Le grand travers
Actualité oblige, cette semaine la chronique politique est consacrée au Languedoc-Roussillon. La ville de Montpellier depuis 1973, depuis 2004 la région (ainsi que la communauté d’agglomération de sa capitale) est dominée par la démagogie d’un ex-mao diplômé d’H.E.C. (de Paris), Georges Frêche, l’«empereur de Septimanie» (redénomination de la région un temps proposée par lui, laquelle a irrité entre autres les Catalans qui tiennent, semble-t-il, à la mention «Roussillon»). Ses remarques récentes sur «les Noirs en équipe de France» ne sont que la dernière de ses citations louches, destinées à flatter (supposément) l’électorat pied-noir et, connexement, l’électorat FN, nombreux dans la région.
La némésis de Frêche dans la région, qui a (lui aussi) copiné avec le FN local du «fêlé, pas l’autre» Jean-Claude Martinez, est le ténor de la Lozère Jacques Blanc, figure des républicains-indépendants et aujourd’hui de l’UMP. Comme quoi ça vasouille grave dans la zone. La Lozère se rattache, d’ailleurs, plus, dans son comportement politique, au Cantal et à l’Aveyron, grands espaces ruraux, montagneux et conservateurs qui ont déjà été évoqués.
Terre de viticulture et, partant, de manoeuvres agricoles, le Languedoc a en effet, quant à lui, longtemps été le coeur du «Midi rouge», la patrie du carbonaro français Armand Barbès, et alla jusqu’à la révolte ouverte en 1907 contre l’oligarchie royaliste locale et les conditions de travail; Clemenceau, là aussi, fit donner la troupe. L’activisme viticole demeure puissant dans le coin. La région fut, en bonne logique, un bastion du PCF mais, comme l’illustre le double échec en parachutage de Gayssot en 2001-2002 à Béziers, et la perte de la dernière mairie communiste d’une ville de plus de 100 000 habitants avec Nîmes en 2001, le vote régional est très conforme à celui du pays dans son ensemble, et laisse donc peu de place au Parti.
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Given the news, this week’s political chronicle is about Languedoc-Roussillon. The demagoguery of former Maoist, H.E.C. (Paris) graduate Georges Frêche has dominated the city of Montpellier since 1973, and the region since 2004. He’s also well known as the “emperor of Septimania”, from the name with which he tried once to rechristen the region, to the ire, among others, of Catalans (apparently sensitive to the use of “Roussillon”). Recent remarks about “black people in the French soccer team” are only his last stinky quotes, aimed at (allegedly) flattering the North Africa rapatriates (“Black-Foots”), and, in turn, the (numerous) local FN voters.
Frêche arch-rival in the region, another chum of “the madman, not the other” Jean-Claude Martinez’s regional FN, is Jacques Blanc, the big gun from Lozère, a former Republicain-Indépendant and today a UMP guy. One could say, the region is stinkragous. By the way, as far as its political behaviour is concerned, Lozère is rather a part of the large rural, mountainous, conservative spaces also including Aveyron and Cantal (already studied before).
A wine country, therefore a farmworkers’ country, Languedoc has, for one, indeed long been the heart of “Red South”, home to French Carbonaro Armand Barbès. It even rose up in 1907 against the Royalist oligarchy and working conditions; there, as elsewhere, Clemenceau sent in the army. Winegrowers’ activism remains strong around. The region was, quite logically, a stronghold of the Communist Party. Yet, as shown by the double failure of Gayssot parachuting in in Béziers in 2001 and 2002, as well as the loss of the last above-100,000-inhabitant Communist city, Nîmes, the regional vote is similar to France’s; therefore, it leaves little space to PCF.

