Le i-forum participatif

 

Chiasmes

mars 15th, 2004

Samedi de jour, Nadia avait voulu, la veille, de son mec la vérité sur l’état de leur relation; la réponse n’était pas celle escomptée. ChelseaBoy commentait: «toi Julien, tu l’as quitté parce qu’il était plus intelligent que toi, non?»

Samedi soir, FFB pendait sa crémaillère au haut de Ménilmontant. Au début, il y eut LeFaune mixant seul face à un prie-dieu rempaillé (so John Galliano). Gerboise in Disguise portait la barbe et un déguisement «Gerboise in Disguise». Gilles buvait mutiquement, posé contre un mur («c’est du vin espagnol»).

Ensuite, il y eu des successions d’entrées: Etienne O. répétait qu’il était petit, gros et moche afin qu’on lui touche son nipple gauche. Il m’apprenait les déboires de Louis-Georges face à l’homophobie de l’Université. Arnaud-Camille et Comité arrivèrent tardivement, car ils avaient enregistré un mix (avec des cassettes deux-titres) des futurs meilleurs titres de la «Mort Aux Jeunes». Léo Ferré/Serge Reggiani avait apportait du cake aux olives. Shinin’ Karen provoqua les hauts cris quand elle apparut, méchée et emperlée.

Comité était désormais distribué chez des disquaires minimalistes. Il allait faire ses autocollants car il y avait eu consensus au sein de son panel consultatif de filles à pédés, pédés-modeuses et pédés-pubeuses. De son côté, Lehandrö avait dit dans 75% des cas la vérité dans le cahier emploi de Freedonia. Quelqu’un avait re-revu quelqu’un d’autre. Un second quelqu’un avait revu, lui aussi, un deuxième quelqu’un d’autre. Ce second quelqu’un regardait, par surcroît, le cul de Thierry/Zézetta.

Dans le couloir, Manu («aahh, Manu») parlait avec emportement de bareback; ensuite, avec sérieux à une lesbienne. Dans le confessionnal, Comité et Karen faisait leur gymkana à même la moquette. Sur la moquette, Jean-Michel Foucault démarra son set par un verre de bière, et «California dreamin’».

Dimanche, j’étais allongé sur le lit, sur les manteaux. Mais je voyais bien les flashes des mille photos prises par LzMry sur le dancefloor ecclésiastique.

Partout, François-Fillette s’affairait en souriant. Il s’était fait jadis dédicacer Le Rose et le Noir (mais son amitié avec Martel n’avait pas «grandi»). Xavier P. partit en même temps qu’Etienne O., mais sans.

La soirée devint tactique et tactile. Gilles et moi, AC nous voulut, puis nous refusa comme &P («je ne te désire pas, et puis je ne veux pas fragiliser notre amitié»): Il avait dégrisé. Anthracite, Gilles fut embrassé par Antonin/Saturnin, mais «j’ai rien fait moi, et puis je le connais pas ce garçon».

Des hétéros gentils incrustèrent et se déhanchèrent sur de la trash-opérette lo-fi, mais LzMry refusa néanmoins de prendre le numéro du plus joli d’entre eux («il est ivre»). Elle retrouvait de temps à autre la bouteille de PepsiMax.

«Père absent, piercing au téton, manières de folle, fait pipi assis... -- Tu es sûr qu'il est hétéro?»«Comme je suis pas photogénique, j'ai trouvé personne sous Gayvox»«Tu me la passeras pour CiteGay?»
«je suis sûr que j'ai baisé plein de fois mais on a mis du GHB dans mon verre»Wilfried et une amie
«Tu crois qu'il y aura du sucré?»sans titre (Transpiration de tendresse)

Sur un canapé, Eric M. caressait le visage du rebeu à grosses fesses. On partit.

Dimanche, après-midi, BoxinBoy remarquait qu’il ne nous voyait plus et qu’on ne l’appelait pas. Il parlait du labyrinthe des passions en buvant un petit crème. Dans le Luxembourg, il voulait marcher dans les allées et moi, divaguer, mais bien assis sur une des chaises de métal peint. Il disait: «il n’aime pas grand monde… mais toi tu es son préféré». Il parlait de lui, et de son mec. Il redisait ses vieilles amours: «j’aime les garçons intelligents et incultes».

«ma soeur s'est fait faire un sabre sur mesure, c'était une dague!»«J'aimerais aller bosser dans un pays en -stan... Les Guarani j'en peux plus, toujours à dire: 's'il te plé de l'argent' !»«j'aime pas les queer studies, mais je suis prêt à en publier si ça rapporte de l'argent»

