Le i-forum participatif

 

sans titre (archive)

avril 18th, 2004

Benjamin m’a prêté le premier album d’Archive (prononcez Arkaïve). Il date de 1996 : à l’époque, ils trouvaient que le trip-hop était un bon créneau. Après, ils ont pensé que le brit-pop était quand même plus PERENNE. Je l’ai écouté (je ne l’avais pas écouté depuis 1997) en dégustant des TARTINES et du maïs dans un bol. CLASSIQUE un dimanche soir, me direz-vous. En 1997, j’étais un adolescent. Sept ans après, même en enlevant le FACTEUR NOSTALGIE, ces nappes mélancoliques – il y a MÊME DES NAPPES CACHEES – me plaisent toujours autant, flattent toujours autant mes états de SPLEENAZE qui ne fume même pas, ne boit même pas et n’a même pas de boutons. MALHEUR ! soi est un MONSTRE ; parler de soi est un PIEGE. So fuck you anyway.

Les 6 erreurs sont un jeu

avril 14th, 2004

«Le problème avec la polygamie, c'est qu'on a pas le temps pour tout le monde» (François B2)«Maintenant, j'ai un pass permanent Univers Gym, j'suis perdu pour l'amour c'est clair» (François B2)«Ce qui est con avec les Verts, c'est qu'ils sont ouverts d'esprit mais pas...» (Bertrand S.)
«Mais de toute façon tu l'as vue ma bite non?» (AC&P)«Je ne veux pas qu'on me prenne en photo, je suis un homme de l'ombre» (Stéphane J.)«Si tu me touches, je sais que tu vas me mettre un doigt dans le cul» (Comité Central)

Je sors à Mairie d’Ivry entre un immeuble moche et un escalier. Il faut marcher un quart d’heure pour arriver jusque chez Isabelle mais ça vaut le coup : quelques mecs en survêt provoquant William par-delà le périphérique, des enseignes à faire craquer Lise-Marie et trembler les preuves des études américaines (« Porte du Métro », « le Luxo », « Centre municipal de santé »), des affiches à remplir les carnets et les sites web de Patrick (Che Guevara en soutien au PCF, « Et vous, vous en êtes où avec l’anarchisme ? »). Partout où je vais, je pense donc à mes amis mais à Ivry-sur-Seine, avec ses grandes artères qui s’appellent Lénine et Robespierre, je pense aussi aux villes marquantes : Créteil, Limoges, Manchester.

Chez Isabelle, il y a des amis du lycée que j’ai revus par hasard il y a quelques semaines, mon premier petit ami que je n’ai pas vu depuis six ans et que je suis censé détester, d’autres gens du lycée qui n’étaient pas mes amis, d’autres jeunes encore. Dix minutes après mon arrivée tardive, un débat est lancé sur Vincent Mac Doom. Reprenant les arguments de Fabien, je soutiens qu’il n’est pas un travesti. Nicolas, le mari de Laetitia, propose d’autres lignes de distinction : les mecs normaux et tous les autres qui sont des pédés. Je rétorque en éclatant de rire que je n’ai pas pris trois métros, attendu l’un d’eux douze minutes et marché un quart d’heure environ pour me faire insulter. Un autre débat sur le prénom de leur future fille me donne l’occasion de le faire chier en proposant tous les prénoms androgynes qui me viennent à l’esprit (il est déjà père d’une petite Camille qui dort à côté).

Plus tard, je dis toujours n’importe quoi en jonglant avec les joints qui circulent en sinusoïdes – ce n’est pas une barrette de shit qui est posée sur le plateau fleuri à confection de pétards de la sœur d’Isabelle, c’est un Raider®. Julien, mon premier amour, est de plus en plus beau mais dit « c’est sûr » à la place de « c’est clair » parce que ça l’énerve. Soudain, je suis pris d’une lisemarite paranoïdale et j’ai l’impression que Beaufita se fout carrément de ma gueule. Julien me dit que je n’ai pas changé à part la coiffure, je suis tout pâle et Isabelle me prépare mon lit avec une immense bassine au cas où et un oreiller couvert d’un singe Waïkiki®.

