La Fin du monde
«On n’en parle plus guère, mais les habitants de Maputo s’en souviennent bien, de cette époque où régnaient ces instincts de survie. Il y a vingt-deux ans, Maputo subissait un siège de quatre années, encerclée par des forces entretenues par l’Afrique du Sud et le Zimbabwe voisins. Rien n’entrait, rien ne sortait de la ville. On mangeait tout.
Nous avions alors réussi à nous faufiler dans cette cité étouffée, prisonnière. Les grandes plages avaient été minées, plus question de se baigner. Le soir, des obus s’abattaient sur le golf, plus question de jouer. Les étrangers perdaient leurs nerfs. À l’ambassade de Chine, un diplomate avait craqué, et assassiné sept de ses collègues. Au night-club Coconut’s, où des espions sud-africains buvaient les dernières bières disponibles, il restait un seul disque qui passait en boucle toute la nuit : “Comme un ouragan!”, le “tube” de Stéphanie de Monaco. » (Le Figaro)