Je me réveillai tard, je craignis de rater l'avion. Je laissai mon chez-moi dans un état proche de l'Ohio, me précipitai au RER -- mais le calcul erronné, la veille, du temps de trajet, et les marges de sécurité rajoutées par ma maniaco-dépression atavitique, rattrapèrent l'acte manqué.Ma grand'mère reçoit la Lettre des amis du professeur Lejeune.Lorsqu'il écoute la conversation, mon grand'père prend un air dur, fermé; on craint qu'il ne se fâche. Mais sa colère n'est plus ce qu'elle était. Il se concentre juste pour entendre et comprendre. Tout à l'heure, il pestera et radotera contre les cégétistes, les chercheurs qui ne trouvent pas.
J'ai croisé deux manifs dans la ville en deux jours: l'hôpital et la recherche.Le nouveau logo de la Société d'économie mixte des voyageurs de l'agglomération toulousaine: d'où vient l'argent?Ma grand'mère m'a fait faire un tour jusqu'à la galerie marchande (trois boutiques glauques). Après, elle m'a montré une avenue ombragée: «c'est là qu'on va se promener avec Papi, tu vois ce n'est pas très amusant.»
On dit (les Toulousains disent) que Bordeaux est une ville bourgeoise, fermée, hautaine. Je n'arrive pas à comprendre la forme que prend la bourgeoisie ici.La femme de ménage de ma grand'mère -- «avant elle était riche, elle avait une belle maison avec piscine, mais elle a tout perdu» -- vit d'incroyables histoires de captation d'héritage. Le don grand'maternel de conter le quotidien s'en régale.A force d'errer dans les rues, le long des canaux de la ville, j'ai fini par réapprendre son plan que j'oublie toujours, d'une fois sur l'autre.

Petites tartines

mars 12th, 2004

Ca continue avec Toulouse et La Télévision. Pour Toulouse, il faudra attendre que j’ai de nouveau les logiciels photo pour voir. Pour La Télévision, c’était tout vu, mais quand même.

Hier soir, Olivier Mazerolles engueulait les gens qui ne disait plus ce qu’ils avaient dit au téléphone et qui les avait qualifiés pour la finale de : «Les Français vs. les politiciens». Il engueulait les politiciens qui voulaient répondre même quand c’était pas leur tour et leur temps de parole, et les obligeait à parler quand c’était leur tour et leur temps de parole (genre: Arlette Laguiller sur la création d’entreprises, Mamère sur le BTP etc.). Mazerolles disait toutes les cinq minutes: «il y a encore plein de Français qui ont des questions à poser» et «après on a un direct avec l’Espagne, alors vite». Perben parle concentré et bien et lisse comme son front lifté et ses cheveux gominés. Le Pen a beaucoup fait, apparemment, pour l’intégration des Noirs et des Arabes fascistes. Mamère faisait un petit sourire (cf. SophCo quand elle vient de mentir) chaque fois que son outrance gauchiste mettait Perben hors de lui. Buffet et Laguiller étaient les seules à avoir connu la misère (jeunes, plus maintenant). J’ai d’ailleurs trouvé Buffet plus vraie et plus sincère, plus juste dans le ton quoi, que les précédentes fois. Même Hollande levait les yeux au ciel d’incrédulité, quand Perben se montrait tel qu’en lui-même: le thatchérisme, le guizotisme triomphants, repus et insouciants.

Ce midi, Jean-Pierre Pernault jouit dans sa culotte de dire: «c’est peu être al-Qaïda», «rien n’exclut la piste islamiste» et «60 personnes entre la vie et la mort».

nutella

mars 12th, 2004

Les posts de PatCo et Matthieu sont drôles et m’ont fait du bien parce que je m’apprêtais à mettre un post juste pour dire que ma semaine est une tartine de merde dont j’ai dégusté chaque jour une bouchée.

Comme l’expression « tartine de merde » a été utilisée 87 fois sur ce blog ces derniers jours, j’ai hésité à le faire puis je me suis dit : « Oh puis point de tergiversation. Après tout, Freedonia est le lieu du parler vrai, oui ou non, ou bien ? Mais quelle heure est-il ? Oh ! »

Lundi, ma journée a été une tartine de merde. Mardi, ma journée a été une tartine de merde. Mercredi, ma journée a été une tartine de merde. Jeudi, ma journée était tellement une tartine de merde qu’au supermarché, mes gencives tremblaient tandis que mes pas et mes yeux glissaient, épileptiques, entre les rayons nourriture pour animaux et hygiène de la maison, en y revenant sans cesse, alors que je n’avais besoin de rien à ces rayons. En rentrant chez moi, j’ai essayé de m’enfiler un grand verre de whisky on the rocks mais je n’ai pas réussi parce que je n’aime pas ça alors j’ai vidé mon verre dans l’évier en évitant de mouiller la vaisselle sale (mort aux jeunes indeed). Vendredi, ma journée est une tartine de merde pimentée par une brouille avec une amie chère. Je déguste par avance ce que me réserve ce week-end.

Hier je ne me suis pas informé sur Madrid. Je suis allé voir confidences trop intimes.J’en ai retenu plusieurs choses:

-Les bourgeois étalent eux même la merde sur le pain.

-Il n’est pas possible de laisser la moitier de sa tartine de merde sur le bord de l’assiette. Il faut la finir.

-le seule pouvoir du psy est d’aider le bourgeois à retrouver une tartine de merde perdue.

-Même une fois que le bourgeois croit s’être liberé de sa tartine de merde, il lui reste toujours des miettes collées au menton.

-Se faire une nouvelle tartine aide à digerer la précédente.

Conclusion: La vie est une sucession de tartines de merde.
Question: Quid du tartinage allogène?

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