Le i-forum participatif

 

Le salaire de l’ennui

avril 6th, 2004

La matinée incarcéré sur le banc des ministres du Sénat à un mètre du sous-ministre des pauvres du dehors a été plus funky que l’après-midi somnolée en salle 1 de l’Organisation. Hélène Luc (CRC, Val-de-Marne) lisait scrupuleusement le texte préparé par ses assistants, ce qui permit a chacun d’admirer son total-look Shakira (woa-ooh-woah): col faux-vison et ceinture en strass. Le président de séance Vinçon avait une tête de notaire raté et de vrai faux-derche, et un seul gimmick de salut: serrer la main, cligner l’oeil gauche et dire «bonjour cher collègue». Par comparaison, la présidence de séance de Gaudin était une mine d’humour santinien et de bons moments Jean-Marc Thibault. Du style:

(Gaudin) «l’amendement n’est donc pas adopté!»
(JP Sueur, SOC, Loiret) «… de justesse là!»
(Gaudin) «M. Sueur, il n’y a qu’une assemblée où on presse les boutons ‘oui’, ‘non’, ‘abstention’ et ‘prendre le temps de la réflexion’, c’est l’Assemblée des évêques et vous n’y siégez pas.»
(Sueur) «je n’en suis d’ailleurs pas digne…»

ou encore:

(Mme Cerisier-benGuiga, SOC, Français de l’étranger) «M. le président, mon nom se prononce comme l’arbre.»
(M. Poirier, UMP, Val-de-Marne) «nous sommes deux arbres ici.»
(rires sur tous les bancs)

Bref ça a blagué, et traîné, et Gaudin voulait absolument aller au déj avec les Lords, résultat mes projets de loi (et le discours avec «efficace et solidaire» dedans, promis à Comité) sont tombés à la trappe. Seul gloss sur cette tartine-de, la présence du conseiller parlementaire de D…, so-pédé de droite.

(D...) «c'est la RDA, les communistes: ils veulent des rapports sur les rapports»«Je vais lire l'amendement pour vous, Mme Cerisier»(Raimu) «Mme la présidente Luc, n'abusez pas de ma faiblesse pour vous»
«Œuvrer ensemble pour le progrès»«Dialogue, consensus, examen et pression par les pairs sont au coeur de l'Organisation.«Monsieur le président, la France souhaite qu'il soit mis un terme à toute cette déco moche.»

François B2 en avait marre de la bouffe toc, il voulait un tartare. Il parlait du village mondial et utilisait des mots comme «de toute beauté», «impaludé» et «on ne peut pas du tout plaisanter sur le Roi». Moi, j’avais un plan pour jouer au diplomate à Sao Paolo.

Le serveur avait la tête d’un boxeur de Rousseau. Sa gentillesse étant suspecte — on était au Beaubourg –, B2 décida d’aller vomir la purée au toilette. On rentra; il faisait frisquet, «là-bas maintenant c’est comme la Canicule».

09h17 : Arnaud-Aurélien reçoit Martine, sa nouvelle esclave-stagiaire : « Je suis désolé, Martine, je suis en retard pour ton premier jour, ça craint. C’est à cause du tea-dance dansant au Fun Café, hier. »

12h14 : Arnaud-Aurélien fait faire un tour de l’agence à Martine, sa nouvelle esclave-stagiaire, pour la présenter aux collaborateurs : « Martine, Connie ; Connie, Martine. Martine va être ma stagiaire-esclave pendant des années. Connie, tu peux lui expliquer sur quoi tu bosses, je n’ai jamais très bien compris ?
– Alors je travaille sur des dossiers essentiellement presse en b-to-b mais aussi b-to-c ; c’est du grand public essentiellement mais aussi du corporate. Mes clients sont FG, JAP, Broute-Moi SA composants pour animaux. J’ai rien oublié ?
– Ouais, et voici Barbara. »

12h48 : Arnaud-Aurélien propose à Martine d’aller déjeuner : « Martine, j’avais prévu d’aller retirer mes photos de talons de putes à frange et d’Amanda Lear à la photoboutique des Galeries (j’adore aller aux Galeries), mais te laisser bouffer seule comme une pauvresse pour ton premier jour, ça craint, c’est pas convexe. On attendra le deuxième, ‘right ? Tu veux quoi ? une quiche ? »

16h14 : Arnaud-Aurélien briefe Martine, sa nouvelle stagiaire-esclave, sur ses missions : « Là, tu cliques sur la petite croix pour désactiver la sélection. Après tu fais ta sélection avec ton curseur. Non, là tu coupes ton texte ; recommence. Après tu cliques sur contrôle de ton image. Je ne sais pas pourquoi, c’est absurde parce qu’on ne contrôle rien et on meurt à la fin. C’est la précédente stagiaire-esclave de l’équipe qui m’a dit de faire comme ça. Elle était espagnole et avait 32 ans alors j’ai dit vale-ça marche. No te preocupes, anyway : tout cela sera balayé par l’Histoire. »

17h11 : Arnaud-Aurélien reçoit enfin un coup de fil professionnel de son ami Lehändro : « Ecoute, Arnaud-Aurèle, je suis en panique, là, j’ai eu un message de Shakira. Elle veut qu’on organise un before autonome asap.
– Ecoute, Léhándró, tu l’appelles et tu envoies un mail au team, ‘right ?
– D’accord, je fais ça. Ouais. Mmh-mmh. Ow-kay. Ça marche.
– DJ ! La vie est une tartine de gloss, ou bien ? C’est la saison des tapirs, remember. »

18h20 : Arnaud-Aurélien rit en préparant son CR de la journée pour le blog de Frédo. Il se dit : « Le blog de Frédo, c’est un peu la i-matrice de l’échappatoire, finalement, en fait. » Puis il se dit « vite » pour être à la photoboutique des Galeries avant fermeture.

Ce soir, été mangé du junk food et regarder de la queer TV chez Raphaël, un ami de Gilles. Entre deux scènes de Samantha («Whoa, this is a package. May I help you with yours?», «this is NOT a nuque massager, this is a vibrator!»), une info importante de Séverine Ferrer (la soeur de Gilles): Kylie Minogue arrête sa carrière pour se consacrer à Olivier Martinez. Comme quoi, tous les acteurs de «Classe Mannequin» et de «Neighbours» n’ont pas raté leur vie.

Après, dans un bar, croisé plein de gens par hasard (as if). Stéphane V. (aKa «sacs à main») avait cassé et bu. Christian B. avait des doutes et bu (un Coca light, avec une paille s’il te plaît).

«Je me rappelais pas que la moyenne d'âge était aussi élevée à l'Open»
«Il est chez ses parents en Belgique. Je sors avec un danseur de 22 ans»«Est-ce qu'on peut être plus heureux avec quelqu'un d'autre?»«C'est incroyable le nombre de gigolos qu'il y a ici!»
Sans titre (flashmob rue Quincampoix)

«A la pointe du progrès, l'industrie française de télécommunications a mis au point cet appareil composé d'une caméra de télévision et d'un écran associés à un poste téléphonique. Expérimenté à Biarritz en mars 1984, cet appareil permet aux interlocuteurs de se voir tout en se parlant»
«Dans un décor ultramoderne, mais froid et impersonnel, une vingtaine d'employés, au maximum, suffisent à l'écoulement de trafic. LES FICHES ONT DISPARU. Un appareil à touches, un pupitre et un cadran les ont remplacées.»

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