«Un peuple, une terre, une patrie»
Actu de la semaine, les premières affiches. On avait vu à Paris, quelque part entre celles de Villiers et Miguet, celles de Chevènement, avec sa tête des mauvais jours (il n’en a plus de bons depuis longtemps) et son nom — ratée par rapport à la rando atlantique et décoiffée de 2002, mais suffisante, peut-être, pour exister aux yeux du PS qui vient de concéder 10 circonscriptions réservées au MRC.
Sont également sorties celle de Royal, dont on dit que le «fort» est une réplique au «tranquille» de Sarkozy. Le truc éculé de tous les sociaux-traîtres (par ex. la campagne européenne de Schröder en 2004), «moi parmi les vrais gens, car je parle avec et pour eux», montre un peu plus la corde à cette occasion.
Egalement, bombinette de la campagne de Le Pen à l’initiative de sa fille, le FN met en avant une femme noire (cf. «je n’suis pas raciste mon chien est noir»). Il avait déjà, à dessein, montré dans des congrès «ses» Portugais, Arabes, Antillais, Mylène Farmer dans le passé. Comme toujours, du neuf avec du vieux.
Enfin, Arlette Laguiller ressort sa bonne vieille «toujours dans le camp des travailleurs» mais avec un affichage cette fois-ci massif (15 000 points dans la France entière). Encore un coup de B2 Espaces Pub.

Episode régional de la semaine, Freedonia, le consensus à la rame, reste dans le Pacifique et parle des anciens TOM. Malgré les distances et les énormes différences d’histoire et de contexte économique, les trois collectivités ont longtemps, ensemble, fait figure de grande Corrèze des antipodes, ou de 5ème arrondissement des tropiques comme on voudra: népotisme mafieux, clientélisme à la papa, domination institutionnelle sans partage par les trois relais RPR dans la région: Gaston Flosse à Papeete, Jacques Lafleur à Nouméa et Benjamin Brial (avec le sénateur Sosefo Makape Papilio) à Mata-Utu.
Ces systèmes ont vacillé mais pas disparu. A Wallis, Futuna et Alofi le conflit se joue surtout entre la chefferie traditionnelle et l’autorité préfectorale – laissant Brial neveu toucher son héritage. Le mouvement indépendantiste a plus clairement laminé, par la lutte et le vote, la domination gaulliste en Calédonie et en Polynésie. Dans le second cas, ce n’est pas sans mal que Temaru a surmonté la division et le truquage électoral. Dans le premier, le FLNKS a obtenu, puis négocié, la négociation qui ménera peut-être un jour à l’autodétermination; mais il reste divisé (une de ses composantes, l’Union calédonienne, siège à part, et soutient, ainsi que par ailleurs le FN, les dissidents de tous bords réunis dans l’Avenir ensemble, qui détient aujourd’hui la présidence du gouvernement du Caillou).
PS: l’actu, c’est aussi le corps électoral calédonien. Il avait été négocié par Jospin avec le FLNKS, et agréé par Chirac, que seuls voteraient en Nouvelle-Calédonie aux diverses élections locales (y compris, un jour, sur l’indépendance…) les personnes présentent depuis dix ans en 1999, ainsi que leurs enfants devenant majeurs: ce qu’on appelle le corps électoral «gelé» ou «figé». Lafleur et le FN sont pour un corps «glissant» (personnes installées depuis 10 ans au moment du vote). Sarkozy a été pour la première solution, avant de revirer pour la seconde, ce qui irrite Chirac et son ministre des colonies, F. Baroin aka «chuis pas une fiiiiille». Lequel ne peut faire agréer son projet de loi qu’avec les voix du PS et de l’UDF.

