Love & Marriage
Ce weekend, j’assistais au mariage de ma copine Priscille (de l’époque Sciences-po). Elle avait organisé ça dans le trou du cul du Sundgau en Alsace, et vu qu’on avait pas de plan, on s’est grave paumé après Belfort (dans des bleds pourritos. Enfin de jolis paysages de montagne et de forêts à la frontière suisse quand même).
Quand on était ensemble en dernière année avec Priscille, je l’avais énormément vannée sur l’asso qu’elle essayait de monter, le Groupe Biblique Universitaire (GBU), en lui disant que c’était une secte. En fait, j’avais pas trop capté ce que c’était, parce que Priscille a une histoire familiale religieuse complexe (sur laquelle j’ai eu des éclairages hier seulement). En gros, elle est protestante et donc là elle se mariait dans le rite luthérien avec un mec rencontré aux GBU (qui est même un prétexte pour se trouver un mari corréligionnaire). Eh ben, l’église évangélique, si on s’en tient aux mariages, c’est un peu la secte aussi. On retrouve bien le leitmotiv individualiste, égalitaire (dans le fait qu’on se marie sans ministre du culte, devant l’assemblée de fidèles), mais aussi tout le thème charismatique, messianique (“Dieu revient dans 60 ans maxi”), le parallèle vertus humaines / qualités divines, la vie comme simple prolongement de la volonté divine.
Sinon, beaucoup d’ambiance à la messe et après, un groupe familial très présent, des beaux endroits, du bon goût dans la robe et le banquet, beaucoup d’exaltation, d’exaltation amoureuse et religieuse, et puis une comptine mémorable chantée par des petits gamins de leurs familles. En revanche, les autre amis de Priscille et de son mari (à part les super potes avec qui j’ai été en caisse: ma collègue de prépa Claire, Blandine — que je connaissais de ScPo par Priscille — et son copain, Thomas, un flamand déconneur; tous marrants et ragoteurs) se divisaient en trois groupes : les potes d’école de journalisme sympas de Priscille, avec qui on a pas trop eu l’occasion de parler; les diplômés ScPo futurs collabos pour la prochaine Occupation, faux comme des dents, qu’on avait comme voisins de table; et les jongleurs péremptoires.
Ce qui m’amène à une extension de ma liste de gens à envoyer au Goulag si je deviens maître du monde, aux interprêtes de polka folk médiévale (enfin, surtout les joueurs de tambourin).
Toujours au chapitre: faut-il se marier, et si oui avec un jongleur?, aucune nouvelle du garçon depuis un texto de moi vendredi soir. Il boude, il est mort, il a mieux à faire, enfin il s’en fout un peu quoi.
