Le i-forum participatif

 

(couple)

Je n’ai pas raconté que j’ai vu à quelques reprises le Stéphane J. en question — il ne s’est d’ailleurs pas passé grand’chose –, que je l’ai présenté à mon collègue Bertrand avec qui il est sorti, qu’il me plaisait moins les suivantes fois que je l’ai vu, que dans l’ennui du Sénat.

A la piscine des Halles. J’ai croisé Gilles dans les douches, lui partant, moi arrivant.

Au retour de ma première ligne de crawl, je me pose à côté d’un joli garçon à la peau rousse, les épaules couvertes d’éphélides, et qui a des yeux bleus et mornes. Lorsque j’écarte un peu mon genou droit vers son genou gauche, il ne le retire pas, ou pas assez vite, ou pas définitivement; je sens les poils de sa cuisse. Nous restons ainsi quelques temps puis il repart. Je le suis immédiatement, et me poste à côté de lui en bout de couloir, debout tous les deux, cuisse contre cuisse. Il regarde au loin, avec un regard concentré, ce qui me donne à penser, d’abord, qu’il est timide ou mal à l’aise de la publicité de ces contacts. Une vieille femme japonaise (que j’ai d’abord prise pour un vieux Japonais) nous a d’ailleurs regardé avec un peu d’insistance et d’incompréhension. Au retour en début de couloir, il ne se réinstalle pas à côté de moi, ce qui me fais un peu douter.

Au bout de ligne suivant, je caresse un peu son sexe à travers son maillot de bain, il me paraît grand et assez tendu. A la deuxième ou troisième répétition de ce manège, il prend son aise, fait de même. Un vieux (d’ailleurs pas entièrement laid) s’interpose, je change de ligne pour me retrouver côte à côte avec mon rouquin qui traîne et prend intérêt au frôlement insistant de nos cuisses et de nos genoux.

Un peu après, il sors de la piscine en attendant ostensiblement pour partir que j’aie fini ma ligne : pour que je le suive quoi. Ce qu’évidemment je fais, sous la douche où il se lave sans trop de pudeur. Il a un boxer de bain sombre, un peu étroit ou taille basse je ne sais, et l’on voit la naissance de ses fesses rondes et stimulantes. Je vais dans les lavabos, ou il me suis, je pose très doucement ma main sur son épaule et dis idem: «Bonjour…». Il me souris et me répond qu’il y a beaucoup de monde. Il va aux urinoirs où chacun se branle un peu, très gentiment, en épiant l’autre sans discrétion par-dessus la plaque. Nous conversons comme ça, et là: «Tu as un e-mail mémorisable? — non, il y a plein de points et de chiffres. — Le mien est pat…@…, comme mon prénom. Tu le retiendras? — Oui, pat…@… . J’ai fini, je vais aller dans les cabines? — Il me reste des lignes à faire. — C’est dommage. — Si tu es prêt à en faire deux ou trois de plus, je m’en tiendrai là.» Il accepte.

Re-lignes de crawl, re-tripotages en bout de couloir, re-douche très exhibitionniste, l’un face à l’autre, à se laver un peu trop, en regardant beaucoup face à soi. Ses cheveux roux et son maillot sapin sont foncés par l’eau, semblent noirs. Je vais aux lavabos et laisse la porte du cabinet ouverte derrière moi, mais il ne me suis pas: m’attend, assis sur la tablette des lavabos, en me regardant soit avec patience, soit avec un peu d’ironie sur mon manège.

Dans les vestiaires, Il me dit de m’installer dans telle cabine de la travée centrale, dont la cloison, perforée d’un oeilleton, est commune à la sienne (tout au fond des vestiaires, dans le site des «face-à-face»). Bref, il nous met dans un jeu de voyeurs, très agréable. Il a un joli corps rond, pas gros vraiment mais un peu gras, de beaux poils sur le ventre et le torse, des pectoraux dessinés sans être fermes. Un corps beau sans effort, sans musculature marquée. Tour à tour nous nous écartons de l’oeilleton pour se caresser face à lui, puis nous rapprochons pour voir l’autre. Je m’y prête de bonne grâce, m’adossant à la porte de la cabine et prenant l’air concentré. Il tend beaucoup son corps, en mettant une main derrière l’épaule; son sexe me semble appétissant et gros, mais pas très dur. Je jouis assez vite, plus que lui, et lui fais des signes amusés que j’ai fini. Tout cela bien sûr en silence.

«Je peux noter ton e-mail si tu veux, maintenant. — J’ai le tien, je t’écrirai (…).» Il s’appelle Sébastien, me rappelle un homonyme de l’ESSEC que j’ai désiré il y a 4 ou 5 ans. Il s’habille comme un middle-range executive, en costume gris imprimé de rayures et chemise violette un peu Zara. Il me rappelle que je suis un actif frustré.

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