Le i-forum participatif

 

Il s’en passe des choses!

février 4th, 2004

Aujourd’hui, mon chef m’a dit: «Vous êtes le roi de l’inversion.». Il parlait de la syntaxe.

Sinon, je suis descendu à la direction juridique (a.k.a le Pays des Chats), où j’ai papoté Iran avec AC&P‘s wetdream: un peu comme un espion russe de film, rond de partout et velu, mais avec l’air gentil et un peu humble.

Hier, de part et d’autre de ma journée de salarié occidental ultra privilégié et protégé de tout même de la dépression (passant sa journée à rédiger un compte-rendu de conseil d’administration, réfléchir à un prochain post sur un blog mélangeant des paroles de Comité central et de Diam’s, recevoir les tickets restaurant du mois dans une enveloppe et baiser avec un couple), des réalités de terrainauté à la figure comme du gaz lacrymogène.

Dans le métro, une publicité dans Vingt Minutes (cf post « vingt minutes par minute ») m’annonçait, ainsi qu’à mes 60 millions de compatriotes, que 60 millions d’Africains allaient mourir du sida. Ce parallèle numéraire plus une lettre fictive d’un orphelin à Superman m’ont fait bêtement chialer. Je suis vulnérable le matin, putain.

Le soir, je suis fragile aussi. Il y avait un documentaire à la télévision sur Metaleurop.
Sur le reclassement (« L’ANPE ne peut pas traiter ces demandes. Elle va être débordée. Vous devez rediriger ces personnes vers la cellule. ») ,
sur le déclassement,
d’individus (« Oui, on m’a proposé quelque chose. Un contrat de mécanicien auto, je ne sais plus où, mais assez loin. C’était payé 4000 F par mois. Vous comprenez, j’ai une petite fille. »)
comme de régions entières (le maire de Courcelles-lès-Lens : « Non non, le département et la région ne peuvent rien faire pour nous. Quand d’autres industries ont fermé dans le VNE, le Versant Nord Est, on n’a rien pu faire non plus. Encore, maintenant, on a la communauté d’agglo. Pour ça, c’est mieux qu’il y a trente ans. »).
Sur l’impuissance de l’Etat.
Des explications administratives de la Direction départementale du Travail du Pas-de-Calais succédaient aux revendications d’un consultant en organisation ; des témoignages de chômeurs succédaient à ceux d’autres chômeurs ; des images de friches, de terrils, d’ateliers textiles vidés succédaient à celles d’une audience de tribunal dépitée et d’une Assemblée nationale reine du drama. Le tout sur fond de bossa nova sociale.

« Superman, tu sais quoi ? Mon père était bien plus super que toi ! »

Vendredi-Samedi-Dimanche

février 1st, 2004

Jeudi, thérapie de groupe chez Comité. Alex J. aime et est aimé, par deux autres mecs qui aiment d’autres encore, peut-être. L’un l’a quitté, l’autre pourrait être en train de. La solution, le trouple. Comité ne s’aime pas et aimerait ne pas savoir aimer. La solution: prendre des risques. J’aime mais la certitude d’aimer est meurtrière du désir. La solution: arrêter de vivre dans un soap-opera.

«ce mec a quand même inventé le concept de 'droit'.» «mon appart est en pente!»

Vendredi, dîner chez Xavier avec BoxingSlut et François B2. Tout le monde est fatigué (B2 est insomniaque, Xavier a eu la grippe de la dinde et BoxingLover passe ses nuits à fesser son mec); résultat, personne ne pense à balancer des méchancetés sur moi.

Xavier trouve son chef de labo «vieux et chiant» mais heureusement «il est pédé». François B2 est de nouveau bien avec son mec et on a plus le droit de dire «New York City» en sa présence. BoxingBoy fait «un boulot chiant, genre elle peut pas appeler le coursier c’est moi qui doit le faire» mais «j’apprends plein de trucs» (comme le fait que des gens gagnent leur vie en conduisant une moto). Je découvre des choses sur la profondeur psychologique de la vie amoureuse de Xavier: au tout début du fameux trouple S.E.X, il avait peur que son histoire avec son mec (toujours son mec aujourd’hui) plante; et François B2 jouait évidemment le rôle de hotline psy depuis sa voiture, avec n°3 sur le fauteuil arrière. B2&Associates, Service The World With Duplicity.

Xavier a demandé à BoxingBitch de convoquer un pote commun («Tu lui as demandé s’il vient? s’il dîne ici? s’il dort ici?»), une sorte de Julien BV avec un passé hétéro (polo de rugby + grattage de couilles). Après pochtronnage, foirage du plan fesse: tout le monde s’en va, heureusement Xavier peut se toucher sur des films de boule avec des skinheads allemands anorexiques.

Samedi. Dans la rue, devant Beaubourg, un garçon montre à sa vieille maman le musée. Elle dit : «Mais c’est Pompidou, c’est Pompidou». Elle semble tellement heureuse de pouvoir redire «Pompidou», comme il y a trente ans.

Au BHV : «si vous prenez des vis, vous avez le droit au même nombre d’écrous», et les gommettes d’art ne sont pas rangées au même endroit que les gommettes de papeterie.

