Où les jours de Martine sont comptés.
“_ Ecoute, Martine, laisse-moi te dire une chose : ce n’est pas clean, ce tu as fait. Je t’ai dit de bien faire attention, d’être rigoureuse, efficace et viable. Tu vois, moi, je suis franc avec les gens et encore, tu as de la chance parce qu’aujourd’hui, je suis agréable : ta reconduction de convention de stage, tu peux te la mettre là où je pense (et je ne pense qu’à ton plaisir).
_ Ou-i.
_ Bon, encore une chose. Tu m’article-scan-relance-base-alcool-client-grille now. Là, je dois y aller, j’ai un flight pour Srasbourg. Pour tout problème, tu te mets en relation avec Malik.
_ Ou-i.”
Dans l’avion avec mon client, je pense à ce que nous a dit un jour le Président du Groupe Monde : “Luv Your Klient!!” Je compatis lorsque mon client me confesse une trouille bleue du décollage, puis je fais mine de lire le journal placidement du décollage à l’atterrisage pour qu’il se sente con et faible. Les quinze documents que je lui ai passés pour validation avant de monter dans l’avion s’en trouvent validés. Le Président du Groupe Monde nous avait dit : “You’re more than PRz. You’re PR entrepreneurz.”
Dans une salle de conférence d’un hôtel de la périphérie d’une capitale européenne sur le déclin, je mitraille de slides une dizaine de patrons de discothèque. Une tondeuse passe. Farid 1 se plaint des horaires de fermeture imposés par la Préfecture. Farid 2 se plaint des différences de traitement. David et Cathy Guetta sont en descente mais hôchent la tête clairement. Il faut dire qu’il est 16h et que les petits commerçants ont le couteau sous la gorge. Mon client dit “C’est la seule façon pour que le message de prévention passe” ; quelqu’un dit “Ces messieurs ont un avion à prendre” et on se casse.
Au retour, mon client me propose de me ramener en voiture. Je lui réponds “jamais le premier soir”. L’Orlyval reste bloqué une demi-heure au-dessus d’une autoroute. Désoeuvré, je ne saute pas (j’ai déjà prévu d’aller à Suicide en fin de semaine) ; j’appelle Lehändro pour parler boulot.
