparer des CUL (communautés urbaines de Lille et Lyon), par ci par là de quelques villes et départements, et peut-être bien garder ce qui est le plus menacé: Marseille, Strasbourg, Périgueux.

A gauche, le PS continue de travailler, seul ou en tandem avec les Verts voire le MoDem, à chipper un à un les derniers fiefs communistes. Vis-à-vis de la droite, il ne peut, au regard des élections de 2001, que progresser dans les villes moyennes — la question étant de savoir s’il refait l’écart ou s’il remporte une victoire totale, ce qui le mettrait de façon inédite (depuis 30 ans et plus sensiblement encore, après les deux décentralisations) en responsabilité à tous les échelons locaux à la fois.

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Paris et le désert français

février 27th, 2008

Deuxième volet de la mini-série de Freedonia, le burkini de la glocalisation, avant les élections municipales de mars, un coup d’œil rapide sur les communautés urbaines et d’agglomération. Pour bien suivre ou pour rigoler, on peut ouvrir les deux cartes des villes et des agglos dans deux onglets, et passer de l’un à l’autre. En le faisant vite, ça fonctionne également comme test de l’épilepsie.

Première remarque, Paris, mais aussi Toulouse et peut-être Marseille ou Nantes, ne disposent pas aujourd’hui d’institutions métropolitaines complètes, pour des raisons politiciennes et, dans une certaine mesure, du fait de la difficulté à couper le millefeuille territorial et institutionnel. (Dans la longueur et la hauteur, donc. Cette métaphore a complètement foiré en route.) Paris comme tel n’a pas de communauté urbaine du tout, sauf si l’on compte la «conférence métropolitaine» ad hoc et sans réalité financière, créée par Delanoë. Conséquence, ou conséquence des mêmes causes, la constitution de CU autour de Paris est également très imparfaite aujourd’hui (voir: nord des Hauts-de-Seine, sud de la Seine-Saint-Denis).

Dans d’autres cas en revanche, la carte des agglos donne une vision de la concentration humaine et économique assez différente de la carte des villes. Pour des cités comme Lyon, Lille et Bordeaux, l’agglomération donne une toute autre ampleur ou la vraie mesure peut-être.

Second constat, dans la très vaste majorité des cas, les agglomérations et les villes-centres sont de la même couleur politique, le maire occupant la plupart du temps lui-même la présidence de communauté — avec quelques exceptions:

– de couleurs politiques divergentes, à Bordeaux, Rouen ou Maubeuge par exemple.

– de personnalités politiques de même couleur, mais distinctes, certains ténors (Borloo, Migaud, etc.) se «réservant» pour l’agglo. Dans plusieurs occurrences bien documentées (Toulouse, Strasbourg, Caen…), la double incarnation a viré au fraternel carnage.

Tout cela ne fait que compliquer et enrichir, on le verra, le combat municipal. Les moyens en termes financiers et  urbanistiques, la visibilité politique se déplacent doucement, mais sûrement, vers les agglos. Quel est, du coup, l’échelon qu’il faut viser? et sa conquête passe-t-il forcément par le basculement de la ville-centre?

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