Les gens heureux n’ont pas d’histoire.
Faut-il y voir la crise des pays «à piliers» (Autriche, Pays-Bas, Belgique à la rigueur, Luxembourg un de ces jours), en tout cas les grandes formations traditionnelles chrétienne, conservatrice et agrarienne (le parti du Centre, parti charnière cette fois ci allié à la gauche) sortent laminées du scrutin dans la pétromonarchie du dessus. Seul le parti libéral Venstre se refait une (petite) santé.
A y bien regarder, la situation du mouvement «ouvrier» n’est pas si excellente, puisque pour la première fois, le leader «sémillant» (dixit Le Monde) du parti travailliste ménera un gouvernement de coalition «gauche plurielle». Jusque là, l’Arbeiterpartiet avait (presque) toujours dirigé, et toujours seul (parfois en gouvernement minoritaire).
Comme ailleurs, la droite raciste anti-système est grand vainqueur (le Parti du progrès, Fremskrittpartiet) — en Norvège elle n’est pas encore sortie de la confortable situation d’opposant à tout et tous, puisqu’elle soutenait sans participation le gouvernement battu de Bondevik. Ce qui est rigolo (enfin si l’on veut), c’est que le Bondevik en question n’était pas issu de la première formation de droite «parlementaire» mais du petit Parti populaire chrétien KRF ; un peu comme si la minorité de l’UDF était à Matignon juste pour voir.
La Norvège avait comme principal souci de savoir comment partager ses richesses hydrocarbures énormes, et s’il fallait creuser dans la mer (de Barents) pour en trouver d’autres, et s’il fallait le consommer ou juste le vendre (cher). Si j’ai bien suivi, le dernier gouvernement de gauche est d’ailleurs tombé, en 2001, sur une sombre affaire de centrales énergétiques sales (voulues par les travaillistes mais pas leurs alliés écolos anti-OTAN et anti-UE du Parti socialiste de gauche).
Eliminés d’ailleurs et enfin, les pêcheurs de baleine réac du Parti côtier, qui s’étaient présentés jusque dans l’intérieur des terres. Bien fait dans leur cul.
Côté logos, on voit la grande tendance à l’abstraction, cf. la rose sans épine, sans tige et sans naturalité ainsi que le logo insipide des Conservateurs, qui rappelle un peu le ruban fade et tous-terrains de British Airways. Et le grand retour du logo n’importe-quoi avec la pomme de l’extrème-droite.

