Freedonia

In cauda venenum

Barbouzerie majuscule cette semaine, avec «l’affaire» de la gare du Nord. Interpellation musclée (lire: tabassage) d’un fraudeur du métro — là je me suis dit: le compte de l’Etat-Sarkozy est bon. Coup de fil de Sébastien H., qui m’apprends par ailleurs d’autres piêtres nouvelles: non non non, c’est un très bon coup de la droite, monté même peut-être; le type est sans papiers et repris de justice. Suivent des heurts (lire: bataille de rue) télégéniques à mort. Vu de Ruritanie, avec à ma disposition seulement les sondages (lire: cartomancie) et «la Pravda» pour me faire une idée des effets sur l’âme du pays, l’impact en reste pour moi mystère et boule de gomme.

Tout cela efface le non-évènement du ralliement de Borloo à Sarkozy. Un souper fin et prolongé pour parler de la France monsieur, non pas de mesquins intérêts maroquiniers. Bayrou affiche les soutiens qu’il peut: Azoug Begag, sous-ministre à la panne de l’ascenseur républicain, et François Goulard, sous-ministre de la privatisation universitaire (qui connaît monsieur Goulard?). A propos, gaffe de la semaine, le bouquin de Besson, qui a de grands bleus à l’âme et ne pense que du bien de Sarkozy — mais que faisait-il au PS? — est en tête des ventes.

Le même Sarkozy quitte le ministère de l’Etat policier au bénéfice du gendre Drucker. Dans ce (peut-être?) dernier jeu de bonneteau chiraquien dans le septième arrondissement, il est remplacé par un des deux seuls futurs ex-villepinistes de la Chambre, Mariton (sauras-tu nommer l’autre?). La voix de son maître, Xavier Bertrand, cède le ministère de la charité et du patriarcat à Philippe Bas, comme son nom l’indique (36-15 Lacan) servile créature du Château.

Et si on lisait plutôt l'avenir dans des boyaux de poulet?

Voilà qui nous amène (ou pas) à la toute dernière région de la série pré-électorale, la Lorraine. Comme dans le Nord – Pas-de-Calais, l’implantation de la gauche recoupe de façon étroite l’ex-bassin sidérurgique et minier. Depuis lurette le PCF n’a plus de député dans la région, mais il reste fortement implanté dans le Pays Haut (le saillant de Briey, ainsi que les aires mosellanes voisines). Comme on l’a évoqué plusieurs fois, son érosion accélérée se fait au profit du PS qui récupère la représentation institutionnelle, et du FN dans les urnes: à Sarrebourg ou en Moselle, un quart des suffrages en 2002 — vote d’ex-bassins ouvriers en déserrance mais aussi de campagnes conservatrices et pieuses, comme dans l’Alsace et la Champagne voisines. A droite, la région est historiquement plus gaulliste qu’UDF, avec la haine titanesque Poncelet / Seguin dans les Vosges. La Lorraine a néanmoins donné à la confédération centriste de jadis une palette de leaders insubmersibles et inoubliables: radicalisme à l’ancienne de Rossinot (qui devrait céder la place à un Valoisien frais émoulu, Hénart), centre-gauche/centre-droite mais surtout centre-mirabelle de Jean-Marie Rausch à Nancy (noter la pompadour très PCUS), fascisme giscardisé de Gérard Longuet dans la Meuse.

Encore un ptit pour la route?

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