Millevache
«Bonjour madame la meuh-meuh! ahahah, quelle belle vache vous avez là! Et c’est le meilleur pâté que j’aie mangé depuis bien longtemps. Bonjour monsieur!…» Comme Debré partagé entre la mairie d’Amboise et la députation de la Réunion, Jacques Chirac a été, de 1967 à 1995, le député de la 3ème circonscription de la Corrèze (Ussel), longtemps en même temps que le maire de Paris, et le patron politique du département, aujourd’hui présidé par son (hideux) longtemps suppléant. Sa femme y est toujours conseillère générale du canton de leur château, celui dont les tuiles ont été piquées à l’église classée d’à côté, et dont le jardin d’en face a été acheté par la fondation Pompidou (trésorier: Chirac à l’époque) pour faire une maison sociale dont la première brique aurait été posée par Chirac, s’il y avait eu une maison sociale. (source: le Canard, of course). Chirac fut, en effet, avec Pons, un des «jeunes loups» lancés par Pompidou à l’assaut de places-fortes de la gauche; opération gérée par «l’autre crocodile politique de la Corrèze» (sic lui-même), le briviste et «gaulliste de gauche» Jean Charbonnel, depuis mitterrandiste puis chevènementiste.
La gauche est en effet forte dans le nord de la région, le «Limousin Rouge», terre de maquis de la Résistance, de mutualité, d’engagement syndical, terre contiguë d’autres bastions déjà évoqués (Cher, Allier) ou à venir (Charente). Il fut, un temps (1986-92), la seule région présidée par le PS. La fédé SFIO de Haute-Vienne fut même une des rares à refuser les crédits de guerre et «l’Union sacrée» en 1914. Pas un hasard si Tulle a été offerte en 1988 comme point de chute par l’étoile alors montante des «Transcourants», François Hollande. Aucune autre personnalité de la politique limousine ne dépasse vraiment aujourd’hui les frontières de la région.
Le PCF fut longtemps une puissance au plan local, notamment en Haute-Vienne dont il emporta les 4 circonscriptions en 1978. Ce fut ensuite une longue décadence (dans ce département tout particulièrement), qui a donné naissance et laissé perdurer sur place une forte section de la Convergence pour une alternative progressiste, sous l’étiquette ADS (Alternative pour la démocratie et le socialisme). Celle-ci est dominée par la personnalité d’un ancien ministre PCF de Mauroy, Marcel Rigout.

