Le i-forum participatif

 

«Zukunft Neu Denken»

Si le SPD s’allie avec les Verts et le FDP, on aura une coalition «feu tricolore» («Ampel») en bonne logique. Du coup, il y a plein de nouveaux surnoms pour la potentielle «coalition jamaïcaine»: on parle de «feu tricolore noir» («Schwarze Ampel»), voire de «Schwampel». Le Spiegel narre une vanne en forme de refus de Westerwelle, le libéral-en-chef, au soir de l’élection, qui rejetait «les feux tricolores et les petits virages» («Ampeln und Hampeleien», l’effet Santini marche mieux en allemand). Les Verts remarquent qu’on ne peut pas parler de sortie du nucléaire et d’OGM avec Stoiber, et évoquent le nom de l’ancien directeur allemand (démochrétien) du PNUE, un certain Klaus Töpfer, au poste de chancelier — rien de bien sérieux.

Kopf an Kopf

septembre 18th, 2005

Alors c’est le bordel outre-Rhin, une fois n’est pas coutume. Les deux gros partis ont, à cette heure-ci, à peu près le même nombre de sièges à la diète fédérale (222 ou 223). Chacun a reculé depuis les élections de 2002, et chacun conserve ses principaux bastions.

Les grands vainqueurs sont clairement les libéraux-démocrates(+1,1 points), qui retrouvent les scores à deux chiffres de l’époque de leur splendeur genscherienne et leur statut de 3ème parti, grâce à une forte progression dans les «secondes voix» proportionnelles remportés dans tout l’ouest. Dans une moindre mesure, le Parti de la gauche (+4,1 points) réussit, pas néanmoins à la hauteur de ses espérances; avec le progrès des mandats directs à Berlin, et des secondes voix à l’est en général, il grille les Verts comme 4ème parti, mais ses objectifs de devenir 3ème force, et première force à l’est, sont ratés.

Du coup, «Rot-Grün ist abgewählt» (les rouges/verts sont chassés du pouvoir») mais, comme plaisante Fischer en parodiant le slogan de la droite, «Schwarz/gelb ist gescheitert» (les noirs/jaunes échouent): il n’y a pas, sauf la « grande coalition », de bloc majoritaire à moins de trois partis. Voici la liste des incompabilités déclarées :
– les deux grands excluent une grande coalition qu’ils ne dirigeraient pas (chacun revendique la chancellerie, mais les troupes de Merkel commencent déjà à parler des erreurs dans sa conduite de la campagne),
– Guido Westerwelle refuse de gouverner avec le SPD,
– personne ne veut d’un gouvernement avec le Parti de la gauche, qui ne le veut pas non plus.

Evidemment les libéraux tueraient leurs actionnaires pour un portefeuille donc une « Farbkoalition » avec les Verts et un des deux grands n’est pas du tout impossible, même si elle serait un attelage étrange.

Deux roues

septembre 16th, 2005

La semaine dernière, ma collègue Cl. m’a véhiculé en scooter. Enfin c’était en Vespa, le mot dit mieux le soleil et la douceur de l’été dernier, la semaine dernière. C’est une expérience rare pour moi (la seconde fois), la Vespa, surtout comme ça me fait peur. La dernière fois je n’avais que l’effroi, car c’était de nuit et il fallait aller vite, au boulot de l’ami qui conduisait. Là, c’était une Vespa, l’été, j’étais derrière une jolie fille dans les rues de Paris. je flottais au vent, dans une carte postale un peu «Amélie Poulain» à la con. Mais j’ai mieux compris pourquoi avoir la tête à l’air, les yeux touchant la frondaison des arbres des Champs, déplacé erratiquement mais vite comme dans un film avec un effet spécial sur une flèche ou un lutteur de viet quyen dao, pourquoi cela rend si euphorique. Comme une peur d’enfant sur un manège.

Pourquoi avoir levé ce doute de la meilleure des deux façons possibles vient-il comme une déception?Les jours racourcissent, il fait moche. On est pas des tapirs, merde.«'Cause everybody knows / she's a femme fatale»
Peut-être qu'un échec irrattrapable, faire carrément pitié seraient plus confortables.Avec Elise: des projets de chamanisme anti-psychopathes de l'amour.
Ou peut-être que je suis juste une drama qui a besoin de toute l'attention, même à mauvais escient.

