Freedonia

Faconde

La première nouvelle de la semaine est l’annonce par Entonnoir Fils, frais émoulu président de la justice constitutionnelle aux ordres, de la liste officielle des candidats. Bové et Besancenot ont réunis leurs 500 signatures, comme bien sûr le Pen malgré son martyrologue quinquennal, ainsi que Nihous, contrairement à ce qu’annonçait Freedonia, ma fourche a langué. Cadeau de la semaine, la radio électorale exclusive de Freedonia, il est temps de faire confiance à la France, qui respecte l’ordre officiel des candidatures mais pas l’égalité du temps de parole (pogne la fleur):

Prologue
«La Victoire en chantant»
Renaud – «Hexagone»

La Caravane du Tour
Olivier Besancenot / The Carpenters – «Please Mr. Postman»
Marie-Georges Buffet / Neutral Milk Hotel – «Communist Daughter»
Gérard Schivardi / Gazebo – «Trotsky Burger»
François Bayrou / Petula Clark – «I Don’t Know How To Love Him (Jesus-Christ Superstar)»
José Bové / Maquis Star – «Roquefort Society»
Dominique Voynet / Al Hirt – «Green Hornet»
Philippe de Villiers / Led Zeppelin – «Royal Orleans»
Ségolène Royal / Diam’s – «La Boulette»
Frédéric Nihous / Les Fatals Picards – «Chasse, Pêche et Biture»
Jean-Marie Le Pen / Philippe Katerine – «Marine Le Pen»
Arlette Laguiller / Trotsky Vengaran – «Justicia Infinita»
Nicolas Sarkozy / Amy Winehouse – «You Know I’m No Good»

Bonus partialité
Soeur Sourire – «Dominique»

Epilogue
The Knife – «Marble House»

Le gagnant emporte le droit à cinq ans de complaisance de Patrick Poivre d’Arvor et l’incorporation de sa chanson à Radio Freedonia, toujours du côté du manche.

Autre nouvelle de la semaine, le soutien de la corde au pendu, en l’occurrence le murmure d’endossement de Sarkozy par Chirac. Sarkozy quitte le gouvernement lundi prochain, ce qui ne laisse qu’un petit mois aux cabinets noirs du chiraquisme pour parachever le travail de sape déjà largement entamé avec l’histoire de l’appart de Neuilly.

Bayrou retombe apparemment un peu dans les sondages, qui doivent faire leurs enquêtes les uns chez les autres («Allooo, oui, c’est Jérôme Jaffré… J’aimerais savoir quel pourcentage de Roland Cayrol vote Bayrou?»). Comme le pointe un rappel à l’ordre de la commission des sondages, les méthodes des sondologues tiennent à la science autant que la phrénologie de Gall ou la théorie reproductive de Gallien.

Au demeurant, le camembert plat (brie?) ci-dessous montre le caractère atypique de la coalition de votes que Bayrou réunit continue de peser sur les intentions de vote à gauche, historiquement basses.

Sinon, j’ai dû laisser passer il y a une ou deux semaines ce qui me semble la Boulette d’or de la campagne so far, du genre de celle emportée en 2002 par le conseiller qui avait refusé le «off» pour l’«usé, vieilli, fatigué» de Jospin: Sarkozy confirme ne pas boire de pinard. N’est-ce pas se préparer, contre lui-même, l’union sacrée des fumeurs de beuh et des piliers de zinc, la sainte alliance pour la seule France, la vraie France, la ouais grosse France, la France psychotrope? L’idéal serait que Sarkozy aille au bout de l’idée en traitant les gobeurs d’anxiolytiques de feignasses assistées.

«Le centre n'existe pas, et s'il existe il est à droite» (Laurent Fabius)

Provence-Alpes-Côte d’Azur est la région de la semaine. Plusieurs régions en une comme son nom l’indique, et plusieurs traditions politiques:
- quartiers ouvriers, historiquement rouges, des chantiers navals et des banlieues pétrochimiques – en déserrance – de Marseille, qui expliquent que le PCF garde encore ici quelques points d’appui,
- un fond contre-révolutionnaire, monarchiste et bourgeois, du côté de l’ordre royal ou napoléonien, bien illustré en Provence par la ville d’Aix (cf. La Fortune des Rougon),
- une tradition concurrente de la gauche, en zone rurale pauvre et républicaine, d’Arles à l’arrière-pays varois aux contreforts des Alpes, mais aussi avec une tonalité radicale à Marseille ou longtemps à Toulon,
- un fonds ancien de racisme (des pogroms anti-italiens du XIXe siècle au Comorien poignardé par des colleurs d’affiches du FN), renforcé notamment par l’afflux des rapatriés dans la région, cultivé par plusieurs ténors locaux de la xénophobie, et entretenu par la porosité idéologique et humaine (Yann Piat, Peyrat, etc.) entre droites parlementaire et extrème.
- une foultitude, en effet, de caudillos municipaux indéboulonnables: les Médecin à Nice, Defferre à Marseille, Arreckx à Toulon, et jusqu’aux tentatives récentes de démagogues comme Tapie ou Le Pen,
- l’afflux de vieux sur la Côte d’Azur, qui, on le sait, disent merci aux escrocs de droite qui leur piquent leur portefeuille (les exemples ne manquent pas).

«Ca dépend de la grosseur des tiers.»

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