Le i-forum participatif

 

Corned-beef et spam

octobre 2nd, 2003

Déjeuner avec le garçon au sommet du Printemps de l’homme, dans un resto trendy / fusion-fooding / vue sur les toits de Paris. Il a quelque chose de Philippe Inch’Allah avec dix ans et dix kilos de plus (the difference between good and perfect), de l’ironie, de la douceur et une sorte d’accent. Il ressemble à un chat, doux et indolent. Ce ne doit pas être compliqué d’être gentil quand on est heureux.

Mon ami et collègue Bertrand pourrait le dire, je suis rentré de là un peu lessivé affectivement, il ne fait pas bon pour les papillons s’approcher trop près de la lumière.

J’en étais là, dans la déception amouricale et la déprime septembrionale, en bibliothèque à Beaubourg. J’ai un peu lu son cadeau, un mensuel américain de gauche, et je suis tombé sur le truc le plus drôle que j’aie vu depuis Shirley (de Shirley et Dino) imitant une écuyère de cirque, un débat parlementaire anglais à l’humour elliptique et non-sensical.

On nous demande de poster ça. Freedonia, la e-bliothèque de la romance, décline toute responsabilité pour la violation des droits de propriété intellectuelle de Barbara Cartland et Harlequin SARL.

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Assis à mes côtés sur la banquette d’une cabine du lieu de baise, Maximiliano (car rappelez-vous : tous mes amants finissent en ‘-o’) se propose de me parler de Nietzsche. « Nietzsche dit qu’il faut tout enflammer en chemin, m’explique-t-il, et ne laisser derrière soi que des charbons. »

Quelques instants plus tôt, j’ai remarqué puis accepté le fait que son intense beauté, la finesse de ses traits, la tendresse d’un sourire qu’un bouc discret, loin de ternir, rend plus lumineux encore, la vigueur de sa langue, des cheveux involontairement impeccables et brillants comme le quartz, la souplesse des lignes d’un corps presque enfantin, la blancheur de son teint, un pubis flottant sur cet étang de lait tel un lotus, la consistance épaisse et appétissante de sa fleur, les milles vols d’étourneaux qui tournoient autour de ses pupilles ne m’excitaient pas le moins du monde.

Alors je suggère d’un murmure : « des cendres ». Il sourit – je crois (mes yeux sont fixés sur le distributeur de tissus hygiéniques) – puis reprend : « des cendres ». Ses doigts se glissent entre les miens. Mon regard balaye, une centième fois, la pièce. Il faut que j’ose. Il a déjà découvert que j’étais « sensible » et « mélancolique » ; je dois approfondir. Je viens chercher la confiance qui me fait défaut dans ses yeux, dans les vols d’étourneaux, à moins que ce ne soit des corneilles, ou des immenses chutes de velours, ou des nuits d’orage, quand la lune semble vouloir chasser les épais nuages qui la dissimulent en lançant des éclairs d’argent, ou bien des charbons, puis me lance : « Tu connais Virginia Woolf ? »

Se croyant habilitée à me parler de ma vie sans la connaître, une personne m’expliquait un jour que les gens qui, comme moi, « en viennent à trouver des endroits comme [ce lieu de baise] ‘sympas’ ont vraiment touché le fond de la fange ». Après quelques mois de fréquentation de cet établissement, je puis maintenir et compléter : probablement comme dans la plupart des lieux où il y a des gens, on peut y vivre, pour peu que l’on soit disposé à les percevoir, les saisir et les identifier comme tels, des moments ‘sympas’, doux, sensuels, intelligents, grotesques, mélancoliques, étranges, fragiles et je les apprécie.

Arnaud Camille & Partners – (rappel : glauque = d’un bleu tirant sur le vert)

J’ai eu le garçon au téléphone tout à l’heure, et on va déj ensemble jeudi dans un endroit assez cool (resto branchouille d’un grand magasin). Comme m’a fait remarqué Arnaud, Camille & Partners via portab’, le déj est une invention pour ne pas coucher. Cela étant, j’ai une vraie question de fond sur le sens de la vie: est-ce que c’est pas mieux de partager une amitié un peu amoureuse avec le garçon (il va m’apporter un magazine américain dont il m’a parlé, ce qui est le plus près d’un cadeau amourical qu’on m’ait fait depuis mille ans), que de s’échiner vainement à maintenir une connivence sexuelle, de chercher à le faire quitter son mec, tout ça?

Sinon, je suis rentré par erreur à Beaubourg, je voulais réviser à la BPI. C’est fermé évidemment le mardi, mais les portes étaient ouvertes pour un vernissaâage. En me faisant escorter comme un délinquant vers la sortie, j’ai, comme il se doit dans un lieu de socialisation gratin, croisé Viken.

Choses que j’aime dans la vie, puisqu’il faut prouver que je ne suis pas que dépressif (Freedonia, le e-communautarisme du Prozac):
– la phrase «Ce mec est hypra-con» (de ma copine Blandine M.),
– quand ScoobiDoo rigole comme une fille à pédé sous Xanax («Hihihihiiii Sammy»),
– le fait que demain j’aille sous les dorures du Conseil d’Etat (-ta) et de Matignon.

L’envers du décor

septembre 29th, 2003

c’est vrai que je ne parle pas beaucoup de ce qui est positif dans ma vie. Par exemple, j’ai bien aimé le truc featuring Justin Timberlake (alors que contrairement à Comité et à sa horde de filles à pédé, je ne flashe pas sur Justin Timberlake), « Where Is The Love ». Je crois que c’est parce que le début ressemble un peu à « Torn » de Natalie Imbruglia et que j’aime le côté rebelle politisé.

J’ai aimé apprendre que les quelques premières notes du plus grand succès d’Antoine Clamaran viennent d’un tube disco de Luther Van Dross.

Aussi, il se confirme de ce weekend que j’adoOore danser le rock et qu’une grande frustration de ma vie, c’est de ne pas avoir été assez bourgeois pour apprendre le rock de rallye (suicide de l’aile gauche du lectorat de ce blog). Je l’ai dansé avec mon amie Claire, qui a un vrai talent (et le danse en prenant un petit air pincé, comme celui de l’imitation de moi par Xavier P.).

T’es pas cap

septembre 29th, 2003

Nathalie André, la nouvelle directrice de Star Academy a exactement la même voix que Marine Le Pen. Et Johnny Halliday a les yeux de plus en plus bridés ! Où va-t-on ?

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