Le i-forum participatif

 

«The Best Is Yet To Come»

juin 21st, 2004

Ce soir, ma mère et mon père se sont engueulés (moi aussi je peux écrire un blog de banlieusard de 15 ans). Mon père avait renversé de la caïpirinha sur le coussin de la cuisine. J’avais rapporté de quoi faire de la caïpirinha pour la Fête des pères. «De toute façon, on peut pas faire un mouvement dans cet appartement. — On va pas avoir la même discussion en boucle, j’ai pas assez de place dans cet appart’ et tu n’aimes pas les maisons. — J’ai peur dans les maisons.» Ensuite, ma mère m’a parlé d’un courrier du Trésor public, rappelant un retard d’impôt dû par sa soeur morte. Après, elle a pleuré mais je suis le seul à m’en être rendu compte parce qu’il y avait Espagne-Portugal.

Ma soeur ne voulait pas céder sur mon argument post-CNUCED, comme quoi c’est bien que les produits du Sud circulent librement mais pas que leurs prix se fixent librement. Après, j’ai réfléchi aux conséquences de ce que je racontais, et je me suis dit que c’est parce que le cacao ivoirien arrive librement dans ma tasse (à son prix libre de maintenant ou à son prix plus élevé, régulé, d’avant) que les Ivoiriens doivent importer leur bouffe quotidienne. Ou que le vil prix des IPod (… IPod!, IPod-IPod), qui assure le bonheur de tous les Jean-Michel Foucault du monde, dépend de la perpétuation de la misère de l’armée salariale de réserve dans les taudis de Shanghaï. Que notre bonheur matériel (indépendamment même de la libéralisation des économies du Sud, et du seul fait qu’il est) ne fait pas qu’anticiper celui du Sud, mais probablement l’empêche irrémédiablement.

Tout à l’heure, rue du Château-d’Eau, l’odeur du barbecue dans la chaleur presque estivale était la même que celle de la kermesse de Saint-Georges, celle de Meudon quand j’étais petit, le jour de la Fête des pères.

Au téléphone, ChelseaBoy m’a dit: «Tyler Brûlé, c’est toi dans 10 ans», mais je n’ai pas envie d’être épilé un jour.

lettre à le faune

juin 17th, 2004

rock and roll disaster

Bienséances

juin 17th, 2004

Avant-hier, au théâtre des Champs-Elysées, avec mon chéri.
Un mec de 30 ans, au physique d’un chef des jeunesses villiéristes, et doté donc de cette étrange beauté des cathos versaillais, apostrophe mon copain à l’entracte: « Vous pourriez tout de même observer un minimum de décence. On est à l’opéra ici, pas dans un bar ».
Je décidai pour la peine de partir en quête d’autres places, moyennant quoi nous laissâmes le beau réac sur son strapontin de poulailler, pour un premier rang de premier balcon.
A la sortie, armé de ma veste (garant de légitimité et de respectabilité), prenant ma plus belle démarche (calquée sur Vlörens dans « Boom chez Lizmry »), je fonce vers le fourbe, très Jockey Club: « Il paraît, monsieur, que vous nous avez reproché notre attitude. Je crois avoir moi-même reçu une assez bonne éducation, et l’une des premières règles de bienséance qu’on m’y ait appris, était de ne pas prétendre en donner de leçon aux autres. Bonsoir, monsieur ». Me suis incliné et ai tourné les talons, il ne me manquait plus que la canne et le canotier.

Le hasard nous met sur le chemin du gredin quelques instants plus tard, il m’accoste: « Monsieur, je ne parlais pas de politesse, mais d’élégance ». Emporté par mon chéri, je n’eus que le temps de lui répondre « Très bien, merci » (Wendy revient au grand galop).

La dernière fois que j’étais allé dans ce théâtre, il y avait Fanny Ardant. La fréquentation des Champs se va de mal en pis.
Il ne me restait plus aujourd’hui qu’à me réfugier plaine Monceau pour engloutir des gâteaux à la crème fouettée.

press pause déj

juin 15th, 2004

///C’est souvent dans le jardin couvert d’un centre commercial, coincé entre un couple à salades Quick et un cadre à Fig Eco et les yeux rivés sur un escalator, que vous vient ce genre de pensée.

///Buvant une gorgée de Coca Light pour m’éclaircir les idées, je me suis dit que si mon petit ami couchait avec d’autres et me le faisait savoir, j’éprouverais un intense sentiment de liberté.

Obrigado

juin 14th, 2004

Renaud Muselier m´a dit au moins quatre fois qu´il aime ma cravate, car «j´ai la même». Merci Breuer.

Il voulait savoir si on peut fumer dans le centre de conférence, je lui ai indiqué que José avait allumé sa pipe ce matin; «oui mais lui c´est un révolutionnaire, moi je suis respectueux des lois».

A déjeuner, toujours au chapitre «encore trois ans d´UMP», les gens ont débattu des profs qui «prennent leur formation sur leurs heures de cours alors qu´ils ont quatre mois de vacances» et «du niveau scolaire qui a bien baissé en 20 ans… à quoi ça sert de limiter le nombre d´élèves par classe alors?»

Seul point positif, dans un océan de réunions et taskforces où je fais semblant de comprendre et d´être là pour une vraie raison, j´ai appris le nom d´une gloire passée de la CNUCED (qui a droit de son fin de vivant à un panégyrique post-mortem, sympa), qui donne envie d´être lu: Celso Furtado.

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