Le i-forum participatif

 

«Baptiste, pitié! Aime-moi!»

novembre 27th, 2004

Mercredi fut passé en lapsus, comme oublier le portable où je pensais avoir un numéro et où je craignais de recevoir un appel, puis l’agenda où effectivement était le numéro. Du même ordre, mon écharpe a été oubliée, puis volée — j’avais eu le temps de lui dire adieu, la part de moi qui manque des actes ayant aussi bien hésité avant de l’emporter un peu pour rien en cours d’allemand.

Le soir, mon ancien prof RP ne voulant pas pour des raisons lesbophobes ou juste sexistes aller dans un bar de la rue Quincampoix, je me retrouvais chez lui. Au mur, des peintures de son ami Marcheschi, quelques palimpsestes de vanité, et une grande oeuvre: «the Tempest», où l’on me demanda de voir les fesses d’un Christ en croix. Curieusement la conversation bifurqua lentement, partant d’anecdotes incroyables sur d’autres profs bien connus de scPo, jusqu’à retrouver les voies qui m’avaient un peu choquées lors de la précédente rencontre, sur une sorte de vision apocalyptique et camusienne de l’immigration. Ma divergence était d’ailleurs beaucoup dans le fait de voir l’échec de l’intégration comme un résultat d’autres problèmes (capitalisme bourgeois and Co) et non comme leur source. Je partis à peu près quand fut utilisé, assez abusivement à mon sens, Bourdieu pour justifier le point de vue adverse (pour dire vite: l’inassimilabilité des musulmans et des noirs). Note mentale pour plus tard: vérifier cette histoire de système redistributif plus massif financièrement que jamais.

Jeudi, ironiquement je donnais un cours à l’éna, car l’histoire se répète : une fois comme drame et une fois comme farce. Je n’arrivai pas à déterminer si le regard vide de mon élève afghane provenait de son mépris, de sa non-anglophonie ou d’un fossé de genre / culturel / religieux mal défini. Je fendis l’armure de réserve et d’ego de l’austère Palestinien en répondant au Mexicain que je ne pouvais pas dire du mal de Kadhafi, vu que Chirac était en visite en Libye. Les Indiens opinaient, parlaient inintelligiblement, des fois j’entendais des trucs ayant à voir avec la société sans classe du futur mais je ne suis pas sûr.

Les gens s’installent dans l’hiver et recommencent à draguer. Moi aussi. Je puise dans des forces étranges, alimentées on ne sait où, pour résister aux passions qui continuent à me ronger le coeur.

Jeudi soir, j’étais invité par un gentil type de Dialache (le Basque qui fait du squash) à une soirée Thanksgiving, organisée par Freedonia + 25 (+25 ans, +25 personnes de jauge). Pas loin de chez moi d’ailleurs, dans un bel appart en contre-plongée fantomatique sur le Sacré-Cœur, que je n’aime pas vu d’ailleurs, mais qui de près, de bas en haut, et dans l’auréole du brouillard, prend des proportions et un mystère vénitiens. Tout était pareil qu’ici mais en +25, putain j’aurais dû faire mes murs rouge à la laque. Les invités était nous, dans 25 ans aussi. Qui fera du rock de rallye sur n’importe quoi? (Matthieu DC?) Serai-je le mec pas commode qui mitraille? («Ca fait 15 ans que je prends des photos, alors hein… Le décallage dans le numérique, je m’en fous, je prends les photos, je les regarderai demain») Qui sera le couple qui est ensemble depuis 25 ans?

Dans la foule, des tas de jolis quadra, et Jojo de San Francisco («elle a fait Woodstock»). Comme j’avais bu et que j’étais plus à l’aise dans l’hiver, je souris et jouai les jeunes filles de la maison (pas trop, l’hôte était un peu du genre à culbuter la bonne). Pas pour ça que j’ai eu un quelconque succès d’ailleurs. Il y avait des gens que j’avais déjà vus, ailleurs, avant; ce Pascal était-il aux UEEH, l’hôte folle américaine dans une soirée avec Gilles, ce type à pseudo-dégaine d’hétéro grognon où l’avais-je croisé? Mais était-ce les mêmes, ou juste des types sociaux habilement nimbés de mon Alzheimer, pour qui tout est matière à souvenir puisque je ne me rappelle rien?

Vendredi, fatigue et colère de cette histoire d’écharpe. Comité essuie téléphoniquement ma logorrhée accusatoire, qui tourne autour du concept de déresponsabilisation collective dans la société moderne et la bureaucratie (il me traite de type de droite à intervalles convenus pour compenser).

Ce soir, gender trouble au Pulp: la musique du Queen de mes 20 ans avec une projection de films de boule trans. Il semble que tout le monde trouve son lieu dans la vie, petit à petit, François en laisse dans un manteau en laine de Mongolie, Matthieu DC avec un Américain à la dégaine curieusement aristocratique, AC&P dans le refus de ses larmes. Et moi, comme aimant de tous les mecs psychos un peu sexy. La vie est quelque chose d’à la fois entièrement satisfaisant et d’éraillé, presque d’amer, comme une chanson de Nina Simone.

Hier j’étais en plein trip KK chez MorganS, interviewé par un mec qui ressemblait exactement au mec avec un minishort jaune sur le blog de faune (post du 1er novembre), sauf que bien sûr… on était pas vraiment là pour parler VHS, plutôt LBO.

« SchweppesLight Un sabor tan diferente »

Je me suis dit « encore un playmobil surdiplômé » (c’est vraiment nul cette niche).

« -C’est un ptit peu light…?
– Oui, comme vous dites, c’est light. »

Les toilettes étaient occupées (il FAUT le croire : special parano dedicace blink to AC&P).

« Monsieur, Monsieur, merde qu’est-ce qu’il fout ce con il a fait un malaise, Monsieur, ah! ça y est il se réveille, Monsieur, réveillez-vous, donnez-lui quelque chose à boire vous, Monsieur, un ptit peu de »

Timing

novembre 24th, 2004

J’étais un peu à la bourre. Dans un costume. Dans le métro. Je me disais: c’est marrant, les mecs qu’on rencontre dans le métro en fin de compte ça le fait jamais. Et là j’ai croisé Taylor-Nods&Smiles.

Sinon, des tas de projets grâce à Dialchatte, comme un dîner avec un interlocuteur au patronyme italien qui connaissait aussi l’assistant parlementaire évoqué jadis (le monde est définitivement trop petit, c’est lié au fait qu’il y a trop de portes qui se ferment), et un thanksgiving avec un contrôleur SNCF basque. Ceci soit dit pour teaser AC&P.

Kryptobeldosh

novembre 23rd, 2004

Patco avait dit « Tu dois chier dans ton froc.».
AC&Pavait dit « C’est incroyable !»
Faune avait raisonné « mais pourquoi est-ce si important ? ».
Shining avait dit « texto, ma robe pour rien, si au moins c’était un salaud ».
Comité avait dit « A ta place, j’aurais la TROUILLE.».

Moi je vous aurais bien conté la vérité sur ma journée avec ma kryptobeldosh from a red state mais j’ai peur de me griller auprès des sans doute NOMBREUX lecteurs rétrogrades de freedonia qui en veulent à mon corps s’ils apprennent que beldosh, aussi krypto soit-elle, il y a.

Putain de KK de m***

novembre 23rd, 2004

Ca fait dix minutes que je remplis des rectangles de noir sur un bloc de Post-It (r). Je me demande si 2005 ne sera pas une année dominée par une nouvelle psychose de KK chez moi aussi.

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