Freedonia

Le Parrain

Bayrou poursuit sa cavalcade sondagière et médiatique de troisième homme en puissance, continue de prendre son temps et d’installer son charisme présidentiel, mais commence (sur TF1, j’ai trouvé) à re-bégayer tellement il y croit dur comme fer. Il parle moins des médias non-démocratiques qui ne l’invitent pas, en revanche, non?

Cela étant dit, les soutiens qu’ils enregistrent, de la pétition anonyme de fonctionnaires au microcosme radio-télédiffusé (Philippe Meyer, Alain Duhamel), des profs «déçus par la gauche» à la couverture qu’en donne Le Monde, me semble un vote des élites — avec l’erreur de prisme possible que cela induit pour l’analyse. Bayrou passe-t-il auprès des patrons de PME, des jeunes de banlieue (gifle?), des employées de mairie, des chômeurs, des agriculteurs dont il se réclame (sur le thème: le seul candidat à élever des chevaux)? Bayrou a-t-il convaincu ma grand’mère de voter pour lui?

Parallèlement, Le Pen et plusieurs des «petits» candidats continuent d’agiter leur sébille à parrainages et de se plaindre des difficultés à recevoir les 500 signatures, alors que la récolte officielle vient de débuter. Le plus mal placé à ce stade, si l’on en croit une enquête du Figaro, serait Bové — qui pourrait se tirer dans les jambes avec Voynet.

Deux semaines d’absence et Freedonia, je fais confiance à la justice de mon pays, propose deux barbouzeries de la quinzaine:
- après le vol au domicile des Hollande / Royal, effraction chez Sophie Bouchet-Pétersen, conseillère spéciale (puisqu’elle le dit) de la seconde. L’ex(?)-trotskyste zarbi qui lui trouve ses idées (soviets citoyens, embastillement de sauvageons) et lui écrit ses discours. Cette campagne c’est le pastis, à la Pasqua.
- Nicolas Sarkozy se démèle pour se justifier sur son patrimoine, toujours pas rendu public malgré promesse lointaine (une autre). Il aurait (selon le Canard) bénéficié de tarifs privilégiés pour un achat à Neuilly quand il en était maire. D’après Libé d’aujourd’hui, il est également difficile d’établir pourquoi son ISF n’est apparu qu’en 2006 et à un niveau élevé — sinon qu’il aurait artificiellement minoré ses revenus les années précédentes.

Pas de gaffe de la semaine (ou elle m’a échappée?), Royal savoure le relâchement chez l’adversaire, coincé entre rumeurs et programme bordélique.

Sur les sondages, il me semble qu’on lit le tassement mais pas l’effondrement de Royal, la progression de Royal, et la difficulté à mesurer le vote le Pen — chaque sondage, ou chaque institut, a son avis et sa méthode de redressement.

«Les pieds dans la glaise.»

Cette semaine, Freedonia, l’étalement périurbain, aborde la lointaine banlieue, patrie politique de Michel Rocard et des tracteurs qui renversent ComitéCentral. Bien peu de communisme dans une zone urbanisée et industrialisée de façon récente, Bob Hue ayant perdu sa circonscription de Cormeilles (à la frontière de la «ceinture rouge»). Une zone aussi où les votes pulsent avec les alternances, ce qui s’explique peut-être par le caractère modal, typique de leur peuplement, et apparaît logique dès lors que le découpage de 1987 a été délayé par leur formidable croissance démographique (la circonscription la plus peuplée de France, la 2ème Val d’Oise: Cergy-nord / L’Isle-Adam / Saint-Ouen, compte près de deux fois le nombre moyen et six fois le nombre minimal de citoyens par division électorale).

Dans ces nouvelles villes et ces nouveaux dortoirs, on assiste à une montée
- de leaders conservateurs de la nouvelle génération, Bédier, Copé ou Dupont-Aignan, maniant plus qu’à leur tour le discours sécuritaire (cf. aussi les néo-fafs du 93, Raoult & compagnie). La région était pourtant plutôt marquée par la droite catholique plus ou moins sociale, grand’bourgeoise, Versailles quoi, style Etienne Pinte (à Versailles) et Boutin (à Rambouillet), ou issue de l’agri-power FNSEA (Jacob). Avec le bizarre de l’étape, l’indéboulonnable Didier Julia à Fontainebleau.
- …et c’en est la cause, à une inflation de vote FN. On se rappellera la campagne néo-mussolinienne de Le Pen en 1997, coursant un «rouquin, pédé» et frappant une socialiste dans les rues de Mantes-la-Jolie au bénéfice de son ex-fille, Marie-Caroline.
- des leaders de la nouvelle gauche, ex-trotskyste (encore!), installée avec SOS Racisme, blairiste et collectionneuse de montres, en résumé la gauche qui passe sa vie au resto avec des communicants genre François B2 (je ne parle pas de moi).

«Ozoir-la-Ferrière: CNIP forever!»

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