Vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire
Lendemain de cuite pour les uns. Lendemain de l’enfance pour les autres.
Coco chantait à la messe ; il était à fond. Moi, je constatais que non, non, rien n’avait changé. La même lithurgie, les mêmes prêches à la fin desquels on se dit « Ah ouais, ouais, ouais-ouais-ouais, mais alors quoi ? », le même Chinois minuscule à canne, la même vieille Guyanaise à chignon, sa même belle-fille, le même quota jeune, les mêmes chants, les même gestes de la même chef des chants, le même bébé qui hurle au fond de la nef, les mêmes annonces à la même fin de la même représentante du même conseil paroissial pour préparer le même départ du même curé, le même Abraham, le même Isaac et tous leurs mêmes putains d’amis. Créteil 1991 -vs- Paris 2004 : the Same Old Shit.
Et la même vulnérabilité du dimanche matin. Mais pas le même âge. Une autre vie déjà vécue, déjà morte. C’était trop. Je sortis de l’église pour pleurer tranquille.