Le lendemain matin, dans le métro, même l’édito d’A Nous Paris me rappelle les dissertations d’économie de terminale : « Aujourd’hui, les marques s’affichent mondiales, parlent de la même façon à Jakarta, New York ou Paris. A l’heure du village global, de la communication de masse et d’internet, la canette de soda, le jean ou le t-shirt sont bla bla bla. » En route vers les restes de l’œuf de Pâques et la séance diapos à Suicide-en-Brie. En banlieue sud.

(couple)

avril 13th, 2004

Le conseiller parlementaire joli et so-pédé de droite de D¤arcos, croisé au Sénat mardi dernier, m’a dragué par le truchement de Gayvox. Il avait adressé dès le 9 des messages un peu byzantins («j’ai croisé au boulot un Pat qui te ressemble») mais ce n’est qu’au retour du cours séjour normand que j’ai fait le rapprochement (dans un nouveau message, il parlait d’une «matinée perdue»). Appelons-le Stéphane J.

Dimanche soir, tandis que Gilles attendait le sommeil dans mon lit, je guettais sa venue du coin de l’oeil. Lundi matin, alors que Gilles retenait encore un peu le dormir, déjà l’air de rien je vérifiai qu’il n’avait pas laissé de texto — je lui ai donné mon numéro de portable. Lundi soir, à dessein j’ai demandé à Sophie de rentrer tôt de chez Papa et Maman.

En effet, je l’ai croisé dimanche soir tard, et je lui ai parlé sur Internet pendant peut être deux ou trois heures. Il est jaloux, en particulier de ce que j’aie déjà un copain. Il est séducteur, possessif, très politique aussi à cet égard; il fait de la politique depuis ses seize ans. Il m’a raconté dans les grandes longueurs sa dernière histoire sentimentale ratée avec quelqu’un de l’Assemblée, dont je ne suis pas sûr de comprendre bien si elle était une menace ou la promesse de trésors de passion. Il a en effet à ce quelqu’un barré la porte d’un cabinet ministériel, car «il m’a fait souffrir, j’en fais autant».

Il est macho et réac, et sûrement sans foi ni loi. C’est bien dur de résister, même si je sens tous les problèmes du sexe adultère avec un supérieur qui ne partage aucune de mes idées. Je le revois ce soir.

Seul Bertrand S. est au courant (d’ailleurs depuis le début, j’ai dû lire les messages de Stéphane depuis son poste au Département). C’est un exercice d’équilibriste pour moi que ce quasi-mutisme.

Jeudi, Anne-Claudie tranchait dans le vif, constatant «donc tu es au chômage pour le moment» et demandant «et ton couple, ça se passe bien?» Philip, ça lui allait mieux sans la barbe. Les serveurs du «Potager» passaient par la rue pour apporter les plats, et Claire avait été en retard au théâtre à cause de l’alerte à la bombe à Châtelet-Les Halles, mais de toute façon «c’était bien mais pas génial».

Vendredi, me faire chier dessus par un pigeon dès le matin n’était pas un présage faste pour la permanence de nuit. Les deux gros classeurs de consignes passaient sans transition d’une vanne almodovarienne sur Farah Dibah dans Laberinto de pasiones (section: «les urgences protocolaires, qui a le droit aux escortes motocyclistes?») aux catastrophes radiologiques.

On rentre dans le bunker souterrain du Département par un sas à la James Bond, mais épuisé de faire pschouf-pschouf (comme dans la station spatiale d’«Y a-t-il un pilote dans l’avion?» 2, ou comme le fer à repasser de «Téléchat», c’est selon). J’avais vraiment les chocottes devant l’interphone de l’accueil, avec peine j’osais appeler pour qu’on m’ouvre. Nous franchîmes un grand couloir moche, tout droit vomi des années 70. Sur le mur, un plan du monde genre SPECTRE, genre Michel Barnier est le Docteur No; mais la pieuvre géographique du Département est marquée par des punaises de couleur sur un plan IGN fatigué. La chiffreure de permanence ouvrit la petite cellule des urgences de nuit, qui ressemble à une chambre d’EtapHotel, sans la vue sur la bretelle d’autoroute.

