Futomaki

September 8th, 2009

Après la Chambre des conseillers en 2007, le Parti démocrate s’empare de la majorité à la chambre basse dans une élection «historique» qui interrompt plus de cinquante ans de domination du Parti libéral-démocrate. Encore derrière l’étiquette unique de ce dernier se cachent cent clans, cent systèmes de patronage vivant sur la bête, à qui l’éloignement du pouvoir pourrait faire du mal et rendre insurmontables les inimitiés. Les Démocrates pourraient gouverner en coalition avec le mini-parti social-démocrate et les dissidents du PLD rassemblés au Nouveau Parti populaire.

Pourtant, côté logo, y’a rien à dire: le mini-manga du PLD était incroyable et scotchant. A relever aussi, le jeu de typographie de Ton Parti (pourtant pas caractérisé, semble-t-il par la modernité idéologique).

Varia

July 16th, 2009

Au Groenland, le parti En Avant (Siumut) est, de façon historique, dépassé par les indépendantistes de la Communauté du peuple (Inuit Ataqatigiit); ceux-ci l’ont lâché pour une coalition à front renversé avec deux partis plus à droite, les Démocrates et l’Association des candidats (Kattusseqatigiit).

Côté logos, c’est incompréhensible pour moi, et moche (mais c’est culturo-centrique de dire ça. N’empêche qu’une raie manta ou une sarbacane à phoques or whatever that is, c’est pas réussi.).

En Bulgarie,un grand chambardement du système partisan voit la disparition du MNSP (ex-Mouvement Simeon II) et l’émergence de GERB, parti conservateur du maire de Sofia, souffrant de troubles de la dénomination. Plusieurs petits partis de droite de rassemblent dans la Coalition bleue ; et partout partout, les agences de design graphique poursuivent leur oeuvre de modernisation/banalisation.

Même remarque pour l’Albanie, où la reconduction de deux grandes coalitions profite surtout aux partis dominants, et contribue à la reconduction du Parti démocrate, la droite pro-européenne.

Knokke Out

June 18th, 2009

Gerolstein

June 16th, 2009

Au Luxembourg, parallèlement aux européennes se tenaient les législatives. Elles sont un triomphe pour le Parti populaire chrétien-social de Jean-Claude Juncker. La grande coalition sociaux-chrétiens/sociaux-démocrates devrait être reconduite.

Mais on s’en fout, ce qui compte c’est les logos. Incontestablement, on voit à l’œuvre une double tendance de germanisation / modernisation, qui va vers des logos purement typographiques, ou le sigle et la couleur sont l’essentiel de l’info. Pas de tournesol, d’arbre ni de faucille. Le Parti démocratique a ainsi abandonné son dauphin à la Démocratie libérale, au profit d’une typo que François B2 pourrait facilement fourguer à Lag@rdère («c’est moderne, dynamique, sérieux sans être rigide, ça symbolise votre transparence et votre savoir-faire»). Seule exception, La Gauche qui conserve sa version Géométrie 1.0 des cerises, un emblème bien de gauche («Le temps des cerises») déjà repéré par feu le MDC de Chevènement. A droite, of course, le logo de l’ADR utilise le tricolore national.

J'ai vu monter personne.

April 15th, 2009

Au Monténégro, la coalition indépendantiste de Djukanovic reste au pouvoir. Elle bat les divers partis d’opposition généralement unitaires (avec la Serbie). Si l’adhésion à l’UE fait généralement consensus, on retrouve en outre dans chaque camp la plupart des tendances idéologiques. La majorité peut en outre s’appuyer sur les partis des minorités bosnienne, croate (les carreaux bleu-blanc-rouge), et certains élus albanais.

A noter,
- la floraison de partis démocrates, démocratiques, socialistes, socialistes démocrates, sociaux-démocrates, etc.
- les liens encore étroits avec la vie politique serbe (voir le camembert ici, où figurent aussi les Radicaux à l’extrême-droite).
- le tropisme de la minorité albanaise (figurée en bas à gauche du diagramme) pour les logos ronds et ringards, sur le modèle italien.

Mille plateaux

July 6th, 2008

Bientôt, bientôt, se produit un de ces vaudevilles parisiens qui font la Tradition française, une intrigue de palais pour Cortegiani germanopratins, dans le genre campagne pour l’Institut et politique éditoriale de Grasset, un événement attendu des orphelins de la Quatrième, c’est-à-dire, le lectorat de Freedonia, le Rassemblement des gauches républicaines et de la gauche démocratique; à savoir, le renouvellement du Sénat et l’élection de son président.

Sur le premier, on ne peut que louer le conservatisme de ces vieux messieurs qui ont décidé de ne pas modifier leur mode de scrutin (majoritaire dans beaucoup des départements, et dans des collèges électoraux sur-représentant les petites communes), afin d’assurer que le Sénat continue de représenter autre chose que les gens : la patrie, le terroir, les valeurs, l’en-bas, on ne sait pas trop mais quelque chose qui n’alterne pas. Par un tour passe-passé inaperçu, ils ont également, en réduisant le mandat sénatorial à 6 ans (à partir de 2008), prorogé tout le monde d’un an, pour la route. Un an, quand on en a en moyenne 61 — contre 39 pour la nation — c’est le commencement de l’éternité et la garantie qu’on peut devenir encore plus sage.

