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Tout dans les urnes, rien dans les…

Il y a trois semaines: Påske Lørdag LukketForsvar ChristianaDe hautes avenues vides comme à Budapest, solennelles, élégantes.  Des murs de clôture pimpants et bons comme la campagne, en même temps austères, des églises sévères, une tour d'usine, une ville propre, au pas.
Comme une grande caserne napoléonienne sur le Sund, un phalanstère déserté, dont Christiana serait le petit endroit bordélique, le Larzac marin à la dérive.Why am I the one they fuck, not the one they marry?«J'aime la compagnie, je ne cesse de rassembler les gens autour de moi, et pourtant je préfère la solitude, et ma vie n'est qu'une incessante recherche d'isolement.» (Havel)
Il y a deux semaines, Mamy & Thérèse en Ruritanie: «Le contrôleur n'a pas voulu croire qu'on était des seniors.»«C'est quand même malheureux de voter pour quelqu'un qu'on n'aime pas.»«J'te dis pas que je les monterai deux fois, les escaliers.»

Voter a, toujours, un goût et un son d’enfance retrouvée, dont la madeleine est l’enveloppe craft à glisser dans l’urne: la jumelle indigo de l’enveloppe saumon des factures de cantine de l’école primaire. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai accompagné mes parents dans une école déserte convertie en bureau de vote; pas la mienne, une autre semblable, à la cour éternellement vide de dimanche, réminiscente aussi de ma première maternelle – l’archétype en somme de la communale en banlieue ouest, en pierre ocre à toit de tuile, proprette et inexorable comme la justice des directrices d’école. Mes parents devaient me dire combien le vote est noble, qu’on peut dire avec fierté pour qui et quoi on a voté.

Peut-être est-ce que l’on vote au printemps et les dimanches, que l’élection est donc une affaire de beau temps, presque de vacances; mais toujours, depuis, j’ai le ventre noué d’émotion civique, comme un Fabrice del Dongo des isoloirs, lorsque j’attends dans ma file mon tour d’«a voté».

Le soir, mes parents invitaient des amis pour un buffet / télé, approvisionné chez Goldenberg et ensuite chez Finkelstajn quand la bouffe de Goldenberg est devenu mauvaise et le service con. Tout est venu de là, cette attente impatiente du Noël des résultats de 20 heures, exaltants tout à la fois comme un pari de PMU, un concours d’éloquence, une bataille d’infographies entre la Une et la Deux (les camemberts de la Trois étant, historiquement, glamours comme le Minitel). Rien, dans le 8ème art ou comme en loisir éducatif, ne vaut Balladur engueulant son public, une tranche de rosbif devant un bon vieux débat Strauss-Kahn / Raffarin, et la mine circonspecte de Véronique Sainte-Olive en direct de là où on a perdu.

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A1: Il y a trois semaines: Påske Lørdag Lukket
A2: Forsvar Christiana
A3: De hautes avenues vides comme à Budapest, solennelles, élégantes. Des murs de clôture de clôture pimpants et bons comme la campagne, en même temps austères, des églises sévères, une tour d’usine, une ville propre, au pas.
B1: Comme une grande caserne napoléonienne sur le Sund, un phalanstère déserté, dont Christiana serait le petit endroit bordélique, le Larzac marin à la dérive.
B2: Why am I the one they fuck, not the one they marry?
B3: «J’aime la compagnie, je ne cesse de rassembler les gens autour de moi, et pourtant je préfère la solitude, et ma vie n’est qu’une incessante recherche d’isolement.» (Havel)
C1: Il y a deux semaines, Mamy & Thérèse en Ruritanie: «Le contrôleur n’a pas voulu croire qu’on était des seniors.»
C2: «C’est quand même malheureux de voter pour quelqu’un qu’on n’aime pas.»
C3: «J’te dis pas que je les monterai deux fois, les escaliers.»

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