Freedonia

The Flash of the Neon Light

Comme j’étais en retard, Fabien V. avait émigré d’office dans le wannabe lounge-bar que j’avais en tête (je m’étais dit: «un endroit branchouillado où ils font des cocktails voyants»). Au même chapitre «acclimatation», il demanda: «et, c’est ton pullover de weekend?» (non, c’est mon pullover de droite).

Fabien V. parlait de lui, avec sa voix haut perchée et de rares accents provençaux. Il levait peu le voile sur cette oppressive famille marseillaise et toutes ces Suédoises aux grandes dents et ces Chinois absurdes fréquentés en Indochine. («j’avais une copine à Singapour… Non non, je n’ai pas été au grand sauna à Bangkok, mais on m’en parlait tous les jours.») Il construisait sa blog-légende sans que rien n’indique que sa légende, tout court, dût survenir dans un horizon de temps prévisible. Je lui reprochais sa mollesse et son amour de la Rente («tu es plus susceptible de recevoirs des coups que d’en donner»), et il confessait l’air de rien: «quand on veut travailler dans l’art prétentieux, il faut l’être un peu soi-même». Il était impossible de manger et boire proprement, c’est l’inconvénient de manger et de boire de belles choses.

Dans une antiquaire 60’s du Marais, des galeristes de la connaissance de Stéphane V. (a.K.a. «les sacs à mains») racontaient des anecdotes. Comme celle de François Pinault cherchant pendant des années à manger, pour des raisons obscures (construire sa propre légende de mécène?), avec Pierre & Gilles, et qui, y parvenant finalement, vint chez eux avec un super vin, et mangea des lentilles à la cuisine. Enfin, il a fini par être photographié en Capitaine Némo. Vivement le catalogue extensif de tout l’oeuvre de P&G.

Autre anecdote bizarre d’une famille juive dans laquelle, post-Shoah, très curieusement, on ne disait plus “juif”, ce qui donnait à table: «Nous sommes passés pas Ville… pour le retour. (…) Ta voisine, est-ce qu’elle n’est pas …?»

Sinon, des deux antiquaires l’un était Suédois (accent comestible), et pile poil dans un de mes segments de désir (quadragénaire, blond, gras, poilu, avec des yeux bleus, et un air doux et coquin). Eh-eh: j’ai son numéro de portable. Bon, manque de bol c’est l’autre galeriste, qui est son mari, qui me l’a filé.

Samedi soir, un dîner chouette avec FFB et Wilfred, où j’ai tout appris sur leurs détours amoureux et l’église re-réformée des Pays-Bas. Après, la soirée de trop à la Maroquinerie, où par définition j’ai croisé L***, et rejoint SophCo. AC&P et moi tentions des énormes stratégies de chope vouées à l’échec (comme scotcher sur un mec hétéro flexible mais finalement pas), tandis qu’après s’être démenés comme des groupies face à des DJettes chouettes, ComitéCentral et son moral étaient retombés comme des crêpes, au bas de l’escalier.

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