Le i-forum participatif

 

Tuba mirum

août 7th, 2003

France Info a relaté (pendant au moins deux minutes) la mort de l’ancienne ministre des universités de VGE, Alice Saunier-Seïté. Super la hiérarchisation de l’info.

A part son nom de shampoing L’Oréal, elle a fait deux trucs dans sa vie: briser une grève et accuser la loi Faure de 1969 «d’avoir permis toutes les licences et d’avoir fait le jeu du marxisme et du gauchisme». (BoxingBoy dit : ben, oui, c’est vrai). Une source d’inspiration pour notre temps, somme toute.

dysérotomanie

août 6th, 2003

Dimanche, j’ai dîné avec mes amis Alex J., François B2 et Olivier ‘Boxingboy’. Je ne le dis que parce que B2 m’a reproché de ne pas l’avoir rapporté ici, et parce qu’il craignait que je cite une révélation sur Xavier (mais je n’étais pas là quand elle a été proférée). Voilà, je n’ai rien dit.

Ce qui est curieux, c’est le caractère à la fois universel et varié des perversions sexuelles + névroses relationnelles. Par exemple:

– Alex J. souffre de micropénilité et de microanalité, et pour compenser tabasse tout le monde et refuse le sexe;

– je suis incapable d’assumer mon analité et je prétends être un actif frustré, et du coup je me tape des tas de mecs qui dans mon esprit sont virils mais fragiles (= dépressifs, mal dans leur peau etc). S’il y a un lien logique, merci de le signaler à mon médecin traitant.

– j’ai appris que l’ex- de B2 était à la fois plus carré d’épaule que moi et (ex-)concepteur (?) de jeux vidéos; François dit qu’il veut être rassuré par des mecs hyper virils mais qu’il tombe toujours sur des types infantiles. Résultat il fait des millions de plans cul et il a abandonné l’amour (jusqu’à ce qu’une autre relation lui brise à nouveau son petit coeur romantique).

– Olivier A. aime les enfants et il souffre de ce que personne (même sa grand’mère fille — enfin, femme à cet âge — à pédé) ne le lui reproche dans notre monde post-moral. «Y.A.O.I. = an acronym for the Japanese phrase « Yama nashi, imi nashi, ochi nashi » (« Without climax, without meaning, without resolution ») or Y.A.O.I. = alternative acronym for « Yamete! Oshiri ga itai! » (« Stop! My ass hurts! »)»

– j’ai vu à dîner mon ex- Julien A. (le prof d’anglais, je souligne ce qui est différenciant). Son mec l’a peut-être plus ou moins énormément trompé, ce qui lui fait de la peine (et lui permet d’être hyper drama-queen, je savais bien que sa trans-phobie latente planquait quelque chose) et en même temps l’excite (jusque-là c’est logique). Il m’a proposé d’aller au sauna ensemble, et qu’il ne ferait rien, juste pour pouvoir raconter cette sortie à son mec après pour l’emmerder et marquer son indépendance. Là, je trouve ça super-fucked-up (doublement en fait). Je suis assez fier d’avoir dit non («I say no, no to drugs, no»), ce qui me permet de me coucher tôt (ahaha).

Les hasards de la vie

août 4th, 2003

Aujourd’hui j’ai eu un rendez-vous *vraiment inutile*: j’ai vu le type des RH du Département, qui n’avait rien à me dire (vu que je suis déjà affecté dans un poste) et à qui je n’avais rien à demander non plus («ça marche comment la cantine?»). Soit dit en passant, mon pass cantine est déterminé par mon indice (je suis 1er échelon, indice 438). Braziiiiil!, comme l’a fait remarquer ma reuss.

Sinon, j’ai été dîner avec mon ami Crame. C’était sympa, on parlait de la Null-Bock Generation juusqu’à ce qu’il croise son ex-. Gros cas de manénite (sans doute de part et d’autre), je ne puis que conseiller la thérapie classique (écouter Barbara, manger du chocolat, se rendre malheureux inutilement en examinant bien tous les angles de signification possibles de l’événement, et d’ailleurs tous les avantages et surtout les inconvénients de ne plus être avec; dans l’hypothèse où l’on resterait encore un peu joyeux, consulter BoxingBoy et Comité sur le traitement anti-antidépresseur à prendre).

1 degré 1/2 de séparation

août 2nd, 2003

C’est à la fois drôle et inquiétant sur l’exiguité du milieu parisien, de me dire que le garçon que j’ai rencontré hier à UG et revu ce soir à dîner a partagé sa première expérience sexuelle avec… Waterboy, le mec mignon mais fucked-up du printemps 2003. Et en plus, dans la banlieue du Mans.

J’aurais dû me méfier, ils ont le même sourire.

Le retour des Employés

août 1st, 2003

C’est avec un peu d’émotion que le nouvel employé gravit les marches des quatre étages du Département. Mais à la dignité sobre de l’escalier ne succéda que la pénombre crasseuse et banale d’un interminable couloir ouvrant sur une volée de portes. Seul le tapis tenant le mitan du parquet sur toute la longueur de la galerie avait une couleur.

Le nouvel employé fut présenté à son prédecesseur dans le même emploi; nul ne se souvenait plus quand l’emploi avait été créé, mais tous reconnaissaient que c’était un bon emploi. Le prédecesseur lui présenta sommairement les tâches afférantes à l’emploi, et qui consistaient essentiellement à écrire des notes et à ne pas se laisser marcher sur les pieds par les Chefs de File sur le Dossier, Qui Sont du Trésor.

Lorsque le prédecesseur introduisit le nouvel employé au sous-chef, le nouvel employé fut frappé de sa petite voie haut perchée, qui était en accord avec sa petite taille, ses petits pieds et sa moralité probablement minuscule. Le sous-chef parlait beaucoup, par plaisanteries acides, n’écoutait pas, et ne regardait, de ses petits yeux méchants, que par brefs intervalles et de côté. Le nouvel employé se fit la réflexion que son prédécesseur ne lui avait rien dit des rapports qu’il fallait entretenir avec le sous-directeur, et se demanda si c’était en raison de la crainte que celui-ci inspirait ou de son entière nullité.

Le prédécesseur avait, par contre, évoqué au détour d’une phrase la médiocrité du Conseiller du Ministre qui fut également présenté au nouvel employé. Le nouvel employé remarqua que, depuis les dernières élections, le blaser était à nouveau en vogue et que les plus jeunes personnes du Département — le sous-chef approchait l’âge de la retraite et n’avait plus rien à peigner — affectaient de longues chevelures ramenées en arrière. Le Conseiller du Ministre parla de tout, c’est-à-dire de rien, en continuant de mâcher son chewing-gum, et compara un des chefs de bureau à une « burne ». Le prédecesseur acquiesca poliment.

Par la fenêtre, on avait une belle vue sur d’autres ministères encore.

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