Le plus angoissant, au départ, c’était de ne savoir pas où sont les autres permanenciers. Il y a deux chiffreurs, quelque part, et la voix du garçon du standard, ailleurs. A la téloche, Patrice Drevet, icône de la génération des «Filles de 1973 (ont trente ans)», faisait du Jean-Claude Briali sur les cieux de traîne.

Où sont les toilettes? Je n’osai pas sortir explorer le moche couloir. Au moment où je me captivais pour «la Crim», le téléphone sonna; M. et Mme V. de Chaumont disaient que leur Sylvain avait eu des «bouffées délirantes» à l’aéroport de D***, «il faut un rapatriement sanitaire, c’est pas un drogué Monsieur, il est juste un peu paumé, mais nous on en peut plus, même s’il faut lui faire une piqûre pour lui faire prendre l’avion, nous on est d’accord, et après il faut le mettre à l’hôpital parce qu’on n’en peut plus». J’essayai de comprendre laquelle des deux procédures (1- le SAMU est prévenu, 2- le SAMU n’est pas prévenu) était applicable, je flippai un peu de faire une connerie. Comme disait la musique d’attente du SAMU, «I’m All Shook Up».

Le téléphone resonna. Cas nettement plus rigolo, la sheikha du Q*** rentrais à la maison (au palais?) avec les 27 personnes de sa suite. J’avais bien vu un truc sur les ouvertures des halls d’honneur, mais pourquoi voulait-elle des clebs pour renifler ses bagages? «Affirmatif», me dit le flic de permanence à la PAF du Bourget, pas plus perturbé que ça.

Couché 2 heures, après plusieurs conversations avec une dame du consulat de D*** («ça fait deux fois en une semaine qu’on a des problèmes à l’aéroport… il a monté le ton au guichet d’embarquement, ici c’est très mal vu»). Reveillé 7h20 par les époux V.

Vrai que la viennoiserie est mieux que le plateau repas.

«oui, j'ai Dubaï en ligne pour vous.»Les parents et le consulat se demandent qui va payer le billet-retour.«d'après les policiers à l'aéroport, il est tout à fait ivre»

Samedi, mariage de mon amie Anne-Karine, du culturel de Londres dans le château ou Sissi a passé la saison balnéaire of ’75. Avec des Anglais et la côte normande. Avec du kir-amaretto et une longue discussion avec Morgane sur la fracture culturelle au Maroc. Avec des bébés qui ont des horaires de nightclubbers et «Crazy In Love» version Blur. Avec du bilinguisme pâtissier (Menthe / Mint). Avec un photographe français (travaillant à Londres), qui m’expliquait que je pouvais éviter les photos jaunes avec l’option «éclairage au tungstène». Et Vincent Delerm qui avait failli venir, «mais il y a la promo de son nouvel album», et moi à érailler ma voix en montant à la fin de chaque phrase en répétant: «Kensington square, Kensington square».

Sassetot-le-Mauconduit, après Valmont mais sans aller jusqu'à Ecreteville-s/-Mer
«Y'a un menu veggie; Tu crois qu'il y aura Nicole et Eugénie? -- et du paté au champignon?»«ils ont vraiment des têtes d'Anglais»«Ca me fait bizarre, que personne n'aie changé comme ça...»
«Pete, It's so weird that you met such a sophisticated, beautiful, intelligent woman. Where you drunk at the time Anne-Karine?»«A chaque fois que je vois Anouk et Fabrice, je fais la thérapie de leur couple. Comme si j'avais réussi ma vie sentimentale....»«... heureusement que Truco Bello a pris 10 cm de cheveux»
Crazy In LoveLe pays du cidre brut, des vaches blanches, de la crêpe au beurre et de ChelseaBoy

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