The End Of Violence
Hier, verre avec Pierre. Le verre annuel et anniversaire, au café Beaubourg, où décidément le service s’obstine, c’est curieux, dans la sémillance et l’efficacité.
Il se pacse. Il s’installe pacsement, rue de Valenciennes.
J’ai été lui acheté un cadeau aux «Mots à la bouche». Il y a quatre ou trois ans, j’y avais feuilleté, je crois c’était une fin d’année, un polar d’une ex-, alors fraîchement quittée, de mon amie Juliette. Cette auteure de noir, mais est-ce bien elle, ses traits seraient moins doux qu’alors, cette ex- est maintenant libraire aux «Mots à la bouche».
Pierre a été plus agréable que l’année dernière, peut-être parce qu’il était plus fatigué. Toujours bon public, toujours à en parler beaucoup et avouer qu’il en fait peu. Toujours heureux, aussi. Comité m’a dit de ses photos: «je l’aurais pas reconnu», et c’est vrai qu’à bien le regarder, il ressemble moins à Gilles que mon souvenir de lui.
Comité m’a demandé aussi: «ça t’a fait quoi?»; je n’ai pas répondu «rien». Ce n’est plus une vieille peine de coeur; même cela passe, et se tait. Ce n’est pas de l’envie ou de la jalousie, parce que je suis heureux mais pas des mêmes bonheurs divers que j’ai eus avant, y compris avec lui. Mais, c’est curieux, ce n’est pas rien.
Chez Comité, avec Elise et LzMry, on se demandait pourquoi on avait tous eu une enfance malheureuse de bons élèves accablés par la scatologie. Elise s’était retenue de faire pipi parce qu’elle était phobique des chiottes à la turque. Le caca s’était solidifié dans la culotte de Comité. Dans la classe de Lzmry, quelqu’un s’était fait dessus mais heureusement il y avait un peigne au chocolat.
Mon partenaire sexuel de CE2 avait des biceps, «mais c’était un nain?!» Celui de Comité était devenu con et laid, «mais quelle violence toute cette laideur, quelle violence!» Après, Comité a jeté un set de table sur le balcon d’en-dessous alors on est partis.



