Le i-forum participatif

 

Neuste Trend

octobre 11th, 2005

Au début, personne ne commentait quand je faisais des nécros politiques et tout le monde s’agitait quand je parlais de mes plans. Maintenant, c’est la fête des régionales de PECOs inconnus mais les lecteurs, s’il en reste, se moquent bien de savoir si je baise et si ça me rend heureux.

Les élections dans le Burgenland, donc. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, il y en a paraît-il même sur Freedonia, le refuge de la société de la connaissance, un article sur cette province orientale de l’Autriche, transleithane et pourtant conquise de haut lutte sur la Hongrie lors du plébiscite de 1921.

Là comme en Styrie, le SPÖ grimpe fort et atteint la majorité absolue, au détriment, pour l’essentiel, du FPÖ. Bref, il capitalise sur son statut d’opposant national — il est vrai que régionalement, depuis 2000 il gouvernait allié aux Verts qui, ici aussi, stagnent. Le microparti des forces vives (Parti autrichien des citoyens et de l’économie) reste à son niveau, nul. Les campagnes des partis disaient, respectivement, (mais devinez qui)
– «Vote pour ton avenir. Le Burgenland a besoin de toi.»
– «Nous sommes là. A toute heure / A pleine puissance / Dans tout le pays.»
– «Plus d’expérience. Plus de succès.»
– «Rouge = noir»
– «Il est temps.»

Je me demande s'il n'y a pas d'autres élections, genre une cantonale partielle en Moldavie, que j'aurais aussi ratée.

Jeudi, sur la mer étale et luisante de la table de conférence, en Salle à coucher du Roi, les plateaux de rafraîchissements naviguent avec silence et grâce comme les pensées du Très Grand Chef-adjoint, ultimes bouées de la vision politique du Département. Il a la classe et la moustache d’un espion à acronyme de roman de Guerre froide. Sûrement a-t-il un château dans le Surrey. Il parle par paragraphes complets, et sa voix est mesurée, grave et rassurante comme l’off des Merveilleuses Cités d’Or, qui promettait «Au revoir, à bientôt.» S’il y a deux catégories de gens dans notre Carrière — les surfeurs / écrivaillons et les technos — il incarne les vertus cardinales et cardinalices des seconds: maîtrise du dossier, maîtrise de la langue, maîtrise de soi.

Vendredi soir, je «visite la banlieue la nuit», longe le square Jacques-Duclos et tourne dans l’avenue Vaillant-Couturier, direction stade Lénine. Après, je prends un bus Noctilien, qui a une nouvelle voix (pas le duo mixte de la RATP des métros). Une voix étrange, désincarnée mais pas à la manière de l’enfant androgyne qui dit les textos vocaux obscènes d’Ivan Cul-Rond. Une voix ralentie et amortie, synthétique, masculine pourtant, où tout accent tonique tombe faux, où certaines syllabes sont prolongées étrangement, une voix risible — d’un rire médiocre, comme de rire d’un handicapé sans la mauvaise conscience.

Samedi, soir, beaucoup de choses. D’abord, une pièce sur l’impossibilité éthique d’amours entières, possessives ou parfaites, car «on s’attend à ce que la vie fasse des détours, mais on ne se prépare jamais à ça: le bétail.» Ensuite, un anniversaire incroyablement calme et sympathique au PSG (Pré-Saint-Gervais), avec des gens cultivés de gauche (= qui refusent d’aller au, et de travailler pour le théâtre privé). Enfin, une soirée bruyante dans le 11e, puis une nuit kitsch, avec un Italien célèbre (ami de Vlöörens W. et ancien metteur en scène de l’amour passionnel de ComitéCentral pour les plantes).

Proporzsystem

octobre 8th, 2005

Freedonia, la maison bleue, répond avec une démagogie haiderienne à l’exigence du segment politivore de son lectorat et fournit les résultats de l’élection-séisme styrienne. Site utraquiste, Freedonia les fournit sous les deux espèces du code couleur uniforme harmonisé et des couleurs locales.

C’est une grosse gifle pour les conservateurs («noirs») du Parti populaire, au pouvoir à Vienne avec les populistes («bleus») du Parti libéral FPÖ et historiquement dominants dans la région. Dans un contexte de scandales politiques (dit Wikipedia), ils sont battus par la gauche, avec une belle percée des sociaux-démocrates qui nommera sans doute le président du conseil (Ministerpräsident) régional. Des négociations tous azimuts sont ouvertes, à l’allemande — moins les dreadlocks.

Les communistes font leur meilleur score de tous les temps (quadruplement en cinq ans…) et retrouvent le Landtag pour la première fois depuis 35 ans. Les Verts stagnent. En revanche, à l’extrème-droite, je mehr Parteien, desto weniger Mandate: le FPÖ passe sous les 4% et disparaît de la diète du fait de la concurrence du nouveau parti de Haider (l’Union pour l’avenir de l’Autriche, BZÖ) et d’un dissident local de l’ÖVP.

Côté logos, à noter le caractère peu funky (par rapport à d’autres Etats fédérés) des déclinaisons régionales des emblèmes. Les logos sont parfois très proches de ce qu’on peut voir en Allemagne (avec, typiquement, le texte blanc sur carré rouge social-démocrate, qu’on trouve aussi en Suisse ou en Belgique désormais). Une énigme pour moi: le logo des Verts.

Power-Plan für die Steiermark

Sur la suggestion de Wilfrid, qui est un peu polard ou bien?, j’ai mis en ligne les règles du Jeu politique pour que ceux qui ne les connaissent pas puisse apprendre, et les autres réviser en vue la partie de dimanche.

L’autre pays de la flat tax.

octobre 4th, 2005

Freedonia fait flèche de tout bois. En Slovaquie, la coalition de Mikulas Dzurinda, en place depuis 1998, est menacée de chuter dans le contexte de la démission forcée du ministre de l’économie, Pavol Rusko, dans le cadre de scandales financiers. Rusko est le leader du parti libéral ANO (Alliance du nouveau citoyen, membre de l’ELDR), qui lui conserve tout son soutien et a confiance dans la justice de son pays ; mais il n’a plus la confiance du groupe parlementaire de l’ANO, qui a proposé un autre ministre à sa place. Bref c’est la merde, car la coalition à quatre (avec le deuxième parti chrétien KDH et la minorité hongroise, curieusement membre du PPE elle aussi) est fragile.

Ce que ne montre pas le camembert mais est jouissif for those in the know, c’est que deux partis sont eux mêmes issus de foultitudes de mini-partis incroyables:
– la SDKU (Union slovaque démocrate et chrétienne), parti de Dzurinda, est issue de la Coalition démocratique slovaque (SDK), qui rassemblait à l’époque le KDH (qui a une branche maintenue), l’Union démocratique et le Parti démocratique, les sociaux-démocrates du SDSS (depuis dans SMER) et les Verts. La SDKU a été rejointe depuis par l’Union des entrepreneurs et commerçants (d’Annick du Roscoät).
– le Smer (Orientation — Troisième Voie), a définitivement regroupé au début de 2005 3 groupuscules de la gauchounette à fleurs: Parti de la gauche démocratique, Alternative sociale-démocrate et Parti social-démocrate de Slovaquie (SDSS), le mouvement de Dubcek.

Dernière remarque sur les logos: le Parti communiste utilise conjointement un logo moderne et aux couleurs nationales, et un logo dit « de tradition » par les experts.

15%, ce n'est pas un score. C'est un taux.

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