Freedonia

Splendeurs et misères des courtisanes

Si je faisais une psychanalyse, le premier truc dont j’aimerais parler avec le type (après mes troubles compulsifs alimentaires comme le fait de toujours lécher mes doigts quand je fais la cuisine) serait sûrement ma peur qu’on me préfère quelqu’un d’autre (en amitié) et son double mental, ma peur de l’abandon (en amour, qui m’amène par ricochet à faire échouer les relations par anticipation). Peut-être que ça ferait beaucoup pour une seule séance alors je reviendrais, le type serait content pour sa petite affaire.

Je me rappelle avoir visité Lubeck, à l’âge de 12 ans, avec deux amis qui avaient joué toute la gamme de ma peur, en me moquant, en me laissant les suivre, et puis plus. J’ai sûrement eu ce sentiment (d’ailleurs un temps érotisé avec CriBou) pour lui et ChelseaBoy, à l’époque où je sortais avec l’un, puis l’autre, régulièrement au Queen. 00h45 Like A Prayer, 00h50 You’re My Heart You’re My Soul, 00h53 Fotonovella 1h00 Blame It On The Boogie (SAW re-edit): la musique, et les larmoiements immatures de Whitney Houston, dégoulinaient de cette crainte de se faire larguer pour un autre, parce que c’était les années 90 et que c’était le règne de la cohérence.

Ma jalousie amicale est sans doute encore assez active vis-à-vis de ComitéCentral. Je me demande comment je vais faire à distance, probablement l’appeler tous les soirs pour être sûr ou lui demander de me faxer ses emplois du temps.

Quand j’avais 15 ans, j’ai perdu de vue d’un seul coup la totalité de mes amis, juste parce que j’avais changé de lycée. J’en ai recroisé quelques-uns, mais ni eux ni moi n’avons maintenu le contact. Le même truc est survenu à nouveau à 18 ans, mais c’était mieux parce que j’ai (généralement) détesté la bande de petits bizuteurs, fachos et/ou fin-de-race de Stan. Les quelques amis que je me suis fait depuis, je les revois même si les époques précédentes m’ont appris le caractère précaire (dans le temps et dans ses conditions d’existence) de toute amitié.

Tout à l’heure je relisais des vieux commentaires sur Freedonia, à l’époque où c’était drôle à lire et ou tout le monde écrivait, pas juste PrinceParano torché à la limonada sur des plages innommées. La fin des haricots de ce pseudo-Âge d’Or (de dedans ma tête) coïncide avec la première Mort aux Jeunes, l’immixtion de Speedo, et l’ouverture de Gay-Attitude (depuis supplanté, il est vrai, par MySpace).

Mon père m’a raconté une merveilleuse anecdote de sa jeunesse: il s’était retrouvé avec trois autres amis à New York, à un rendez-vous pris des mois auparavant. A l’heure dite, l’un puis l’autre été apparus, au coin de la rue, comme une abolition du temps par la fidélité en amitié.

Comité a sa musique, AC&P ses écrits, Ivan a ses excès, WGP sa maison de couture faubourg Saint-Honoré (à confirmer), François B2 a son humour (il est tellement drôle). Mais je ne peux «avoir» mes fêtes et mes amis, parce que ce n’est pas quelque chose qu’on détient mais qu’on fait, un jour après l’autre.

«Je commencerai par où?
La fin ou le début?
La fin.

Bien sûr qu’il y aura une fin,
d’ailleurs celle-ci m’obsède,
m’observe et me rend folle.
Est-ce que tu le perçois?»

Bien sûr que ce ne sera déjà plus pareil, d’ici à mon retour (à date incertaine). On aura plus de trente ans, et des pecs pour compenser. Des tas de soirées auront eu lieu sans moi, de nouveaux gens (la bande des bibis?) seront arrivés, d’autres partis (BoxingSlut en Amérique latine pour commencer), Machin aura enfin réussi à coucher avec Truc, la musique qu’il faudra écouter aura déjà changé avant que j’aie retenu le nom de celle que j’écoute maintenant (électroclash?), la coupe de cheveux de Matthieu sera passée par plusieurs phases. J’aurai pris 10 kilos à cause du gouda, du genièvre, du hareng et de la dépression (sous réserve).

Peut-être n’est-ce pas ce que j’aurais préféré.
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If I went through a psycho-analysis, the first thing I’d like to talk about with the shrink (after my food compulsive-disorder, like the fact I lick my finger went I do the cooking, though) would certainly be my fear that someone else is prefered to me (in friendship) and its mental twin, my fear to be abandoned (in love, that have me conversely make the relationships fail beforehand). Maybe that would be much for a single appointment, so I would have to come, the shrink would be happy for his small business.

I remember visiting Lubeck when I was 12 with two friends. They played the full gammut of my fear, making fun of me, having me follow them, and then no more. I certainly have had this feeling (otherwise partly eroticized with CriBou) with him and ChelseaBoy, at the time when I went out with one and then the other at the Queen. 00:45 “Like A Prayer”, 00:50 “You’re My Heart You’re My Soul”, 00:53 “Fotonovella” 1:00 “Blame It On The Boogie” (SAW re-edit): the music and the childish yellings of Whitney Houston were dripping with this fear to be dumped for someone else, because it was the 90’s and coherence ruled.

My friendly jealousy is probablys still quite busy for ComitéCentral. I wonder how I will do from afar, probably call him every evening or have him fax his daily schedule.

When I was 15, I lost sight of all my friends at once, just because I wasn’t in the same high school anymore. I re-met some of them, but neither them nor I did keep in touch. The same thing happened again when I turned 18, but it was better because I had (mostly) hated the gang of small-scale fascistic and/or decadent bullies from Stan High. The few friends I’ve made since, do I see again even though the previous eras have learnt me the precarious nature (in duration and in conditions of existence) of any friendship.

A few moments ago I was re-reading old comments on Freedonia, at the time it was funny to read and everybody was writing there, not just drunk PrinceParano from nondescript beachsides. The end of this mock Golden Age (or so I think) coincide with the first Mort aux Jeunes party, with the intrusion of Speedo, and with the opening of the GayAttitude website (since replaced, true, by MySpace).

My father told me a wonderful anecdote of his youth: he had met with three other friends in NYC, it was a rendez-vous taken months before. At the said time, one and then the other appeared, at the street corner, like abolishing time through faithfulness in friendship.

Comité has got his music, AC&P his writings, Ivan his excesses, WGP his maison de couture on Faubourg-Saint-Honoré street (tbc), François B2 has got his humor (he’s so fun!). Yet I can’t “have” my parties and my friends, because it’s not something you’ve got, it’s something you do one day after another.

“Where should I start?
End or beginning?
End.

Of course there’ll be an end,
beside, I’m obsessed,
observed, and made crazy by it.
Do you get it?”

Of course it won’t be the same already, from here til when I come back (at an uncertain time). We will be over 30. We will have pecs to compensate. Many parties will have happened without me, new people (the sweeties’ gang?) will have blend in, other will be gone (BoxingSlut in South America, for one), Thing will have finally slept with Schmuck, the music to be listened will have changed even before I know the name of what I currently listen to (electroclash?), Matthieu’s hairdo will have gone through several phases. I’ll be 10 kg fatter, from gouda, gin, herring, and depression (tbc).

It might not be what I would have prefered.

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