Phrase définitive à la piscine : la guichetière des paniers («porte-habits») me dit : «Vous n’avez rien d’autre ? ah si, j’oubliais…» et son collègue (l’ancien interprète d’Oncle Ben’s) complète : «Celui-là il a toujours plein de choses!»

On va voir Lost in Translation avec ma copine Janaïna («Tu sais d’où vient son prénom?»). Ca donne envie d’aller à Tokyo, et de demander à Alex-Nippon de ses nouvelles (et dans un second temps d’aller à Tokyo le voir et incruster dans sa chambre d’étudiant de 10 m² et de lui demander de m’expliquer pourquoi les Japonais s’habillent comme ça).

Au resto de sushis, une jeune femme crie très fort en écoutant son portable. Tous ses amis à table ont l’air désolé, par solidarité avec sa peine et un peu par honte. Elle part en sanglotant. Pendant ce temps-là, SophCo et Gilles expliquent comment leurs boulots se passent. Gilles raconte: «il était très bizarre ce type. Eh ben, on a appris qu’il est en prison pour agression sexuelle sur ses enfants».

Après, on prend un verre avec les mêmes, et un pote de Gilles qui dirige le fan-club français de «La vengeance aux deux visages» (SophCo est secrétaire générale).

Les chats n'aiment pas la salsa.«Sur KoreanAir, les repas c'est bouffe occidentale infecte ou bouffe coréenne pas bonne.»

Dans le bus, des djeun’s ’tos me demandent mon métier («vous êtes artiste?»), si j’ai une copine et si je suis seul, de montrer le tableau que j’ai sous le bras, si je suis passé à la télé, de dédicacer le panneau de Noctambus qu’ils ont piqué.

Re-phrase définitive de Gilles : «en conclusion, il n’y a pas de solution».

Dimanche, traînage chez ComitéCentral et LizMary (au-dessus d’un jour sur deux, fiscalement c’est une co-location). LizMary utilise le shampoing aux fruits de Comité. Elle se promène à moitié nue dans l’appart pour allumer le voisin d’en face. Elle drague un nommé «Pitchou» sur Meetic et le harcèle téléphoniquement («Je lui ai dit de m’appeler, il m’appelle et quand je lui fais: ‘t’es trop prévisible’, il me raccroche au nez ce salaud»). Comité mange un coussin et ensuite réalise: «c’est super bon, les pâtes avec de la crême 5%». Après, ils font une démo d’une nouvelle technique de branlette espagnole («ça irrite les couilles.»), apparemment Pitchou est interessé mais refuse de partir du Chesnay quand même.

«Je ne suis pas à Paris: hier soir c'était un road-trip un peu fou...»«Où tu mets tes doigts coquine?»Passivity #14
«Il dit que je parle tout le temps de cul. Alors après, il me dit qu'il est dans son lit, forcément je lui demande s'il est en train de se masturber. - (Comité) C'est vrai qu'il est un peu gamin»

Emerge From Nothing

janvier 31st, 2004

AC&P
Able Cables and Phones
Aurelio Candido & Partners
Animal Care and Protection
Athorn, Clark & Partners
Advanced Chips & Products
Atchison Colorado & Pacific
Advertising communications and promotion
Anthony Chiang & Partners
Air conditionning and pressurization
Automaçao, controle e proteçao
Automation, Control, Protection

All my people on the floor. So many comments. Too many DJs. Mais, hey, AC&P, you don’t need to emerge from nothing, ou bien ?

Meanwhile, quelqu’un quelque part me claviote :
« Life here is nice as I’ve decide to stay in my shelter for ever and
ever. I’m happy in mi job, with my friends and the rest is bullshit. Hope
you’re going fine in your life, »
You don’t need to emerge from nothing, vraiment ?

Adulescence

janvier 30th, 2004

Le long des voies de Montparnasse, jadis, un tag disait: «Vive la guerre populaire au Pérou! Vive le PCP! Fujimori génocide!» Aujourd’hui, sur les taules d’un hangar (de Clamart, de Vanves-Malakoff?), ça a changé: «Le taggueur du coin de la rue vous souhaite de bonnes fêtes».

Je ne peux pas toujours mettre des commentaires marrants. Bon ok, sur la suivante peut-être. Bayrou au grand jury RTL/Le Monde:«Vous pensez à 2007? -Jamais.»

Dans la piscine, l’ennui de l’aller-retour, et retour, laisse l’oisiveté de la réflexion. Je me suis dit que le bonheur de l’enfance tient à ce qu’elle est un monde d’ordre, de prédictibilité, de répétition. Petit, j’ai rédigé une fois pour toute le plan de table et la liste des étapes du dressage de la table de Nouvel An, parce que j’avais la certitude que tous les ans je fêterais à Toulouse le Nouvel An.

Vouloir la sécurité dans le chaos de l’âge adulte, où tout meurt (et d’abord soi),et passe, et dépend de nous mais ne pourra être accompli à la fois, ce n’est pas seulement une posture réactionnaire, c’est un désir régressif. Comme tel, voué à l’échec.

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