A quelque chose malheur est bon.
A la campagne, le pollen me pourrissait la vie et des excréments d’animaux surgissaient sous mes pieds. La nature ne m’aimait pas. J’avais le blues, comme on peut l’avoir sur une balancelle au Sud des Etats-Unis (mais où était la balancelle ?) : une influence indirecte de Bryan.
Ma mère souffrait d’un mal que les spécialistes nomment “la capsulite”. J’avais de la peine mais il me vint à l’esprit que les traducteurs de l’hypocondriaque Woody Allen auraient pu inventer ce mot s’il avait réalisé un deuxième film de science fiction. “Glossy shit!” m’écriai-je alors.
A Suicide-en-Brie, des invités complétaient un terrain dès lors suffisamment large pour confirmer des statistiques avancées de nombreuses fois par des études américaines. Les paroles prononcées dans cette maison, lorsque mes parents n’étaient pas seuls et tous locuteurs confondus, concernaient l’immobilier à hauteur de 49,3% et les vacances à hauteur de 42,7%. Les invités avaient fait très fort en introduisant le sujet du je ne sais quoi ’sharing’, un procédé permettant de combiner cours de rock en paréo en République dominicaine et placement fructueux.
Dans un lieu où il aurait pu se passer quelque chose, je vis un de ces beaux garçons d’Act Up que PatCo avait une fois photographié pour moi.
Le week-end fut ainsi chargé, comme de coutume, de deux ou trois choses à raconter sur Freedonia une fois la semaine revenue. Un jour, pour instrumentaliser davantage ma vie auto-fictive, je m’achèterai un appareil de photographie numérique.
