Le i-forum participatif

 

(René) – … des dents provisoires. J’avais peur pour la pointe de métal.
(Jojo) – ahlala.
– Mais il m’a dit qu’il n’y avait pas de problème, avec de la mie de pain. Juste, si c’était une dent en or, de surveiller…
– … les selles?

Après, ils ont parlé du marché aux livres du square Georges-Brassens, des chances incroyables qu’ils y ont eues. Ca fait des années que mon père et moi n’y sommes plus allé. Rapport à ça et ça. Avant, on comptait sur le hasard, on tombait un jour sur ce qu’on n’espérait plus, sur ce qu’on ne connaissait pas. L’esprit de notre temps, c’est de ne trouver que ce qu’il cherche ; mais de le vouloir tout de suite.

Hier soir, j’ai fait 20 minutes de Gym et deux heures d’Univers. Le sauna, c’est comme Noël, on n’en profite bien que si c’est qu’une fois par an, de toutes ces passions contradictoires et ritualisées.

Autres points communs possibles: des petits vieux prostrés sur un canapé moche, l’ombre tutélaire et bénéfique de Georges Marchais, le spectre charlatan mais agissant de mon OEdipe, des souvenirs (j’en ai plus que si j’avais mille ans).

La Dolce Vita

août 3rd, 2004

Nostalgie Canicule, version perso.

– Le petit, là ? Il vient de Barcelone.
– Je ne me suis jamais fait d’Espagnol. C’est génial.
– Mon chat s’appelle Abd-El-Kader.
– C’est génial.
– Oui, je suis vraiment allé en Ouzbékistan.
– C’est génial.
– Dans la salle de bains, ils étaient trois. Plus un chat.
– C’est génial.
– Il t’a dit qu’il était amoureux de son mec ? Il t’a juste collé un râteau.
– C’est génial.
– Oh, une liposuccion en gros plan !
– C’est génial.
– Dans la panna cotta, il y a surtout de la crème fraîche.
– C’est génial.
– Je suis frigide. C’est génial.

Mme S et moi le dimanche

août 2nd, 2004

10H30 : Je sors acheter des clopes. La voisine du 11eme (Mme S qui ne me dit jamais bonjour) est train d’attendre avec ses bagages et son chat devant la grille de l’immeuble.
18H23 : Je sors acheter du pain. Devant la grille de l’immeuble : «occupe toi de tes fesses ! » crie Mme S à Mme G qui entre dans la résidence. Dans le même temps les trois pompiers qui tentent de convaincre Mme S de rentrer chez elle prennent un air désolé de circonstance.
18H24 : Je quitte la scène. Les pompiers : « Madame c’est l’hôpital si vous ne rentrez pas ».
18H32 : Je rentre chez moi par une autre entrée de la résidence.
19H55 : Je sors pour aller au ciné en plein air : personne.
21H04 : Je parle de Mme S à mes amis de ciné en plein air ; ils continent de mâcher leurs chips…
01H02 : De retour devant la grille de ma résidence, Mme S est là avec ses bagages, je lui demande si je peux l’aider : « Merci j’attends un Taxi ». Elle confirmera plus tard qu’elle attendait un taxi depuis 08H00 le matin.
01H10 : L’attroupement de voisin retranché à 5M50 de Mme S délègue Mme X (qui elle a un henné qui se voit) pour aller amadouer Mme S.
01H23 : De jolis policiers arrivent, je leur confirme que Mme S habite l’immeuble, qu’elle attend un taxi pour partir à la campagne ou elle a des rendez vous demain.
01H43 : Mr F membre de l’attroupement me fait remarquer la finesse psychologique du flic, « On peut pas vous laisser là, avec tous les voyous qui traînent ».
01H44 : je rentre me coucher.
03H05 : Je descend jusqu’à la grille de mon immeuble vérifier l’état de Mme S.
03H07 : « C’est une histoire de fou » me dit Mme S qui attend toujours son taxi.
03H17 : J’entame ma deuxième cigarette et discute avec Mme S de whiskey ou café pour les écrivains et de l’éventualité de la traduction de Chirac devant la haute cour suite à une éventuelle démission après l’éventuel échec du prochain referendum (dum dum dum…).
03H24 : Un taxi passe, je songe que c’est peut être le bon…
03H28 : J’apprends par le security guard que Mme S était rentrée chez elle sur les conseils des jolis policiers mais qu’elle est redescendu dès qu’ils ont eu tourné les talons.
03H39 : Je remonte chez moi et téléphone au commissariat du 11eme pour leur signaler que le taxi de Mme S n’est toujours pas arrivé.
04H10 : Je descends avec un tabouret pour que Mme S attende son taxi plus confortablement.
04H11 : Je croise Mme S qui remonte chez elle avec les jolis policiers, elle me remercie pour le tabouret, je lui conseille de dormir un peu, elle me conseille d’écrire une nouvelle à propos de cette nuit.
11h10 : Je descend pour acheter des clopes. A la grille, Mme S n’est plus là, je devrais peut être l’attendre ?

Une fête chez moi ressemble à la vie que j’aimerais avoir. D’amour et d’eau fraîche Vittel brumisée. Un mètre carré par personne mais une superficialité de malade, un rôle indiscuté et reconnu, pas la moindre obligation conversationnelle, Nirvana et un remix par Tiefschwartz.
Bitou ressemble au PR que je devrais être.
Coco ressemble à l’homme avec qui je devrais passer ma vie (incluse l’absence totale de dialogue).
Tous les autres ressemblent à des gens formidables et insouciants.

Les Mr. Freeze font toujours plaisir. Lorsque j’arrive au pique-nique à Créteil, tout le monde est sur le départ, mais les bâtons glacés qui sortent de mon sac Picard Surgelés sont la plus agréable surprise de leur journée. Nous cessons de parler, déchirons le plastique avec des fortunes diverses, suçons en cercle. Les goûts bleu framboise ou marron cola nous font hésiter entre l’écoeurement et la nostalgie. Lorsque nous en venons à bout, la glace est liquide. Le plastique nous reste, poisseux, entre les doigts, le soleil tape, les poubelles sont loin, nous éprouvons une soif intense. C’est un de ces plaisirs ambivalents, tu sais.

Proudly powered by WordPress. Theme developed with WordPress Theme Generator.
Copyright © Freedonia. All rights reserved.