Le i-forum participatif

 

Salle de pause (monologues):
«Je suis légèrement spasmophile-Et toi tu travailles où ? »
« Je fais de l’hypotension-Je ne lui ai même pas répondu. »
« Ca à l’air doux ton pantalon-VME c’est pour Variable Mensuel d’ Exploitation »

Derrière le comptoir (dialogues):
« Il travaille en caisse il faut que je te le présente.»
« Qu’est ce que tu fais ? »
« Allo c’est Aurélie du quatrième tu sais ou travaille Pedro aujourd’hui ? »
« Pedro, Pedro, selon toute vraisemblance il n’est pas blond. »
« Tu sais moi maintenant je fais même les vieux, avant j’étais exigeante. »

En rayon (Brou-ha-ha):

« Non Madame Harry Potter ce n’est pas une autobiographie. »
« Un grand livre plat avec des images ? Je ne vois pas désolé. »
« Martine je descends au champagne !»
« Non monsieur je n’ai pas de livre d’initiation sexuelle pour les enfants, éducation si vous voulez »
« Putain il est 7h35 ils éteignent les lumières ! Allo ! Rallumez tout de suite on ferme à 8h aujourd’hui… heureusement on a atteint le budget..»

Résumé (Ambiance-Personnages-Fin de l’histoire):

Ils offrent du champagne et des croissants pour « motiver » le personnel, mais bizarrement ceci ne s’accompagne d’aucune des pressions auxquelles on pourrait s’attendre. Restons méfiant ça se paye sûrement quelque part.

Après un rapide calcul 63 % des filles et 4% des garçons sont lesbiennes dans ce magasin et 99% (tous genres confondus) détestent la chasse et les manteaux de fourrure.

Dès début Janvier je rends tout l’argent à PPR grâce aux soldes du « Printemps Homme ».

Post-mortem

décembre 11th, 2004

Il semblerait qu'en fait, les sondages sur le poids des «valeurs morales» («in case you didn't understand, that means us» -- L. Kramer) soient bidon.Pourquoi aimer un genre de mecs aussi absurde? est-ce le syndrôme de Stockholm?putain, quatre ans!
(dernières photos d’Avedon, parues dans le New Yorker).

Un plan, finalement, c’es toujours trop ou trop peu. On ne peut jamais se taire entièrement, ni manquer tout à fait d’intérêt, ni passer outre la personne, ce qui mène à «l’envahissement de la chair par l’esprit», comme écrit Yourcenar. En même temps, les paroles, l’empathie: l’altruisme, sont à la longue (mais désormais de plus en plus vite) des tue-le-désir. Ou alors, j’ai fait un premier tour du sujet. Ou alors, nouvel effet tapir. Ceci soit dit pour teaser le segment du lectorat de freedonia qui prend ses pauses café au Département.

Jeudi, le Conseil d’a failli faire son métier en repérant une faille juridique dans un texte que je lui présentais:

(premier président) — En fait, la clause de rétroactivité figure aussi dans le second, mais rédigée de toute autre manière.
(vice-président, faussement ennuyé) –On pourrait demander au Département de s’en tenir à un modèle…!
(rires complaisants alentour)
(vice-président) –j’ai froid, il fait froid.
(deuxième président de section) –la salle la plus froide, c’est celle de section de f…
(premier président de section) — Non, non, maintenant on la chauffe, du coup c’est ici qu’il fait froid.
(l’assemblée générale frise l’hystérie)
(vice-président) –Peut-être que ça n’intéresse pas les commissaires du gouvernement, tout ça.

Sur le chemin, dans les rues bordées de palais début de siècle, l’autre, désaffectés, des nurses noires effarées et tristes promenaient dans leurs poussettes des enfants blancs stupéfaits de plaisir. Juste après, mais ailleurs, l’intégrité publique a failli franchir un pas de géant:

(délégué machin, interrogé) — J’ai un avion à prendre, alors je fais vite. Sinon, ma législation est géniale et il n’y a aucune poursuite en cours.
(mister chair) — Même pas sur l’affaire Truco?
(délégué machin, souriant) — Ce n’est pas apparu sur nos radars.
(mister chair, sourire complice) — Allez bon vol, bisous.

Cette semaine a été fatale à ma vocation. J’aime toujours la vie administrative, je me sens toujours fait pour l’Etat, ou quelque chose comme ça. Mais je ne suis pas un bon agent du Département: trop irritable, aucun calcul, aucune dissimulation, la lecture de Gracian et Castiglione a été gâchée. Pas assez patriote pour partir de l’intérêt de mon pays plutôt que d’un point de vue moral. Cette administration aime trop se lire et s’écoute parler. Plus, je suis réduit par ma position subalterne à subir l’attentisme lâche venu d’en-haut. Peut-être ai-je juste trop d’ego ou trop de certitudes pour servir.