La sagesse n’est d’ailleurs pas la qualité qui manque le plus au président Poncelet, en dépit de la fréquentation assidue, jadis, de sa secrétaire — à qui la mansuétude qui double sa sagesse avait fait trouver un job aux P&T — et, plus récemment, de Christophe Lambert et de mafiosi roumains. 80 ans au compteur, le sénateur des Vosges n’a pas l’intention de décrocher, en dépit de la rude concurrence qui pointe son nez: Jean-Pierre Raffarin, sur une ligne de synthèse entre l’humanisme luc-ferryien, l’almanach Vermot, et la critique bidon du pouvoir en place; l’ancien sous-ministre des jaunes, Gérard Larcher, candidat dudit pouvoir; et probablement un ou deux traîtres centristes (tautologie) en embuscade.

De fait, comme le montre le camembert, la majorité est déjà relative pour l’UMP. En dépit de la mitigation par le mode de scrutin des résultats «vague rose» des dernières municipales, cantonales et régionales, la gauche va progresser en septembre. Le centre pourrait alors vendre au prix le plus élevé son soutien.

Juste pour la route, je veux dire que je trouve très sénatorial le président du groupe radicalo-radical RDSE Pierre Laffitte. Quelque chose entre le vieux beau et le cabotin de théâtre sur le retour, sur le retour depuis assez longtemps. J’aime tout de lui : son sourire faux comme une photo Harcourt; sa cravate motif dégueulis offerte par Edgar Faure au banquet radical de 1978; la rosette obtenue à sa troisième réélection à la présidence de l’Association franco-allemande de la science et de la technologie ; les lèvres jouisseuses qui me font penser à la menace de la manif de prostituées de 2002, devant le palais du Luxembourg, de révéler la liste des clients. M. Laffitte est sénateur depuis 1985. Ne change pas, je t’aime comme tu es mon biquet.

Dans un fauteuil.

Gauches et pluriels

July 6th, 2008

J’ai traîné à réaliser ce camembert. Il montre assez bien comment, entre 2001 et 2008, Delanoë a grandi surtout aux dépends de ses alliés, et en particulier les Verts — qui n’ont, il est vrai, qu’eux-mêmes à blâmer pour leur manque de lisibilité électorale, de solidarité majoritaire, et de sens tactique (par opposition, par exemple, aux radicaux de gauche; pléonasme). Egalement, une bonne illustration locale de l’effet du mode de scrutin majoritaire et des combinazione d’entre-deux-tours sur le MoDem et, par comparaison, sur le Nouveau Centre. Qu’importent les voix, pourvu qu’on ait l’allié.

«Un temps d'avance»

Légume

July 2nd, 2008

Accaparée par son vrai travail réel direkt now, et accablée par une vie personnelle de merde, la rédaction unipersonnelle de Freedonia, la voix du Nord, n’alimente pas beaucoup ce blog. Mais comme les partis politiques macédoniens ont déployé des efforts considérables pour jouer à la démocratie et que leurs logos tous neufs déchirent, elle (ou je, tout est affaire de schizophrénie) ne pouvait(s) pas laisser les récentes élections là-bas. Ni les ré-élections d’ailleurs, car il y a eu re-vote, le premier scrutin ayant été entaché de vilenies vraiment indignes de l’Europe, la patrie de Jean Tibéri.

Tout ça pour dire que :
- les cartels, fondés pour l’essentiel sur le népotisme, la pulitichella, le renvoi d’ascenseurs et de prébendes, et l’alliance d’occasion d’identités ethniques et/ou cantonales, sont des coquecigrues idéologiques remarquables même pour les Balkans. L’un aboute les sociaux-démocrates et deux genres de libéraux; l’autre: les conservateurs, les chevénementski et une variété d’intérêts très très locaux. Après, et sur des bases également saines, il faut choisir un parti albanais (en vert sur le camembert) pour former un gouvernement.
- grâce à l’argent du trafic de drogues, de femmes, et de chanteurs néo-discos, et peut-être au parrainage des grands partis allemands (toujours prompts à suggérer une nouvelle déco, généralement orange), les Macédoniens ont tous pu s’acheter des logos neufs, proclamant uniformément leur amour de l’Europe (les étoiles), de la patrie (le soleil), de l’intégration (ethnique, euro-atlantique; ne pas confondre avec «intégrité»), et des polices linéales. Résultat, l’indistinction de logos lisses à faire frémir d’aise François Bayrou.

Novi-Bazar

May 13th, 2008

En Serbie, la coalition «européenne» du président Tadic, rassemblant Démocrates (membres de l’IS), G17 Plus (membres du PPE), monarchistes du Mouvement du renouveau serbe et micro-partis de minorités, emporte une victoire nette mais inconfortable. Pour cause d’animosité personnelle, elle ne peut compter sur une alliance avec les libéraux, insuffisante quoi qu’il en soit à lui assurer une majorité. Elle espère une coalition à gauche, avec le SPS de feu Slobodan Milosevic, qui ne refuserait sans doute pas d’aller à la soupe. Ce dernier fait l’objet de toutes les attentions, puisque les radicaux (droite nationaliste et xénophobe) souhaitent monter une alliance anti-européenne avec lui et les grands perdants du scrutin (comme des précédents), le DSS de l’ex-Premier ministre Kostunica.

Dans cet éden (?) des minorités linguistiques et religieuses, on remarquera la prolifération superbe des partis régionalistes hongrois (tous «de Voïvodine» et généralement «démocrates») et du Sandjak (S majuscule), un canton à majorité musulmane partagé avec le Monténégro en 1913, frontalier de la Bosnie et du Kosovo. L’un d’entre eux utilise la fleur-de-lis et le vert, emblèmes des «Bosniens».

Proudly powered by WordPress. Theme developed with WordPress Theme Generator.
Copyright © . All rights reserved.