Mon petit patounet,
Merci pour cet anniversaire sublimissime où vous fûtes un hôte hors pair; votre guest-list était à l’image de votre réputation et je n’aurais pas fait mieux. Vous avez un art de la réception qui dépasse l’intelligence (non-non, je n’en fais pas trop). Je suis vraiment désolé de ne pas avoir pu rester jusqu’au bout afin de participer au bouquet final sur la couche, mais je puis vous assurer que les quelques heures que je passai en votre compagnie furent un ravissement de tous les instants et de tous les sens, le gustatif le disputant à l’auditif.
Bien à vous,
Dorian
PS : je te bats au gay-o-meter : 56 %.
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J’aime assez l’idée que ma salle de bains ait été quelques minutes une mini-backroom, notamment parce que c’est une attraction qui m’amuserait beaucoup dans les soirées des autres. Que Gilles y participe sans moi, de façon très insouciante, ne cherche pas du tout à m’impliquer à ce qui s’y passait quand j’y suis rentré, m’a en revanche mis assez mal à l’aise. C’était peut-être jalousie de ma part. Ca renforçait le désarroi provoqué par l’écho, très exagéré, de plaisanteries sur moi qu’avait faites Comité dans l’ascenseur.
Aussi, je l’ai trouvé d’une certaine façon distant, souriant et indifférent (j’ai eu beaucoup de mal à trouver ce dernier mot). C’est étrange, car de mon côté si la relation s’est érodée ce n’est pas en tournant au dégoût (qui est l’indifférence physique réveillée, laissée à vif), et moins encore à l’indifférence affective. Je voulais lui dire que j’étais content qu’il soit là, que la recette du savarin venait du livre son cadeau, mais je ne l’ai pas fait, parce qu’aucun moment ne s’y est prêté. J’aimerais avoir le courage de lui dire tout ça, mais je ne pense pas avoir cette ressource-là, et je ne crois pas que ça améliorerait la situation.
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Ce soir, signature de la promesse d’achat de mon futur appart’ de la rue Fontaine, chez une notaire sympa, Mlle de la M…, derrière la Madeleine (soit dit pour planter la bourgitude d’ensemble). Hier, j’avais visité la cave qui s’avère être vieille et moche, pleine de moisi et au bout d’un couloir de briques, sombre et étroit, un peu à la Tardi dans «Adèle Blanc-Sec». Donc, on voulait rajouter une clause là-dessus, je sais pas quoi. On appelle la notaire du vendeur, à Cognac, endroit où, soit dit en passant, on doit s’emmerder ferme en toutes époques de l’année. D’après ma mère, en plus, ça ne doit plus payer niveau notaire les ventes de terrains viticoles, «avec l’effondrement des ventes de cognac».
Et là, c’est le drame. La notaire en question est «mauvaise ambiance» (dixit ma mère), et ma mère confond l’achat d’un appart’ avec la fusion Lyonnaise des eaux / Dumez. Le ton monte en trois secondes. Ma mère dit qu’il y a eu «vice caché»; la notaire dit que pas du tout, j’ai vu les champignons fluo orange avant la vente. J’objecte mollement que le papier avait déjà été signé par le vendeur. Elle s’énerve, dit que la cave est un plus pour moi (dissonance cognitive) et que si on est dans cet état d’esprit, elle va aller voir d’autres acheteurs potentiels (mauvaise ambiance).
Je tente une percée conceptuelle énorme en disant que je me tape totalement de cette cave, qu’ils pourraient la garder; mais ma notaire et ma mère se suicident sur place, je dois renoncer. Tout ça se solde dans un Spielkrieg hallucinant de clauses résolutoires.
Ce soir, je suis aussi l’heureux futur propriétaire de planches vermoulues souterraines.
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Tout à l’heure, j’étais à un séminaire/petit-déj chiant organisé par le Cepii, et j’ai croisé un personnage bien connu des sciences-po et ex- parmi les lecteurs de Freedonia, le foyer de la diversité: Imelda Marcos. Enfin, la fille qui ressemblait à Imelda Marcos et qui s’habillait *toujours* avec des tailleurs voyants et des chaussures coordonnées. Elle était systématiquement la casse-couilles de service de mes confs les plus pénibles (allemand, grandes lignes de partage du monde contemporain en anglais, etc.).
Une bonne occasion de rappeler le nombre de paires de chaussures d’Imelda Marcos au moment de la retraite politique prématurée de son mari: 1060, et de vous inviter à savoir pourquoi les pédés ne votent pas pour Corry Aquino.
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