Faire-savoir

décembre 6th, 2004

Et pendant ce temps-là, à NewYork, il y a du sexe, de la citadinité, et des fêtes à l’esthétique très 1990 (qui sont de retour). A tous les coups, avec le décallage dans les modes, 2005 va voir le grand comeback du bonheur.

The Flash of the Neon Light

décembre 5th, 2004

Comme j’étais en retard, Fabien V. avait émigré d’office dans le wannabe lounge-bar que j’avais en tête (je m’étais dit: «un endroit branchouillado où ils font des cocktails voyants»). Au même chapitre «acclimatation», il demanda: «et, c’est ton pullover de weekend?» (non, c’est mon pullover de droite).

Fabien V. parlait de lui, avec sa voix haut perchée et de rares accents provençaux. Il levait peu le voile sur cette oppressive famille marseillaise et toutes ces Suédoises aux grandes dents et ces Chinois absurdes fréquentés en Indochine. («j’avais une copine à Singapour… Non non, je n’ai pas été au grand sauna à Bangkok, mais on m’en parlait tous les jours.») Il construisait sa blog-légende sans que rien n’indique que sa légende, tout court, dût survenir dans un horizon de temps prévisible. Je lui reprochais sa mollesse et son amour de la Rente («tu es plus susceptible de recevoirs des coups que d’en donner»), et il confessait l’air de rien: «quand on veut travailler dans l’art prétentieux, il faut l’être un peu soi-même». Il était impossible de manger et boire proprement, c’est l’inconvénient de manger et de boire de belles choses.

Dans une antiquaire 60’s du Marais, des galeristes de la connaissance de Stéphane V. (a.K.a. «les sacs à mains») racontaient des anecdotes. Comme celle de François Pinault cherchant pendant des années à manger, pour des raisons obscures (construire sa propre légende de mécène?), avec Pierre & Gilles, et qui, y parvenant finalement, vint chez eux avec un super vin, et mangea des lentilles à la cuisine. Enfin, il a fini par être photographié en Capitaine Némo. Vivement le catalogue extensif de tout l’oeuvre de P&G.

Autre anecdote bizarre d’une famille juive dans laquelle, post-Shoah, très curieusement, on ne disait plus « juif », ce qui donnait à table: «Nous sommes passés pas Ville… pour le retour. (…) Ta voisine, est-ce qu’elle n’est pas …?»

Sinon, des deux antiquaires l’un était Suédois (accent comestible), et pile poil dans un de mes segments de désir (quadragénaire, blond, gras, poilu, avec des yeux bleus, et un air doux et coquin). Eh-eh: j’ai son numéro de portable. Bon, manque de bol c’est l’autre galeriste, qui est son mari, qui me l’a filé.

Samedi soir, un dîner chouette avec FFB et Wilfred, où j’ai tout appris sur leurs détours amoureux et l’église re-réformée des Pays-Bas. Après, la soirée de trop à la Maroquinerie, où par définition j’ai croisé L***, et rejoint SophCo. AC&P et moi tentions des énormes stratégies de chope vouées à l’échec (comme scotcher sur un mec hétéro flexible mais finalement pas), tandis qu’après s’être démenés comme des groupies face à des DJettes chouettes, ComitéCentral et son moral étaient retombés comme des crêpes, au bas de l’escalier.

Dans un dîner avec Fred ex-le Lillois, son mec mexicain jeune, beau et AC&P-able, et un pote américain à eux (avec qui j’ai eu après une grande conversation sur la valeur du modèle économique américain, qui s’est conclue dans sa bouche par la sentence: «everybody has to take care of their own life, right»), on parlait du vieillissement des gays et le même se demandait: «Maybe 55 is the new 30»

Après, on a été au Raidd et j’ai croisé Fabrice Le P. (soit dit pour le segment ex-H.E.C. de Paris du lectorat de freedonia). Lequel, en lisant comme tout le monde (serveurs, potes belges, Mexicain, gens, etc.) mes badges
fit la mou: «mort aux jeunes?! Heureusement, je suis vieux.»

Dans Illico, ils parlaient de la génération de gays venus à eux-mêmes avec la bluette «Beautiful Thing», dont je fais partie. Ce film me laisse chaque fois que je le vois, même que j’y pense, un goût d’inabouti, de ma propre médiocrité, de vraie tristesse et peut-être de frustration dans la bouche. Dans le Noctambus, je chantonne les chansons tristes de Mamma Cass.

«you gotta go where you wanna go
Do what you wanna do
With whoever you wanna do it with

You gotta go where you wanna go
Do what you wanna do
With whoever you wanna do it with

You don’t understand
That a girl like me can love just one man
You’ve been gone a week, and I tried so hard
Not to be the cryin’ kind
Not to be the girl you left behind!»

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