Genesse
Au début, il y avait un vague et vide tohu-bohu. Trivial, flagrant, panvagant. Puis Dieu créa la merde de chat. Puis il y eut Rick. Un Américain. De West Hollywood. Alors Dieu lui dit : « Les Afghans aussi ont droit à la magie. La caque sent toujours le hareng. »
Puis il y eut Fabien. Un Bordiguiste. D’Ozoir-la-Ferrière. Et Alicia, de l’Oise, Alicia-Fabien, d’un pays qui ne délivre aucune carte de séjour, William, des Ulis, Lise-Marie, des Abîmes, Patrick, de prep’ENA, M., de C., Boy, de Chelsea, François, d’Act-Up, et bien d’autres. Dieu vit que cela était bien alors il dit : « Yes ! So crazy right now ! ».
Puis il créa les putes à frange, la campagne pour les élections régionales de Jean-Paul Huchon et toutes ces sortes de choses. Alors il dit : « La dernière chose dont j’ai besoin, c’est vraiment qu’on me prenne pour une conne ! D’où vient l’argent ? ».
Il y eut aussi Freedonia, San Angelo, Belfast at Berlin, le Pulp, le baccalauréat, le graphisme putassier et fashion, la cravache, la gerboise, l’abîme corporate. Alors il vit ce petit monde prendre forme et dit : « C’est de la charlatanerie, ou bien ? »
Il vit que ces gens simples étaient tristes, heureux, ridicules et magnifiques comme des Deschiens. Il se sentit tout en un coup isolé et débordant d’amour. Il eut chaud extrême en endurant froidure. Il acheta deux parts de moelleux au chocolat à la Croissanterie, alla en face de l’UGC-Ciné-Cité-Les-Halles pour les manger l’une après l’autre. Il eut envie de vomir mais toussa et s’écria : « Mort aux jeunes ! ».
