Plouf
Bayrou monte et démange.
- Sarkozy dégaine Veil dans son comité de soutien, ce qui fait coup triple (icône féministe, “autorité morale” (?) du centrisme européen, rescapée de la Shoah) — mieux y’avait Zidane et l’abbé Pierre mais ils étaient pris. Et puis Veil déteste Bayrou depuis qu’il a dirigé sa campagne européenne de 1989 et qu’elle adore le «craquant» (sic) Douste-Blazy. Il faudrait s’interroger sur cette absence de lucidité. En même temps elle aimait Balladur aussi.
- Royal dégaine Le Gall (pas le café, l’autre), qui avait seul au PS vu venir la relégation de Jospin par le Pen en troisième position. Et donc, le vote utile dans un message modérément subliminal.
Chez Sarkozy, les équipes ont arrêté de se disputer les sous-secrétariats d’Etat du gouvernement Fillon et commencent à flipper ferme. Le chef ressasse, le chef effraie, surtout les sondages de le chef piquent sérieusement du nez. Il est urgent de trouver un truc sur Bayrou (maîtresse ça c’est facile. Barraque à la Gaymard? détournements de fonds? vices effrayant ma grand’mère?).
La barbouzerie de la semaine est incontestablement l’envoi par Miguet, autoproclamé (auprès des enquêteurs de Freedonia, le tchatte sur un toi brûlant) «Ségolène Royal de la droite anti-fiscale», de faux formulaires de parrainage aux maires. Avec à la clé, 24 heures de garde à vue et une mise en examen. Barbouzerie qui a bien du mal à éclipser les tracas de Sarkozy (et Royal aussi) sur leur ISF et leur patrimoine immobilier.
C’était aussi la semaine où, selon la blague de Willem, on comptait des sous-marins nucléaires pour s’endormir: on parle défense (juste un peu, une bonne fois pour toutes hein). La semaine où Sarkozy, qui tire décidément des traites sur l’avenir comme un mondain de chez Balzac, fait sienne les fumisteries géopolitiques de Glucksmann et promet, comme Khrouchtchev, des missiles et des saucisses (en l’occurence, des porte-avions et des profs). Où Royal dit «non» aux mini-nukes (bombinettes atomiques d’emploi tactique), à rebrousse-poil des innovations théoriques du Vieux l’an dernier.

La région de la semaine est une des plus pauvres, alcoolisées, sinistr(é)es de France, et elle vote donc, assez massivement, pour l’extrème-gauche notamment communiste, CPNT, et le Front national. L’Oise, grande banlieue parisienne avec les barres et les dalles mais pas le RER, est un écosystème de vote FN et de putréfaction gaulliste (des votes achetés dans les années 50-60 par Dassault père à coups d’abonnement d’office à «Jours de France» et de billets à la portière de la limousine, à Jean-François Mancel, le Carignon du crû: insubmersible mais pas incorruptible). Plus au nord, on trouve le «cas» Gremetz, archétype du stalinien macho, viandard, réac pour tout dire, dont les outrances — comportement de petit patron indigne avec une permanente, conduite en état d’ivresse au milieu d’un meeting politique adverse, etc. — ont fini par faire exploser en trois (lui, le PC-canal historique, et un élu qui siège avec les Verts et le PRG) l’imposante délégation communiste au Conseil régional. Il est vrai qu’il avait raté la présidence de région auparavant.