«How many times must a man look up
Before he can see the sky?»

(Dylan)

Faut-il y voir la crise des pays «à piliers» (Autriche, Pays-Bas, Belgique à la rigueur, Luxembourg un de ces jours), en tout cas les grandes formations traditionnelles chrétienne, conservatrice et agrarienne (le parti du Centre, parti charnière cette fois ci allié à la gauche) sortent laminées du scrutin dans la pétromonarchie du dessus. Seul le parti libéral Venstre se refait une (petite) santé.

A y bien regarder, la situation du mouvement «ouvrier» n’est pas si excellente, puisque pour la première fois, le leader «sémillant» (dixit Le Monde) du parti travailliste ménera un gouvernement de coalition «gauche plurielle». Jusque là, l’Arbeiterpartiet avait (presque) toujours dirigé, et toujours seul (parfois en gouvernement minoritaire).

Comme ailleurs, la droite raciste anti-système est grand vainqueur (le Parti du progrès, Fremskrittpartiet) — en Norvège elle n’est pas encore sortie de la confortable situation d’opposant à tout et tous, puisqu’elle soutenait sans participation le gouvernement battu de Bondevik. Ce qui est rigolo (enfin si l’on veut), c’est que le Bondevik en question n’était pas issu de la première formation de droite «parlementaire» mais du petit Parti populaire chrétien KRF ; un peu comme si la minorité de l’UDF était à Matignon juste pour voir.

La Norvège avait comme principal souci de savoir comment partager ses richesses hydrocarbures énormes, et s’il fallait creuser dans la mer (de Barents) pour en trouver d’autres, et s’il fallait le consommer ou juste le vendre (cher). Si j’ai bien suivi, le dernier gouvernement de gauche est d’ailleurs tombé, en 2001, sur une sombre affaire de centrales énergétiques sales (voulues par les travaillistes mais pas leurs alliés écolos anti-OTAN et anti-UE du Parti socialiste de gauche).

Eliminés d’ailleurs et enfin, les pêcheurs de baleine réac du Parti côtier, qui s’étaient présentés jusque dans l’intérieur des terres. Bien fait dans leur cul.

Côté logos, on voit la grande tendance à l’abstraction, cf. la rose sans épine, sans tige et sans naturalité ainsi que le logo insipide des Conservateurs, qui rappelle un peu le ruban fade et tous-terrains de British Airways. Et le grand retour du logo n’importe-quoi avec la pomme de l’extrème-droite.

«Why must we live in fucking damned Åmål!»

Lost In Translation

septembre 12th, 2005

Singulier Japon. Il n’y a quasiment que des partis de droite représentés à la Chambre des représentants, et la seule alternance (avec une coalition centre-gauche) en 50 ans n’a duré qu’un an en 1993-94. Si populaire et rebelle qu’elle le rende là-bas, la permanente de Koizumi est un scandale contre le bon goût et même contre ce fameux génie de la transgression du look propre aux Japonais. Le logo du parti dominant et réactionnaire ressemble à une marque de couche-culottes et/ou à un dessin réalisé sous acides.

Principaux enseignements de cette campagne: les filles à gros seins en politique ça marche ; on verra dans une semaine si Doris Schröder-Köpf a le même effet sur l’électorat teuton que les «madones des réformes» dans l’élimination sans pitié des dissidents (de droite…) du PLD. Amusant, un de ces partis dissidents créés à l’occasion de la campagne, le Nouveau Parti du Japon (Nihon Shinto), reprend le nom d’une dissidence des années 90 — encore un effet-retour. La principale opposition (centriste), le Parti démocrate, s’effondre, le PLD a rogné sur son électorat urbain et suburbain. Les bouddhistes du Nouveau Parti du gouvernement propre (Komeito, issu de la secte Sokka Gakkai) stagnent.

Je me demande si Roger Peyrefitte aimait les sushis.

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