Quand j’avais 8 ou 10 ans, j’avais un ami qui s’appelait Xavier. Le fils du vétérinaire. Il était le gardien de l’équipe de foot dans la cour, et moi le défenseur: autant dire qu’on était proches lui et moi. Je supportais le TéFéCé (européen) et lui le Real de Madrid.
J’avais un autre ami qui s’appelait Benjamin et qui était corse, et chiraquien — pourtant on est par la suite — en CM1 — également devenus proches lui et moi (on parlait de la situation en Nouvelle-Calédonie). A un moment, pour des raisons obscures, Xavier s’est fait mettre au ban par tout le monde, et en particulier Benjamin qui avait dû être un meilleur ami à lui ou quelque chose comme ça. Un ostracisme enfantin d’une violence totale. Ou alors c’est lui qui les a envoyés chier, je sais plus pourquoi, peut-être une sombre histoire d’opprobre sur les enfants dont les parents divorcent.
En tout cas, cet exil sous le préau a joué comme un incroyable ferment d’amitié, un catalyseur de mon désir que Xavier continue de me fréquenter. Il détestait tout le monde, il souhaitait la solitude et je crois qu’il l’a obtenu, il a toujours été à l’écart par la suite et d’ailleurs pas dans le même collège. Mais moi je continuais d’aller lui parler à la récré de 10h du matin.
Je ne l’ai revu que très longtemps après, peut-être dix ans, dans un anniversaire un peu revival. J’ai eu l’impression qu’il avait une amitié incroyable pour moi, qu’il se rappelait comme de la veille la précédente fois où on avait été au même anniversaire, et où j’avais drôlement saboté le jeu du chef d’orchestre avec des vannes nulles. Quelque part, j’ai effectivement réussi à sauver cette amitié-là, puisqu’elle n’a pas entièrement disparu, qu’elle conserve la force d’un souvenir immarcescible. Mais qu’est-ce qu’une amitié qu’on est susceptible de convoquer tous les dix ans dans les réunions d’anciens?
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C’était étrangement doux. Nous avons réinterprété chacun des lieux communs des années précédentes («à quelle heure on ouvre les cadeaux?») sans accroc. On pourrait fêter Nowël de la même manière pendant encore des décennies, avec seulement d’infimes variations dans le menu chez ma grand’mère le 25.
’cause we were never being boring
We had too much time to find for ourselves
Cette année il n’y a pas eu de drame, contrairement à 2000 et 2001 et malgré l’absence de mesures prophylactiques comme en 2002 et 2003. On a chacun tenu convenablement notre rôle sans la pression d’un public.
And we were never being boring
We dressed up and fought, then thought: make amends
Au retour, Paris semblait plus immuable, plus fixé et plus glacé que d’habitude. La faute à la musique sérielle d’ascenseur du taxi. La ville prenait le grand froid plastique et publicitaire d’un film de Beineix. J’aurais dû allumer une clope l’air concerné à peu près là, ça aurait été parfait avec mes grands sacs de cadeaux et mon pantalon cigarette. Mais je ne fume pas.
And we were never holding back or worried that
Time would come to an end
Chez moi, Comité poussait des hullulements de plaisir car LzMry le grattait. Et puis il se branlait la ceinture sur moi. Des vidéos le prouvent. Fawn disait: «j’aimerais qu’on me fasse des cadeaux normaux, pas un livre sur l’aromathérapie comme l’an dernier». On disait aussi: «J’ai parlé à Arnaud avant-hier…» ou «il n’a pas répondu à mon e-mail» ou «c’est clair qu’il t’en veut plus» ou «tu me feras un chocolat froid». La chaudière aussi avait rendu l’âme.
We were always hoping that, looking back
You could always rely on a friend
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J’ai perdu l’ouïe mais pas le droit de faire des chèques. C’est ça la magie de Nowël.
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Ca y est, comme tous les ans, trois jours avant Noël, j’en ai (déjà) marre.
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Chenot & Malbruno are out.
William Geandarme is still held hostage among the clod-hoppers though (my foot).
And now listen to me William : either you make me a purse for Xmas, or I’ll kill Lazaro Hernandez and Jack MacCollough (I hold them), OK? Understand?
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