Kopf an Kopf
Alors c’est le bordel outre-Rhin, une fois n’est pas coutume. Les deux gros partis ont, à cette heure-ci, à peu près le même nombre de sièges à la diète fédérale (222 ou 223). Chacun a reculé depuis les élections de 2002, et chacun conserve ses principaux bastions.
Les grands vainqueurs sont clairement les libéraux-démocrates(+1,1 points), qui retrouvent les scores à deux chiffres de l’époque de leur splendeur genscherienne et leur statut de 3ème parti, grâce à une forte progression dans les «secondes voix» proportionnelles remportés dans tout l’ouest. Dans une moindre mesure, le Parti de la gauche (+4,1 points) réussit, pas néanmoins à la hauteur de ses espérances; avec le progrès des mandats directs à Berlin, et des secondes voix à l’est en général, il grille les Verts comme 4ème parti, mais ses objectifs de devenir 3ème force, et première force à l’est, sont ratés.
Du coup, «Rot-Grün ist abgewählt» (les rouges/verts sont chassés du pouvoir») mais, comme plaisante Fischer en parodiant le slogan de la droite, «Schwarz/gelb ist gescheitert» (les noirs/jaunes échouent): il n’y a pas, sauf la « grande coalition », de bloc majoritaire à moins de trois partis. Voici la liste des incompabilités déclarées :
– les deux grands excluent une grande coalition qu’ils ne dirigeraient pas (chacun revendique la chancellerie, mais les troupes de Merkel commencent déjà à parler des erreurs dans sa conduite de la campagne),
– Guido Westerwelle refuse de gouverner avec le SPD,
– personne ne veut d’un gouvernement avec le Parti de la gauche, qui ne le veut pas non plus.
Evidemment les libéraux tueraient leurs actionnaires pour un portefeuille donc une « Farbkoalition » avec les Verts et un des deux grands n’est pas du tout impossible, même si elle serait un attelage étrange.