Salut les ptits clous
Que de bonheur, la campagne officielle commence, avec deux semaines de castors interviewers et de Super-Doigt de Bruno Mégret (le héros Nouvelle Droite), de candidats figés et de mobilier Ikéa, le tout réalisé par les perchistes hémiplégiques du CSA. Voici la matrice SWOT des premiers spots, réalisée en exclu mondiale par Freedonia, l’égalité des chances mercatiques:
Olivier Besancenot
Force: Parle comme un charretier, donc clair.
Faiblesse: Jeans moche.
Opportunité: Repeindre l’imprimerie en rouge pendant que le patron est pas là.
Menace: Pourrait à l’usage devenir aigre comme Arlette Laguiller.
Marie-Georges Buffet
Force: Grâce à l’ouverture du Parti aux homosexuels, graphisme joli (mais un peu eighties).
Faiblesse: Enfermée dans un cagibi rouge anxiogène.
Opportunité: n’importe quelle coupe de cheveux serait mieux.
Menace: Egarer sa boîte de benzodiazépines.
Gérard Schivardi
Force: Accent méridional.
Faiblesse: Utilise le vieux ressort lambertiste inefficace de la théorie du complot.
Opportunité: Il y a un métro direct depuis la place de la République pour Mailhac.
Menace: Asphyxié par les gaz d’échappement.
François Bayrou
Force: Con donc intelligible.
Faiblesse: Bibliothèque pas vraiment élyséenne.
Opportunité: Se mettre à parler comme Besancenot («Y a le feu!»).
Menace: Epuiser son stock de Demak’up.
José Bové
Force: A survécu aux buffets-tofu servis dans ses meetings par des vétérans de l’AREV.
Faiblesse: Hymne reggae.
Opportunité: Peeling pour tout le monde.
Menace: Au-dessus de 5%, relancer la carrière de Karl Zéro.
Dominique Voynet
Force: Elle est colère-colère!
Faiblesse: Images pompées à «Cosmos 99»
Opportunité: Energie éolienne dans ses cheveux.
Menace: Les gilets marron seront ringards dès le 23 avril (source: PELTAG).
Philippe de Villiers
Force: Les épaulettes 1985 sont de retour.
Faiblesse: Parle des mains mais avec ridicule.
Opportunité: Le stock de formules-chocs semble inépuisable.
Menace: Il nous tient une petite forme non?
Ségolène Royal
Force: N’a pas de mouette sur son ciel bleu.
Faiblesse: Joue à la présidente de la République («Chers compatriotes… vive la République, vive la France»), comme n’importe quel Nicolas Miguet.
Opportunité: Reste intelligible en mode fast-forward.
Menace: Mitterrand lui a donné le baiser de la mort.
Frédéric Nihous
Force: Accent chti excitant.
Faiblesse: Balai dans le cul.
Opportunité: Faire carrière chez Titan Prod.
Menace: La déforestation.
Jean-Marie Le Pen
Force: Le fond de teint a l’air de tenir le choc.
Faiblesse: Pourquoi continue-t-il de laisser Janny choisir ses looks?
Opportunité: Piquer le job de Michel Chevalet.
Menace: Est devenu la caricature de lui-même il y a environ 15 ans. (cf. Michel Chevalet)
Arlette Laguiller
Force: Faire passer le quatrième-internationalisme le plus sectaire pour de la social-démocratie en veste à méga-padding.
Faiblesse: Mène une «campagne radiotélévisée» sur l’ORTF depuis 1974.
Opportunité: Epouser le mec de la photo du fond (Hardy?).
Menace: Se faire piquer sa belle bibliothèque par Bayrou.
Nicolas Sarkozy
Force: A mis la main sur la liste de formules toutes faites de Jacques Chirac.
Faiblesse: Fond musical interprêté par Enya.
Opportunité: Devenir présentateur météo.
Menace: A hautes doses, les séances d’UV sont cancérigènes.
Et toujours, la radio présidentielle!
Pour continuer de tenir la chronique de la semaine, le plus beau gadin est celui de Rachida Dati, qui se voyait déjà dans le fauteuil laissé vide par Azouz Begag — ministre quota à l’intitulé vague mais ronflant –, risque fort de rester dans l’ombre dont elle n’aurait jamais dû sortir, après avoir remis une couche de Kärcher (en direct du Lutécia, centre de tri des déportés en 1940, car tout se tient) alors même que Naboléon II est vivement critiqué pour la droitisation de sa campagne.
Barbouzerie de la semaine révélée, ou plutôt documentée par le Canard enchaîné, Chirac aurait échangé son soutien à Sarkozy contre l’assurance de ne pas être poursuivi pénalement après sa fin de mandat. Le truc juridique: éteindre toutes les affaires qui ont traîné sur les parquets et les bureaux de juges d’instruction, ce qui devrait faire plaisir à pas mal de (beau et moins beau) monde.
De son côté, Royal est fustigée de gauche et de droite pour sa proposition de «contrats première chance» pour ses jeunes sans formation, qualifiés de nouveaux CPE. Un bon article de Piketty fait le point sur le caractère somme toute défendable de cette mesure (et de la politique économique de Royal), et de l’ineptie droitière des programmes de Bayrou et Sarkozy.
Le Pen retrouve ses premières amours vichystes en parlant dudit Sarkozy comme d’un «métèque», ou peu s’en faut.
Sinon, j’ai dessiné une carte de température pour la MAJ et pour les (?) lecteurs de Freedonia, fromage et dessert. Elle montre la disparition parallèle des implantations municipales et parlementaires du Parti (ce serait plus frappant encore si on travaillait sur 30 plutôt que 20 ans), aujourd’hui éteint dans des régions d’enracinement jadis profond.

