Freedonia

La remise en cause

Mercredi, invitation à la fête des 25 ans de la République à l’ambassade d’I***. Ma copine Janaïna serre la main de l’ambassadrice et moi celle de l’ambassadeur. Les brochettes rappellent l’Indonésie, le caviar est quelconque. Tambourins folkloriques et portraits d’imams. Chez Christian, d’autres traditions: c’est Max qui fait à manger mais CB qui vante les plats. Christian et Nadia (et Gilles?!) dansent éternellement sur la même soupe-pop.

«Monsieur le représentant du sous-directeur pour les affaires tralali/tralala au Département!»«Elle est un peu dénudée pour un pays islamique non?»«Grungerman!»

Jeudi, le jury de l’E.N.A confesse la raison pour laquelle il m’a noté 6,5/20. «Fragile, d’une grande sensibilité. Beaucoup de prudence oratoire. On a douté de votre capacité à diriger dans une situation difficile. On vous a ménagé pendant l’entretien.» Paf dans mes dents, avec un sourire de la vamp universitaire et un rictus du conseiller d’Etat pervers. Pour compenser, je me fache tout rouge sur une broutille débile avec une collègue (sympa) du trésor, et je prends la parole pour la France à l’Organisation. J’adore dire «La France pense que» quand en fait c’est «ben on y a pas trop réfléchi, et on est des fonctionnaires de deuxième zone, mais comme c’est une question nulle, on dirait plutôt que».

Sur le fond, cela pose quand même plusieurs questions: faut-il diriger pour exercer le pouvoir? Ma sensiblerie est-elle une qualité ou un défaut? Comment serais-je si j’étais un chef? Quelqu’un (était-ce AC&P ou Yannus?) m’a dit un jour: «peut-être dans l’avenir il faudra justement des gens comme ça qui fassent de la politique». Mais est-ce juste, et est-ce que la génération précédente s’en est rendu compte?

«La France s'associe aux remarques du C***, des E*** et du R***.»«Il n'y a rien de toxique là-dedans.»«Il y avait beaucoup de langage parasite dans votre entretien...»

Vendredi,réunion internationale sur le microcrédit. Avec la réalisation de mes pires cauchemars en la matière: que des hommes blancs ou presque (présence opportune d’un quota de femmes, d’Indiens et d’handicapés), trois mots du dico par phrase, déjeuner luxueux sous les dorures en parlant des pauvres. Et 200 balles de cadeaux débiles pour chacun (stylo siglé, chocolats fins). Les Allemands et Germano-Suisses parlent comme dans de mauvais films de guerre («Vi meust invest in deu praïfath TSEKTOR»). Je prends la tangente aussi vite que possible.

«Next time, change your catchphrase: not 'for the poor', but 'with the poor'.»«Excellent. These are such exciting developments!»Sans titre (La Réduction de l'aide publique au développement)

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