(couple)
Le conseiller parlementaire joli et so-pédé de droite de D¤arcos, croisé au Sénat mardi dernier, m’a dragué par le truchement de Gayvox. Il avait adressé dès le 9 des messages un peu byzantins («j’ai croisé au boulot un Pat qui te ressemble») mais ce n’est qu’au retour du cours séjour normand que j’ai fait le rapprochement (dans un nouveau message, il parlait d’une «matinée perdue»). Appelons-le Stéphane J.
Dimanche soir, tandis que Gilles attendait le sommeil dans mon lit, je guettais sa venue du coin de l’oeil. Lundi matin, alors que Gilles retenait encore un peu le dormir, déjà l’air de rien je vérifiai qu’il n’avait pas laissé de texto — je lui ai donné mon numéro de portable. Lundi soir, à dessein j’ai demandé à Sophie de rentrer tôt de chez Papa et Maman.
En effet, je l’ai croisé dimanche soir tard, et je lui ai parlé sur Internet pendant peut être deux ou trois heures. Il est jaloux, en particulier de ce que j’aie déjà un copain. Il est séducteur, possessif, très politique aussi à cet égard; il fait de la politique depuis ses seize ans. Il m’a raconté dans les grandes longueurs sa dernière histoire sentimentale ratée avec quelqu’un de l’Assemblée, dont je ne suis pas sûr de comprendre bien si elle était une menace ou la promesse de trésors de passion. Il a en effet à ce quelqu’un barré la porte d’un cabinet ministériel, car «il m’a fait souffrir, j’en fais autant».
Il est macho et réac, et sûrement sans foi ni loi. C’est bien dur de résister, même si je sens tous les problèmes du sexe adultère avec un supérieur qui ne partage aucune de mes idées. Je le revois ce soir.
Seul Bertrand S. est au courant (d’ailleurs depuis le début, j’ai dû lire les messages de Stéphane depuis son poste au Département). C’est un exercice d’équilibriste pour moi que ce quasi-mutisme.
