Je suis malheureuse parce que je suis conne
En cherchant sur Google, je suis tombé sur ce post de Martine sur un blog :
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La vie est une tartine de merde. Faire des stages non obligatoires est un non sens (mort aux étudiants). Un jour, j’arrêterai tout ceci et je ferai un choix. Mais à la gare de Torcy à 7h30, je n’ai pas la tête à ça. Lorsque le train entre en gare, je monte quand même et j’y vais.
Durant l’interminable trajet, j’ai beau poser mon regard sur mes notes de cours (les partiels approchent), c’est lui que je vois, son sourire bref et son air de zombie lorsque j’entre dans la salle de pige et qu’il est forcément déjà là, à faire le travail qu’il voudrait que je fasse.
Nous ne décrochons pas un mot. Je lui pose une question, le ventre noué par la peur d’être conne. Il me répond posément ; il est correct et souriant mais sans qu’il le sache lui-même, seuls trois mots sortent de sa bouche et me parviennent : “Tu es conne.”
Le cirque recommence. Plusieurs fois dans la journée, il semble m’expliquer des choses, me faire des remarques, s’impatienter aussi, hausser le ton. Mais quels que soient ses demandes, ses intentions, ses gestes, ses attentes, c’est toujours cette phrase que j’entends : “Tu es conne.”
Forcément, je ne sais comment faire. Je ne sais pas ce qu’il veut, je ne sais pas la façon. Et lorsque, exaspéré sans doute, il cesse de m’adresser la parole, il y a toujours l’écho des mots terribles.
Je me réveille à Auber. Comme je le déteste.
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